Un spectacle choral d’une profonde humanité, où onze lavandières expriment, à Amiens,
une mémoire populaire universelle.
2 août 1914. Empoignant le linge, maniant le battoir et frottant la brosse,
rassemblées par le rituel et le labeur de la lessive, onze lavandières de
Picardie libèrent leurs paroles et leurs émotions, expriment leurs
douleurs et leurs espoirs. Le Lavoir de Dominique Durvin et Hélène Prévost a
rencontré après sa création en 1986 à Amiens et à Avignon un succès international.
Ce texte donne vie aux voix des lavandières auxquelles la société n’a offert aucune
tribune, et la mise en scène de Brigitte Damiens orchestre autour du bassin un
spectacle choral d’une formidable acuité, où les histoires simples, dans ce terrifiant contexte de la catastrophe imminente, résonnent étrangement.
Protégées par la singularité codifiée de cette cérémonie féminine, unies par leurs difficiles conditions de vie, ces femmes parlent franc,
révèlent les petits ou grands événements d’une vie rude, elles s’écoutent, se
querellent, chantent, dansent et rient pour parer le malheur.
La gardienne du lavoir, l’employée, la doyenne, l’émigrée juive polonaise, l’ouvrière
syndicaliste, la couturière, l’orpheline…: autant d’uniques éclats de vie. Surnommé
« le moulin à paroles » par les cyniques, le lavoir devient le lieu d’une mémoire
populaire universelle.
Ce spectacle patiemment mûri, rythmé par une partition sur instruments de
percussion et par des chants, plein de la chaleur d’une humanité vibrante, émeut
profondément.
|