Théâtre de l'Epée de Bois - Paris  

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Saison 2009/2010
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MÈRES VEILLEUSES
de Sylvie Chastain
 

Mise en scène : Hervé Bernard Omnes
Musique : Kidedo
Régie : Antoine Deroche
Avec : Christine Gagnepain - Raquel Iruzubieta

 
« Huit monologues. Huit portraits de femmes. Huit mères confrontées à l'urgence de transmettre leurs sentiments par-delà la précarité, le défi, la maladie, le sordide, le délit ou l'irréparable. Toutes souffrent et cependant, toutes vont dérouler leur filet d'orpailleur. C'est en mères " veilleuses " de jeunes marginalisés qu'elles feront surgir leur amour étincelant sous les sables mouvants de l'indifférence, l'abandon ou la haine.  »

 

Note d'intention de l'auteur Sylvie Chastain pour la pièce
Mères Veilleuses

Soutenir la vie et l'amour. L'amour aux dépens des préjugés. La vie, l'amour pour contrecarrer les discriminations. Apprivoiser les fêlures pour renverser l'insoutenable. La capacité de vigilance des mères, au-delà du notoire, me semble une métaphore adéquate.
L'écriture de Mères Veilleuses est un acte d'engagement, celui-là même qui, par l'écriture théâtrale, peut bousculer l'indifférence faite au laissé pour compte.

Mères veilleuses est une suite de huit monologues.
Huit portraits de femmes. Huit mères confrontées à l'urgence de transmettre leurs sentiments par-delà la précarité, le défi, la maladie, le sordide, le délit ou l'irréparable. Toutes souffrent et cependant, toutes vont dérouler devant vous leur filet d'orpailleur. C'est en mères « veilleuses » (de jeunes marginalisés, par l'errance de l'après- guerre, ou par la pauvreté, le trottoir, la maladie, la prison...) qu'elles feront surgir leur amour, inconditionnelle pépite étincelant sous les sables mouvants de l'indifférence, l'abandon ou la haine.

Hervé Bernard Omnes, est le metteur en scène de Mères veilleuses, pièce publiée chez ALNA en octobre 2007, mise en décors par Guy Matchoro et interprétée par Raquel Iruzubieta et Florence Ghassan.

 

LE THEATRE DE ...

NOTE D'INTENTION SUR LE TEXTE ET LA MISE EN SCENE

L'approche du texte lors d'un travail de mise en scène est déterminante. Les conditions dans lesquelles vous faites connaissance avec l'œuvre le sont tout autant. C'est Raquel Irruzubieta qui m'a «apporté» la pièce de Sylvie Chastain. Elle connaissait mon travail, et pensait que mon regard, mon univers pouvait correspondre au texte et le servir au mieux. Lors de notre première rencontre, elle me parla longuement de ce projet, de sa rencontre avec l'œuvre et l'auteure, de son envie de s'approprier cette langue, ces mots, ces portrais de femmes, de mères. Il y avait là quelque chose que je n'ai pas oublié et qui tout de suite me guida : une force. L'envie de témoigner. L'envie de dire cet amour maternel plus fort que tout, déraisonnable, déraisonné, essentiel, vitale, primale. Je ne sais rien de cet amour, de ce lien invisible et indestructible, mais je sens qu'il est le moteur de plus d'une femme, d'une mère. Il est concret bien au-delà du palpable.

En lisant le texte, j'ai découvert ces femmes, et j'ai été bouleversé (comment ne pas l'être) par l'évidence absolue de leurs mots et de leur amour. La colère, la rage qu'elles expriment, les tristesses qui les parcourent ne sont que l'expression de cet amour maternel qui les anime.

Mon travail consistait donc à rendre cette évidence, à laisser les mots venir, à laisser les sentiments s'exprimer. Surtout ne pas traduire, ni être redondant, surtout ne pas illustrer, ne pas « en faire », comme on dit. Les mots se suffisent à eux-mêmes. Sylvie Chastain, mère elle-même, a eu l'intelligence de les laisser vivre.
On ne joue pas. On dit. On ne démontre pas, on donne à voir, à ressentir.

Le plateau devait être nu, sans artifice. Puis des images se sont imposées à moi. Ces mères tricoteuses, ces enfants, les jouets, la laine, les fleurs... Je voulais exprimer le rapport à l'enfance. Je pensais à Alice au pays des merveilles, à Annette Messager.
Je vois les deux comédiennes comme des témoins, mais aussi comme notre lien entre l'enfance et l'âge adulte. J'ai donc pensé à un décor-sculpture, une installation faite d'un tricot géant, englobant jouets, livres, vêtements, laines, fleurs en plastique, tissus... Un tricot jamais terminé, que l'on file et défile comme les souvenirs et les sentiments.

Des cordes tendues sur le plateau, vers les murs, les cintres, et qui permettent à ce tricot de prendre du volume, seront, comme une toile d'araignée, nos liens avec la ville, le lieu théâtre, la représentation. Nos mères...veilleuses prisonnières de leur amour, prisonnière de leurs vies.

On raconte beaucoup dans ces textes. Et en même temps on vit. On rêve aussi, promenade dans des imaginaires.
L'ambiance générale est sombre, intime.
Et puis il y a les bruits de la ville, et les mères, seules au milieu de tout cela. Telles des phares dressés courageusement dans l'océan.

Hervé BERNARD OMNES

 
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