Théâtre contemporain Du 7 au 17 mai 2026
LES ANONYMES – Diptyque
d'après Franz Kafka - Franz Kafka, à propos - et Hermann Broch - Le récit de la servante Zerline
Quand moi-même je fais la différence entre « on » et « moi » ai-je alors le droit de me plaindre des autres ? Ils n’ont sans doute pas tort mais moi je suis trop fatigué pour tout saisir.
Franz Kafka
C’est l’Empédocle d’Hölderlin qui traite « d’anonymes » une multitude qui se laisse manipuler par des possédants, « démocratiquement » élus : Trump, Poutine, Nétanyahou et consorts…
Faisons tout pour ne pas céder à la fatigue.
Bernard Sobel
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Le premier volet du diptyque, Kafka, à propos est composé de :
L’instituteur de village – Les 7, 9, 14 et 16 mai – Claude Guyonnet
– Extrait –
Ceux qui – je suis du nombre – trouvent déjà repoussant une petite taupe banale auraient vraisemblablement été tués par leur répulsion s’ils avaient vu la taupe géante qui, voilà quelques années, fut observée à proximité d’un petit village, qui du coup, acquit une certaine notoriété éphémère. À présent, il est à vrai dire retombé dans l’oubli depuis longtemps déjà et ne fait que partager l’obscurité où a sombré tout le phénomène, demeuré totalement inexpliqué, mais que l’on ne s’est pas non plus beaucoup efforcé de tirer au clair, et qui, par suite de l’inconcevable négligence des milieux qui auraient dû s’en soucier et qui se soucient effectivement avec zèle de choses bien plus futiles, a été oublié sans avoir été examiné de plus près. Le fait que le village se situe très loin du chemin de fer ne saurait en tout cas excuser la chose, beaucoup de gens arrivèrent par curiosité de très loin, même de l’étranger, seuls ceux qui auraient dû manifester plus que de la curiosité ne vinrent pas.
Nouvelles et récits
Traduction Jean-Pierre Lefebvre, éditions Gallimard
2018 P.564
En construisant la muraille de Chine – Les 8, 10, 15 et 17 mai – Gilles Masson
– Extrait –
La muraille de Chine a été achevée en son point le plus septentrional. Partie du Sud-Est et du Sud-Ouest, la construction a été réalisée jusqu’au point de jonction situé ici. Ce système de construction fractionnée a également été adoptée à plus petite échelle, au sein des deux grandes armées de travail, l’armée de l’Est et l’armée de l’Ouest.
On constituait des bataillons d’environ vingt ouvriers à qui étaient confié le soin de réaliser une fraction de muraille d’environ cinq cent mètres de longueur et un bataillon voisin venait alors à leur rencontre en construisant une portion de muraille de longueur similaire. Une fois la jonction réalisée, cependant, on ne poursuivait pas la construction en reprenant à l’extrémité de ces mille mètres, mais on préférait envoyer les bataillons d’ouvriers travailler à la construction de la muraille en de toutes autres contrées. De la sorte apparurent bien entendu de nombreuses et grandes béances qui ne furent lentement comblées que par après, et même, pour certaines, bien après la construction de la muraille. On dit même qu’il existe des béances qui n’ont pas du tout été obturées.
Nouvelles et récits
Traduction Jean-Pierre Lefebvre, Éditions Gallimard, 2018, P.643
Le Secret d’Amalia, un chapitre du Château – 7-17 mai – Valentine Catzeflis, Matthieu Marie, Mathilde Marsan
Le Château, (titre original Das Schloss), écrit en 1922 est le troisième et dernier roman de Franz Kafka (1883-1924), inachevé, comme le sont L’Amérique et Le Procès. Il est une métaphore de la vie humaine et de la quête, vaine, mais obstinée, de sens. L’ouvrage est publié en 1926 à titre posthume à l’initiative de Max Brod, ami de l’auteur. Franz Kafka est mort le 3 juin 1924 au sanatorium de Kierling, près de Vienne.
