Archives pour la catégorie se joue en Septembre 2022

BAROQUE EN FOLIE

NOTE D’INTENTION
Baroque en folie : Un vent de folie sur le théâtre baroque.

Le spectacle donne prétexte à une musicienne et une comédienne d’évoquer les répertoires du 17ème siècle –théâtre, poésie, musique- par le biais de la folie, thème introduit par « L’amour et la folie », fable de Jean de La Fontaine.
Outre les deux artistes, le dispositif met en scène une marionnette principale, Polichinelle, ainsi que des marottes.
Toute une galerie de personnages prend vie, personnages incarnés par la comédienne et par les marionnettes qui lui donnent la réplique : le polichinelle porté, ayant les bras de la comédienne, et deux marottes (Clitandre et Mélisse) manipulées par la claveciniste.
Polichinelle évoque le théâtre de rue à Paris aux foires Saint Germain ou Saint Laurent, ou au Pont Neuf. A cette époque, Jean Brioché, le roi des marionnettes, régnait en maître sur cette discipline.
Polichinelle, personnage type issu de la Commedia dell’arte, est fanfaron et irrévérencieux, à l’image d’un Tabarin de chiffon. Cependant, il sera garant pendant le spectacle de donner aux oreilles du 21ème siècle les éléments de compréhension des règles de déclamation et gestuelle baroques.
Le décor simplifié comprendra un clavecin et un portant castelet pour mettre en scène les marionnettes et faire office de coulisse pour les changements de costumes de la comédienne.
La construction des marionnettes est guidée par les codes baroques :
– maquillage blanc pour mieux prendre la lumière de l’éclairage à la bougie
– bras souples pour permettre la gestuelle très présente dans le discours
Conçus et réalisés par Chantal Rousseau, les costumes sont le reflet de la mode à la cour de Louis XIV et sont travaillés en fonction de l’éclairage particulier des bougies. Ils sont également en parfaite cohérence avec la mise en scène en permettant notamment des jeux de transformation. Le costume de la comédienne est une robe «à transformation» permettant de jouer alternativement une femme et un homme.

LA MUSIQUE

La première musique d’un spectacle baroque est d’abord la musicalité de la langue baroque elle-même, aux accents modulés et chantants.
Ce spectacle, qui aborde le thème et différents états de la folie dans le théâtre, les fables et la poésie, est accompagné au clavecin, instrument raffiné à cordes pincées, emblématique du 17ème siècle, qui séduit au premier regard et charme l’oreille par la légèreté et la délicatesse de sa sonorité.
Sont jouées des oeuvres de musique françaises du XVIIème siècle peu connues du grand public et notamment des compositions d’Elisabeth Jacquet de La Guerre, rare femme compositrice et claveciniste sous Louis XIV.
Des variations sur le thème des Folies d’Espagne servent d’intermèdes musicaux et rythment le spectacle. La Folia, également appelée Follia (en italien) ou Folies d’Espagne, est l’un des plus anciens thèmes musicaux européens, basé sur un motif obsédant qui se répète en se modifiant.
La Folia apparut probablement au XVème siècle au Portugal . Au début du XVIIème siècle, ce thème arrive en Italie puis en France avec Les Folies d’Espagne de Lully. Il connut au fil des siècles un très grand engouement et plus de cent cinquante compositeurs l’ont repris dans leurs œuvres, avec diverses variations.
Le programme de Baroque en folie propose également une variété de musiques et danses en vogue à la période baroque : passacaille, menuet, sarabande, rondeau ou gavotte, écrites ou adaptées pour le clavecin.

LES SILENCIEUSES

Notre spectacle est construit autour d’un personnage de baladin, acteur masculin seul en scène, heureux de chanter l’amour et le désir en prêtant sa voix à la verve gourmande de Ronsard, Marot ou Belleau.

Mais sa belle assurance se fissure lorsqu’il prend conscience d’une bizarrerie : les hommes mettent en mots le plaisir qu’ils prennent avec des femmes qui, elles… se taisent.

