Théâtre de l'Epée de Bois - Paris  

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Saison 2009/2010
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Festival
VOIX DE FEMMES
 

Les femmes ont dû se battre pour se faire une place aux côtés des hommes. Le flamenco n’échappe pas à cette règle. C’est pourquoi l’association Flamenco en France a décidé de rendre hommage à ces femmes au travers d’un festival Voix de Femmes. Fidèle à sa vocation de dénicheuse de talents, Flamenco en France vous invite à trois soirées, pour accueillir et découvrir, au Théâtre de l’Epée de Bois, de grandes voix du flamenco, qui représentent le paysage pur et original du flamenco actuel. Nous avons souhaité mélanger les provenances et les origines pour mettre en valeur les différentes facettes du chant flamenco au féminin.

 
PROGRAMME

Vendredi 6 mars :
18 h 30 : ouverture du festival et inauguration de l’exposition de René Robert
21 h : concert:
Catalina Jimenez (France)
Dolores Agujetas (Jerez de la Frontera, Espagne)
Rocío Bazán (Malaga, Espagne)

Samedi 7 mars
18 h : conférence de Mercedes Gómez-Garcia : "La conquête du statut de cantaoradans le flamenco"
21 h : concert
Ana Barba Moreno (Jerez de la Frontera, Espagne)
Inma « La Carbonera » (Séville, Espagne)
Rocío Márquez (Huelva, Espagne)

Dimanche 8 mars
16 h : projection du film : "La Paquera de Jerez au Japon" d’Yvan Schreck
17 h 30 : spectacle / Concerts
La Conchi (chant) et Raquel Gómez (danse) (France)
Gema Caballero (Grenade, Espagne)
La Tremendita (Séville, Espagne)

Tarifs :
Concert : 20 € (adhérents de Flamenco en France, chômeurs, étudiants) et 25 €
Passeport pour trois concerts : 50 € et 65 €
Conférence : gratuité avec l’entrée du concert sinon 5 €
Projection : gratuité avec l’entrée du concert sinon 5 €

 

 

Flamenco en France a, depuis des années, un projet qui lui tient à cœur : organiser à Paris un festival de Voix de femmes.

C’est notre serpent de mer qui devient réalité. L’association organise régulièrement des concerts afin de découvrir de nouveaux talents, qui ne sont pas encore en haut de l’affiche. À l’issue de chaque concert, le constat est le même ; à quelques exceptions près, la surprise vient des cantaoras. Elles ont une fraîcheur, une liberté de ton et d’interprétation, une personnalité vivante. Elles donnent l’impression de ne pas se sentir prisonnières des grands ancêtres, des figures tutélaires du flamenco. Elles interprètent le chant avec une fraîcheur, qui n’empêche pas une certaine rigueur. Au-delà de cette impression, il y a une réalité que certaines expriment très clairement. Le monde du flamenco n’est pas fait pour les femmes, plus largement le monde méditerranéen est un monde difficile pour celles qui sortent de leur rôle de « ama de casa ». Être danseuse ne pose pas de problème. Mais le chant, élément central et fondateur du flamenco, est bien plus difficilement accessible. Longtemps les femmes ont été très marginales dans le chant flamenco institutionnalisé. En revanche, elles chantaient dans des fêtes privées, les fêtes de famille. Et leur notoriété pouvait dépasser le village, allant jusqu’à la province. On pouvait aussi les entendre dans des festivals locaux. Mais aujourd’hui ce n’est plus vrai. Elles sont libres, le font savoir et deviennent incontournables sur la scène flamenca.

Flamenco en France est heureuse de proposer ce festival des Voix de femmes, pour la première fois à Paris. Il rassemblera neuf cantaoras et aura pour cadre le merveilleux Théâtre de l’Épée de Bois, écrin parfait pour toutes ces femmes aux voix exceptionnelles. La date du 8 mars n’a pas été choisie au hasard. Les femmes chantent avec force leur liberté théorique récente et il nous a semblé cohérent de faire coïncider le festival avec la fête des femmes.

Artistes

Catalina Jimenez, fille et petite-fille d’immigrés espagnols, proche de ses racines gitanes, a été initiée très tôt au flamenco. Elle chante comme elle respire. Son répertoire se partage équitablement entre les cantes classiques comme l’alegría et le tango, et les chants de « ida y vuelta » qui sont ces chants rapportés d’Amérique latine, telles la Milonga ou la Columbiana. Catalina ne se contente pas de chanter ; elle écrit ses propres textes, empreints de la douleur de l’exil ou racontant tout simplement des histoires de femmes. Sa musique est empreinte des différentes influences qui ont traversé sa route. Une cantaora que nous vous invitons à découvrir.

Dolores Agujetas est la digne héritière d’une des plus grandes familles flamencas de Jerez de la Frontera ; elle est la petite fille de Manuel Agujetas « el Viejo » et la fille du très célèbre chanteur Manuel de los Santos « Agujetas », gitan authentique et gardien de la pureté du « cante jondo ». Dire que son chant est traditionnel serait insuffisant pour décrire l’incroyable authenticité de sa voix. C’est une voix rauque, torturée, profondément gitane, dans laquelle on sent la chaleur de la forge et le rythme du marteau, tout le drame du peuple gitan et l’âme de Jerez. Elle excelle dans la bulería « para escuchar » qu’elle emmène loin des « fin de fiesta » habituelles et qu’elle sait rendre poignante.

