30 juin 1961 : Céline écrit une lettre à son éditeur Gaston Gallimard.
Ce sera sa dernière lettre, restée sur son bureau de Meudon. Il meurt le lendemain.
J’ai imaginé les pensées du Docteur Destouches, allongé sur son lit ce dimanche 1er juillet, durant les dernières heures de sa vie.
Conscient, lucide, ça, on le sait par les témoignages de sa femme Lucette. Mais, dans sa tête, où en est-il quelques heures, quelques minutes, avant de mourir ?
Notre réponse est : l’écriture, son écriture, la littérature, la sienne, celle des écrivains de son temps et des autres… De « Voyage » à « Rigodon », se repasser le fil, le film des impressions, des sentiments, des colères, des envies de pleurer et de détruire, d’aimer et de le taire.
On revient au 30 juin 1961 : Céline écrit une lettre à son éditeur Gaston Gallimard.
Il meurt.
Alors, dans la pénombre, la voix de Céline :
« Eh bien voilà ! Ayant vécu dans bien des endroits, et sous des climats différents, et dans des conditions différentes, je me trouve à présent prié de donner mon impression sur mes chefs-d’œuvre dans un décor de chaise électrique ! Mais ça ne va pas me troubler du tout, et je vais dire tout ce que j’en pense; et personne ne m’empêchera de parler. »
Ainsi, tout recommence, toujours.
Noir final.
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