Délaissant le champ de l’érotisme, notre baladin s’interroge, part en quête de ces voix disparues, déterre des textes oubliés et commence à comprendre le lien entre les paroles gelées et les corps corsetés.

Habitué à la carte du tendre, le voici en terre inconnue : celle de l’éducation étroite, de la sphère domestique, du savoir défendu, du corps contraint. Un univers d’interdits et de limitations qui lui permet d’ouvrir les yeux sur les assignations différentes qui pèsent sur nous, selon qu’on naît fille ou garçon.

Guidé par des femmes d’époques diverses qui se sont arrachées au silence, notre baladin s’enfonce lentement dans une histoire de plus en plus sombre. Les textes qu’il exhume le confrontent à la violence d’une parole misogyne assumée, sûre d’elle-même et de son bon droit. Répartis sur plus de deux millénaires, des auteurs se sont appliqués à dévaluer la parole publique des femmes, et à organiser le monopole masculin de la parole d’autorité sous toutes ses formes. Les représailles promises aux récalcitrantes vont de la raillerie à la maltraitance, voire au bûcher.

Face à ces textes qui révèlent une société profondément patriarcale, le comédien découvre qu’il bénéficie de privilèges qu’il ne voyait pas. Sa parole masculine est écoutée différemment. Sur les sujets dits « sérieux », elle est créditée d’entrée de jeu d’une certaine valeur, là où une femme aurait d’abord à attester de ses compétences pour qu’on l’écoute. À l’inverse des femmes, il est libre aussi de parler crûment de sexe sans que cela entache jamais sa réputation. Ces privilèges se sont imposés au prix d’un silence imposé par la force. Que décidera-t-il de faire de cet héritage ?

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Extrait de presse

« Prise de conscience époustouflante de la manière dont les hommes ont muselé la parole érotique des femmes. »
Marie de Hennezel – Psychologies Magazine – Nov. 2016

LA FOIRE DE MADRID

Dans le Madrid du XVIème siècle, un groupe de jeunes gens flâne dans la foire. Ils partagent leur temps entre galanteries et larcins. Un couple s’en détache : Leandro et Violante. Leur coup de foudre les entraîne dans un tourbillon de quiproquos et d’intrigues. Car Patricio, son mari, est un homme impulsif et violent…

MARY SIDNEY, alias Shakespeare

Une autrice a-t-elle écrit l’œuvre de Shakespeare ? Telle est la question… et l’enjeu de cette passionnante et intrigante enquête menée, avec rigueur et humour, par Aurore Evain, d’après l’essai de la chercheuse américaine Robin P. Williams.

Femme ou homme, peu importe ? Cela ne changera pas la puissance de l’œuvre, mais peut-être celle de l’Histoire de la littérature… car c’est bien l’androcentrisme de cette Histoire qui sera ici remis en question. Et ses conséquences sur la légitimité des femmes à penser, créer, diriger, participer au mouvement du monde.

Exposons pour commencer les deux termes de l’équation :

* Mary Sidney Herbert, comtesse de Pembroke, est l’une des plus brillantes des illustres inconnues qui peuplent l’histoire littéraire.
Elle développa et anima le plus important cercle de littérature de l’histoire anglaise. Elle consacra sa vie à la production de grandes œuvres en langue anglaise : projet ambitieux, car l’anglais n’était pas alors considéré comme une langue de premier plan.
Polyglotte, parlant couramment latin et maîtrisant sans doute le grec, d’une érudition exceptionnelle, pratiquant l’alchimie et la médecine, la musique, la fauconnerie, la politique, l’occultisme…, elle fut aussi la première femme dans son pays à faire éditer une pièce en anglais : traduite du français, sa tragédie Antonius fut une source d’inspiration pour ses contemporains et servit de modèle à l’Antoine et Cléopâtre de Shakespeare. Elle fut la première autrice à ne pas s’excuser de publier ses œuvres.
Il était néanmoins inconcevable, en raison de sa condition sociale et de son sexe, qu’elle signa des pièces destinées aux acteurs du théâtre professionnel.