Rocio Bazan n’est pas une inconnue pour les habitués de Flamenco en France. Elle est venue en 2002 au Théâtre Traversière pour un concert où nous avions pu apprécier ses qualités artistiques et scéniques. Elle est âgée de 31 ans ; au cours de sa jeune carrière, elle a accumulé les récompenses et les prix prestigieux. Elle est lauréate du concours de La Union en 1999 ; du concours des « Jeunes interprètes » à la Biennale de Séville, en
2002. Originaire d’Estepona, dans la province de Malaga, cette jeune cantaora, à la personnalité bien trempée, suscite beaucoup d’espoir chez les aficionados malagueños. Elle chante avec une voix chaleureuse et passionnée et sait séduire le public dès le premier cante et la première letra. Elle ne dédaigne pas d’accompagner ses bulerías de quelques pas de danse que ne renierait pas une danseuse confirmée.

Ana Moreno est une jeune chanteuse d’Arcos de la Frontera. Née dans une famille d’aficionados al cante, elle commence à chanter dès son plus jeune âge dans les fêtes familiales. À l’âge de 19 ans, elle fait ses débuts sur scène à Grenade. De retour à Séville, elle rencontre Esperanza Fernandez et Miguel Poveda. À Jerez, elle prend des cours avec José Mendez, neveu de la Paquera et elle se lance dans une carrière professionnelle. Une voix claire et puissante, un sens aigu du compás (rythme), alliés à une grande aisance scénique lui ouvrent les portes des peñas. En mai, les habitués de Flamenco en France ont pu apprécier son talent.

Gema Caballero, âgée de 28 ans, est origi naire de Grenade. Contrairement à d’autres, elle ne vient pas d’une famille flamenca. Mais très jeune, elle a senti une attirance pour cette musique étrange. En passant devant les écoles de flamenco, dans l’Albaicín, elle tendait l’oreille pour en savoir plus sur cette musique. Et puis elle a écouté les grands maîtres de Grenade, à commencer par Enrique Morente. Elle se produit pour la première fois en public à 16 ans, puis enchaîne festival sur festival où elle partage l’affiche avec Estrella Morente, Marina Heredia, ou encore Chano Lobato et José de la Tomasa. Curieuse d’explorer tous les styles du cante, elle a un répertoire plein de surprises. Elle chante avec une grâce exceptionnelle. Flamenco en France avait permis de la découvrir au cours d’un concert bouleversant. Aujourd’hui,elle vit à Madrid et on peut l’entendre à « Casa Patas ».

La Tremendita, née en 1984 à Triana, est issue d’une longue lignée d’artistes flamencos. Son arrière-grand- mère est « la Gandinga de Triana », célèbre pour son interprétation des saetas, chants de la Semaine Sainte. Fille du cantaor El Tremendo, elle le suit et chante en public dès l’âge de 5 ans. Elle participe à de nombreux concours, et gagne, en 2004, le plus prestigieux d’entre eux, le prix Manolo Caracol qui couronne Le Concours National d’Art Flamenco de Cordoue. Depuis elle triomphe partout où elle passe, Nîmes, Jerez… Personne n’a oublié ce concert mémorable dans notre peña Flamenco en France, où elle était accompagnée par Mathias Berchadsky à la guitare. Elle appartient à ces artistes à forte personnalité qui tracent leur route au gré de leurs envies. La Tremendita explore des palos (chants) rarement interprétés. Elle allie une extrême rigueur dans son interprétation des cantes à un charisme tel, qu’elle vous donne « la piel de gallina ».

Raquel Gomez est née à Madrid, et a grandi au cœur même du flamenco. Elle étudie à l’École Royale Supérieure de danse et à l’école de Flamenco de Madrid. Une fois diplômée, elle intègre plusieurs compagnies de Flamenco en Espagne. Elle s’installe ensuite à Paris, où elle se produit notamment dans Carmen au stade de France, ou encore dans Le Cid au Théâtre Marigny et à la Madeleine. Elle mène de front trois carrières : celles de chorégraphe, de danseuse et de pédagogue. Tout ceci l’incite à monter ses propres spectacles. Raquel est à l’origine du spectacle « Sentires ». Dans sa chorégraphie le tableau « Flamenco Classique Espagnol », Raquel transmet l’héritage de ses racines latines : l’amitié et l’amour, la générosité et le partage.

La Conchi, à l’état civil Concepción Menendez Morán, a la voix chaude, profonde et un peu rauque. Sa grande dignité de cantaora, est bien connue et appréciée des aficionados parisiens. Arrivée de Madrid en 1960, elle chante avec un répertoire très éclectique dans les nombreuses fêtes de l’immigration espagnole avant de se consacrer totalement à sa vocation « naturelle » : le cante flamenco. On a eu le plaisir de l’entendre au Théâtre Valhubert, avec Chano Lobato, au Festival de Mont-de-Marsan et bien souvent à la peña. Elle a travaillé à Sanlucar de Barrameda avec Carmen Cortes, Gerardo Nuñez et Miguel Angel Soto.

 

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