Dinarzade : « Ma sœur, si vous ne dormez pas, dites-nous un de ces contes que vous savez et que j’aime tant. »
Shéhérazade naît sous les vers d’un poète.
« Je voudrais cette pièce dramatique, magique aussi et presque sans humour — il y en aura malgré moi. »
Supervielle donne la magie du verbe qui a le pouvoir de repousser l’échéance fatale.
La première représentation de Shéhérazade a lieu au Palais des Papes en Avignon le 17 juillet 1948 sous la direction de Jean Vilar.
La mise en scène de Véronique Gargiulo, sobre et épurée tend à créer cet « espace vide » cher à Peter Brook pour mieux faire entendre le texte dans sa force directe et sa puissance poétique.
Une enchanteresse est à l’origine de toutes les envies d’échapper aux amertumes de la vie. Le vieux professeur représente la sécurité de la norme, un conformisme qui tarit la source vive de nos décisions et de nos rêves. Un père angoissé, un oncle spolié de ses ambitions, un médecin brisé par les affres du monde. La jeune femme, cœur de cette pièce, porte les rêves condamnés, victime de la dépossession orchestrée en dehors d’elle. Un maître du domaine voué au seul travail. Deux vies sacrifiées.
Projet Tchekhov
La Mouette et Oncle Vania présentent la même structure en quatre actes non découpés en scènes. Nous proposons de permettre aux spectateurs d’établir des juxtapositions entre ces deux œuvres, jouées en miroir.
Les liens Père/ fille – Mère/ fils.
Kostia et Sonia côte à côte dans leurs relations avec leur parentèle. Il se sent négligé et rejeté par sa mère, qui ne reconnaît pas son talent Elle, n’est prise en compte par personne.
Les rêves brisés de Nina trouvent leur reflets dans ceux de Vania. Les illusions volent en éclat. Les relations amoureuses sont contrariées dans un enchevêtrement semblable entre les deux œuvres. L’aliénation de l’héritage, la perte d’un bien fondateur de la famille est l’élément déclencheur de la dramaturgie.
Les thèmes récurrents dans l’œuvre d’Anton Tchekhov.
Cette vie n’a été que mascarade, rien n’a eu lieu en dehors de nos illusions… Au fond, une question se pose : « Pourquoi les enfants doivent-ils porter la charge de la dette des manquements des parents ? »