Artistes
Catalina Jimenez,
fille et petite-fille d’immigrés espagnols,
proche de ses racines gitanes, a été initiée
très tôt au flamenco. Elle chante comme
elle respire. Son répertoire se partage équitablement
entre les cantes classiques comme l’alegría
et le tango, et les chants de « ida y vuelta »
qui sont ces chants rapportés d’Amérique
latine, telles la Milonga ou la Columbiana. Catalina
ne se contente pas de chanter ; elle écrit ses
propres textes, empreints de la douleur de l’exil
ou racontant tout simplement des histoires de femmes.
Sa musique est empreinte des différentes influences
qui ont traversé sa route. Une cantaora que nous
vous invitons à découvrir.
Dolores Agujetas est la digne héritière d’une des plus grandes familles flamencas de Jerez de la Frontera ; elle est la petite fille de Manuel Agujetas « el Viejo » et la fille du très célèbre chanteur Manuel de los Santos « Agujetas », gitan authentique et gardien de la pureté du « cante jondo ». Dire que son chant est traditionnel serait insuffisant pour décrire l’incroyable authenticité de sa voix. C’est une voix rauque, torturée, profondément gitane, dans laquelle on sent la chaleur de la forge et le rythme du marteau, tout le drame du peuple gitan et l’âme de Jerez. Elle excelle dans la bulería « para escuchar » qu’elle emmène loin des « fin de fiesta » habituelles et qu’elle sait rendre poignante.
Rocio Bazan
n’est pas une inconnue pour les habitués
de Flamenco en France. Elle est venue en 2002 au Théâtre
Traversière pour un concert où nous avions
pu apprécier ses qualités artistiques
et scéniques. Elle est âgée de 31
ans ; au cours de sa jeune carrière, elle a accumulé
les récompenses et les prix prestigieux. Elle
est lauréate du concours de La Union en 1999
; du concours des « Jeunes interprètes
» à la Biennale de Séville, en
2002. Originaire d’Estepona, dans la province de Malaga, cette jeune cantaora, à la personnalité bien trempée, suscite beaucoup d’espoir chez les aficionados malagueños. Elle chante avec une voix chaleureuse et passionnée et sait séduire le public dès le premier cante et la première letra. Elle ne dédaigne pas d’accompagner ses bulerías de quelques pas de danse que ne renierait pas une danseuse confirmée.
Ana Moreno est une jeune chanteuse d’Arcos de la Frontera. Née dans une famille d’aficionados al cante, elle commence à chanter dès son plus jeune âge dans les fêtes familiales. À l’âge de 19 ans, elle fait ses débuts sur scène à Grenade. De retour à Séville, elle rencontre Esperanza Fernandez et Miguel Poveda. À Jerez, elle prend des cours avec José Mendez, neveu de la Paquera et elle se lance dans une carrière professionnelle. Une voix claire et puissante, un sens aigu du compás (rythme), alliés à une grande aisance scénique lui ouvrent les portes des peñas. En mai, les habitués de Flamenco en France ont pu apprécier son talent.
Gema Caballero, âgée de 28 ans, est origi naire de Grenade. Contrairement à d’autres, elle ne vient pas d’une famille flamenca. Mais très jeune, elle a senti une attirance pour cette musique étrange. En passant devant les écoles de flamenco, dans l’Albaicín, elle tendait l’oreille pour en savoir plus sur cette musique. Et puis elle a écouté les grands maîtres de Grenade, à commencer par Enrique Morente. Elle se produit pour la première fois en public à 16 ans, puis enchaîne festival sur festival où elle partage l’affiche avec Estrella Morente, Marina Heredia, ou encore Chano Lobato et José de la Tomasa. Curieuse d’explorer tous les styles du cante, elle a un répertoire plein de surprises. Elle chante avec une grâce exceptionnelle. Flamenco en France avait permis de la découvrir au cours d’un concert bouleversant. Aujourd’hui,elle vit à Madrid et on peut l’entendre à « Casa Patas ».
La Tremendita, née en 1984 à Triana, est issue d’une longue lignée d’artistes flamencos. Son arrière-grand- mère est « la Gandinga de Triana », célèbre pour son interprétation des saetas, chants de la Semaine Sainte. Fille du cantaor El Tremendo, elle le suit et chante en public dès l’âge de 5 ans. Elle participe à de nombreux concours, et gagne, en 2004, le plus prestigieux d’entre eux, le prix Manolo Caracol qui couronne Le Concours National d’Art Flamenco de Cordoue. Depuis elle triomphe partout où elle passe, Nîmes, Jerez… Personne n’a oublié ce concert mémorable dans notre peña Flamenco en France, où elle était accompagnée par Mathias Berchadsky à la guitare. Elle appartient à ces artistes à forte personnalité qui tracent leur route au gré de leurs envies. La Tremendita explore des palos (chants) rarement interprétés. Elle allie une extrême rigueur dans son interprétation des cantes à un charisme tel, qu’elle vous donne « la piel de gallina ».
Raquel Gomez
est née à Madrid, et a grandi au cœur
même du flamenco. Elle étudie à
l’École Royale Supérieure de danse
et à l’école de Flamenco de Madrid.
Une fois diplômée, elle intègre
plusieurs compagnies de Flamenco en Espagne. Elle s’installe
ensuite à Paris, où elle se produit notamment
dans Carmen au stade de France, ou encore dans
Le Cid au Théâtre Marigny et à
la Madeleine. Elle mène de front trois carrières
: celles de chorégraphe, de danseuse et de pédagogue.
Tout ceci l’incite à monter ses propres
spectacles. Raquel est à l’origine du spectacle
« Sentires ». Dans sa chorégraphie
le tableau « Flamenco Classique Espagnol »,
Raquel transmet l’héritage de ses racines
latines : l’amitié et l’amour, la
générosité et le partage.
La Conchi,
à l’état civil Concepción
Menendez Morán, a la voix chaude, profonde et
un peu rauque. Sa grande dignité de cantaora,
est bien connue et appréciée des aficionados
parisiens. Arrivée de Madrid en 1960, elle chante
avec un répertoire très éclectique
dans les nombreuses fêtes de l’immigration
espagnole avant de se consacrer totalement à
sa vocation « naturelle » : le cante flamenco.
On a eu le plaisir de l’entendre au Théâtre
Valhubert, avec Chano Lobato, au Festival de Mont-de-Marsan
et bien souvent à la peña. Elle a travaillé
à Sanlucar de Barrameda avec Carmen Cortes, Gerardo
Nuñez et Miguel Angel Soto.