* William Shakespeare est le plus inconnu des plus célèbres de nos écrivains. Aucun de ses manuscrits ne nous est parvenu. Son testament ne mentionne aucun livre, ni aucune de ses nombreuses œuvres restées inédites à sa mort. En 1616, aucun hommage ne lui est rendu. Les quelques traces que l’on conserve ont trait à son métier d’acteur. Aucun document stipulant qu’il fut payé en tant qu’auteur. Il n’est jamais fait mention de son implication dans les cercles littéraires de l’époque.
Toute sa famille était illettrée. Son père, un temps huissier, signait d’une croix. On ne lui connaît aucune formation, et aucune archive n’indique qu’il s’est formé dans aucune des disciplines sur lesquelles il a écrit (droit, Histoire, médecine, alchimie, fauconnerie…). Ses origines sociales sont très éloignées des connaissances aristocratiques que supposent ses œuvres. Les pièces de Shakespeare se déroulent souvent à l’étranger, et comportent des descriptions remarquablement précises. Aucune trace d’un quelconque voyage de Willie hors de son pays.

Et maintenant résolvons l’équation…

La presse en parle

« Ce spectacle est une mine, il nous tient en haleine de bout en bout et opère une véritable déflagration intellectuelle. »
Marie Planchin – sceneweb.fr

« Mais non, vous dis-je, ce n’est pas une hypothèse infondée, bien au contraire ! Allez donc voir au Théâtre de l’Epée de Bois , à la Cartoucherie de Vincennes, Mary Sidney, alias Shakespeare, d’Aurore Evain. Avec tout le sérieux et l’ironie facétieuse qu’on lui connaît, l’autrice-actrice-metteuse en scène y répond du tac au tac à Fanny Zeller, qui campe non moins plaisamment l’avocate du diable masculiniste. Vous avez jusqu’au 25 septembre. »
Sylvia Duvergermediapart.fr

M.O.L.I.E.R.E.

Trois comédiens et un musicien se jettent avec joie, fougue, malice, folie et force dans la vie et l’œuvre de celui qui fut sans aucun doute le plus joyeux, le plus fougueux, le plus malin, le plus fou et le plus fort de tous les gens de scène.

On y voit comment Jean-Baptiste Poquelin refuse sa destinée de tapissier pour devenir comédien, comment il convainc peu comme tragédien, comment il part en tournée sur les routes de France, comment il revient à Paris pour y rencontrer le succès, comment ce succès est aussi un scandale ; on y croise son père, le grand tragédien Montfleury, son premier protecteur le Prince de Conti (ainsi que son cheval), Louis XIV, Lully, un dévot de la compagnie du Saint Sacrement de l’autel, le jeune Jean Racine, ses compagnons de troupe, des journalistes, des courtisans, des médecins…

Et pour retracer de manière bien subjective (quoique instruite) le parcours de Jean-Baptiste, ces figures puisent aux mots des personnages de Molière ; et les récits d’une vie d’homme prennent des reflets bariolés à l’éclat des scènes de ses pièces.

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La presse en parle

« Un assemblage astucieux et réussi de répliques des personnages de Molière. »
Télérama TT

« Un esprit du théâtre de tréteaux cher à Poquelin, entre farce et comédie… Une mise en scène enlevée… C’est drôle, pétillant et intelligent. A ne pas manquer ! »
L’œil d’Olivier

« Un très beau spectacle remarquablement écrit, mis en scène et joué qui s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux collégiens et lycéens. »
SNES-FSU

« Un spectacle à la fois ludique, drôle et instructif… une belle impertinence digne de celle de Molière… Gloire aux comédiens ! »
Regarts

CAHIER D’UN RETOUR AU PAYS NATAL

Juin 1939, à 26 ans, Aimé Césaire, né en Martinique, publie la première version de Cahier d’un retour au pays natal. Premier poème d’une œuvre qui allait faire de lui un des plus grands poètes de langue française du 20e siècle. Texte fondamental symbolisant la fierté et la dignité retrouvée des peuples noirs mais aussi des peuples opprimés à travers le monde.