Le récit suit les aventures de K., qui se bat pour entrer en contact avec les autorités du village où il vient d’arriver, Il est étranger et cherche à officialiser son statut d’arpenteur. Mais le château sombre et irréel où résident les fonctionnaires est inaccessible. Cet édifice surplombe le village et abrite toute l’administration, il est impénétrable et investi d’une autorité que personne ne mesure vraiment.
– Extrait –
Olga : Est-ce que tu veux vraiment savoir ?
K : Pourquoi est-ce que tu me demandes cela, si c’est nécessaire, je veux le savoir,
mais pourquoi me poses-tu cette question ?
Olga : Par superstition, tu seras entraîné dans nos affaires, tout en étant innocent,
pas beaucoup plus coupable que Barnabas.
K. : Raconte vite, je n’ai pas peur. Avec ton anxiété de femme, tu rends les choses
pires qu’elles ne sont.
Olga : Juge par toi-même, ça a d’ailleurs l’air très simple, on ne comprend pas tout
de suite comment ça peut avoir une si grande importance.
Le Château,
Le Métier de messager. Trad.
Jean-Pierre Lefebvre, éditions Gallimard 2018, p. 702
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Le second volet du diptyque est Le récit de la servante Zerline, cinquième chapitre des Irresponsables de Hermann Broch – 7-17 mai – Julie Brochen et Sylvain Martin
Je n’ai rien trouvé de mieux aujourd’hui, et seulement pour l’instant, j’espère, pour dire en peu de mots – ceux de Franz Kafka – la fragile raison d’être de l’ adaptation du texte de Hermann Broch Le récit de la servante Zerline : La bête arrache le fouet au maître et se fouette elle-même, pour devenir le maître et ne sait pas qu’il ne s’agit là que d’une hallucination, produite par un nœud nouveau dans la lanière du fouet du maître.
Zerline est comme les autres personnages qu’il a essayé d’épingler, « apolitique » dans la mesure où ils ne se sentent pas concernés par la politique et ne sont d’ailleurs pas en mesure de l’être. Ils flottent dans un brouillard sombre et nébuleux. Aucune de ces silhouettes n’est en quoi que ce soit « responsable » de ce qui va arriver.
C’est justement cet état spirituel et moral qui a rendu possible la catastrophe qu’allait connaître le pays de Goethe. L’indifférence à la politique est en fait une perversion morale qui permet un état des choses qui semble être le nôtre aujourd’hui.
Bernard Sobel.
| Auteur | d'après Franz Kafka |
| Mise en scène | Bernard Sobel en collaboration avec Daniel Franco |
| Avec | Gilles Masson, Claude Guyonnet, Valentine Catzeflis, Matthieu Marie & Mathilde Marsan |
| Production | Compagnie Bernard Sobel |
| Auteur | D’après un extrait des Irresponsables de Hermann Broch |
| Mise en scène | Bernard Sobel |
| Avec | Julie Brochen et Sylvain Martin |
| Production | Compagnie Bernard Sobel |
Du 7 au 17 mai 2026
Franz Kafka, à propos
Du jeudi au samedi à 19h
Dimanche à 14h30
Le récit de la servante Zerline
Du jeudi au samedi à 21h
Dimanche à 16h30
Votre billet Les Anonymes vous permet d’assister aux deux spectacles sur un jour de représentations.
Tarifs :
32 € Tarif spécial
27 € Tarif spécial réduit
Étudiants (moins de 30 ans), demandeurs d’emploi, intermittents du spectacle, Carte Loisirs, Pass Culture 12, personnes en situation de handicap et son accompagnateur.
Nb : Toute personne ayant vu un des deux spectacles, peut revenir avec son billet et bénéficier d’une détaxe (14€)
Compagnie Bernard Sobel
Service Presse Anita Le Van
info@alv-communication.com
Production et Diffusion Isabel Segovia
isabel.segovia@gecree.fr