Cahier d’un retour au pays natal est fermement ancré dans la réalité sociale, historique et géographique des Antilles françaises de l’entre-deux-guerres. À cette époque, la France et l’Europe régnaient en maîtres sur leurs empires coloniaux, notamment sur l’Afrique et les Antilles. À cette époque, les thèses racistes du diplomate et écrivain français, le comte de Gobineau, sur l’inégalité des races nourrissaient la philosophie du IIIe Reich. À cette époque, dans le Mississippi, Bessie Smith mourait d’une hémorragie devant un hôpital réservé aux blancs qui refusait de la soigner. À cette époque, Joséphine Baker, « Reine de Paris », déposait sa ceinture de bananes. À cette époque, Aimé Césaire, Léopold Sedar Senghor et Léon Damas inventaient la négritude et rendaient à la femme et à l’homme noirs leur dignité d’êtres humains.

80 ans plus tard, alors que de nombreux citoyens dans le monde scandent « black lives matter », la situation ne semble pourtant pas avoir tant bougé sur le fond. D’où l’importance de revenir à Aimé Césaire et à son Cahier d’un retour au pays natal.

Celui-ci nous invite à un voyage dans l’espace et dans le temps pour comprendre les bases historiques, sociales et sociétales sur lesquels se sont construites les relations entre Europe, Afrique et Amériques. Pour comprendre et pour effacer l’oubli, reprendre conscience et confiance en l’humain et re-construire un monde plus respectueux de l’autre, qui promeut la diversité culturelle et favorise un Vivre ensemble apaisé.

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La Presse

« Jacques Martial surgit dans la brèche d’un vaste rideau, […], S’ensuit une sorte de juste miracle permanent. C’est tout un monde qui se crée, là, sous nos yeux et par l’ouïe, dans ce grand corps mobile et ces mains qui sculptent l’espace. »
Jean-Pierre Léonardini, L’Humanité

« … Que dire de plus ? Que Jacques Martial est tout bonnement magistral par sa présence et son incarnation. Que nous vibrons au rythme de ses incantations, qu’il nous fait non seulement entendre la beauté et la nécessité de cette litanie Césairienne mais nous fait aussi percevoir toute la genèse de l’homme noir opprimé qui est bien là, ressuscité. »
Moussa Kobzili, Le Choryphée

 « La voix s’élève. Tantôt impérieuse et tumultueuse, tantôt sourde et caverneuxe, elle n’est point banale récitation, elle psalmodie corps et maux à l’empreinte des mots de cet emblématique Cahier d’un retour au pays natal ! Visage et peau ruisselants sous la chaleur tropicale roulent en larmes argentées les noirs sanglots de l’identité créole autant que la poétique flaboyante d’une langue archipélisée. »
Yonnel Liégeois, Chantiers de culture

« Car si Césaire se lit, il est encore plus puissant quand on l’écoute. Jacques Martial lui donne toute sa présence par sa voix vibrante, un corps imposant et une gestuelle redoutable. Le sens ne passe pas par l’intellect, mais la poétique des formes, verbales, mouvantes, chorégraphiées. A l’heure de black lives matter, Cahier d’un retour au pays natal est d’une contemporanéité subjuguante, avec la beauté sonore d’un texte aux volutes oniriques. »
Jacky Bornet, France Télévision

« Vêtu de vêtements informes tel un pauvre erre, portant des gros sacs, [Jacques Martial] investit progressivement le plateau. Transmettant avec précision et intensité le texte de Césaire, le comédien traverse tous les mouvements du texte, de l’évocation de l’enfance de Césaire, marquée par la misère, à celle de la traite des populations noires ; des clichés qui leur sont accolés ainsi qu’aux Antilles, à la résignation des peuples colonisés. »
Caroline Châtelet, sceneweb.fr

« Jacques Martial a la carrure du guerrier assuré marchant contre les pensées les plus rétrogrades et réactionnaires, obtuse, contrites, empêchées et mortifères, en mal de souffle et de vie respirée. L’acteur porte haut et fort le poème éclairé d’Aimé Césaire. […] Un temps inlassable de méditation poétique, à la mesure de belles promesses existentielles. »
Véronique Hotte, Hottello

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Extrait du spectacle 

Téléfilm de Philippe Bérenger