En 1730, dans le tout nouveau Royaume de Prusse et sa nouvelle capitale Berlin, le Roi Guillaume impose sa démesure martiale à tout l’état et fait régner la terreur dans sa propre famille. Ce qui fit dire plus tard à Mirabeau : « La Prusse n’est pas un État qui possède une armée, c’est une armée ayant conquis une nation ».
Les choses ne pouvaient que mal aller entre un père qui ne s’intéressait qu’à la guerre et à la chasse, et un fils qui ne voulait que jouer de la flûte et lire des poètes français. Confronté à la brutalité croissante du Roi, le jeune prince Frédéric, (« On n’est pas sérieux quand on a 17 ans »), trouve comme allié, en plus de sa sœur aînée Mine, sa confidente de toujours, un fringant officier de la garde royale, Hans-Hermann von Katte, dont il tombe amoureux.
Un jour où Frédéric a été battu et humilié publiquement par son père, il décide de s’enfuir vers la France, avec la complicité de Katte. Or le Roi fait rattraper les fugitifs, et, malgré les supplications de la Reine, de la princesse Mine, et de toutes les cours d’Europe, il fait décapiter Katte sous les yeux horrifiés de Frédéric.
Tel est l’argument de l’histoire dont Besset s’est inspiré pour renouer avec la grande tradition française d’une tragédie en alexandrins.
POURQUOI ERRANCE ?
Nous sommes d’une génération dont la foi en l’avenir nous a été confisquée par une prise de conscience du danger que représente le modèle de notre société occidentale. Nous vivons un monde errant entre une volonté farouche de ne rien changer et une nécessité de changement radicaux. Nous sommes une génération confrontée à trouver des repères dans une société où l’illusion virtuelle se confond avec une réalité qui a peur du lendemain. Nous sommes une génération mariée de force à l’errance. Thème à la fois terrifiant et fondamental, l’errance s’inscrit au cœur d’une actualité dans laquelle la sensation de perte de repère n’a jamais été aussi prégnante. Qui suis-je ? Qu’est-ce que je fais là ? Quel est ma place dans ce monde en mouvement ? Quel est mon regard ? Errance est une tragi-comédie multidisciplinaire, impliquant de la danse, de la musique, du chant, et de la vidéoprotection.
Nous avons travaillé selon deux axes :
• L’axe de réalité : la vie d’un groupe, avec chacun ses errances, ses craintes, et ses espoirs, vivant dans une société traumatisée par une catastrophe environnementale ayant eu lieue 3 ans plus tôt.
• L’axe des tableaux d’Errance : plongée dans un monde onirique, sans temporalité, universel et intime venant du fait que la plupart des textes ont été écrits par les artistes eux mêmes.
Ainsi, la ligne dramaturgique a été construite selon un procédé d’entrelacement d’un monde onirique propre au théâtre, et d’une réalité plus crue, venant casser la beauté des tableaux et permettant aux spectateurs de voir l’envers du décor, tout en étant confrontés à la fois à des questions d’actualités environnementales, sociétales et politiques. Avec cette légère mise en distanciation dû au fait que l’action se passe en 2030.
Performance poétique
D’après la poésie de Federico García Lorca, Antonio Machado, Miguel Hernández, León Felipe, Rafael Alberti et Luis Cernuda.
Une balade inspirée de l’esthétique lorquienne. Un parcours à travers la poésie espagnole, pour un retour dans les univers de ces poètes disparus pendant la guerre civile ou dans l’exil.
Les vers et la musique deviennent les outils d’un devoir de mémoire collective pour les générations futures.
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PROGRAMME
CANCIÓN TONTA – García Lorca
PARÁBOLAS – Antonio Machado
SÉ TODOS LOS CUENTOS – León Felipe
ROMANCE DE LA LUNA LUNA – García Lorca
PEREGRINO – Luis Cernuda
SON DE NEGROS EN CUBA – García Lorca
BAILE – García Lorca
LA CASADA INFIEL – García Lorca
EL SILBO DE LA LLAGA PERFECTA – Miguel Hernández
SI MIS MANOS PUDIERAN DESHOJAR – García Lorca
EL AMOR DUERME EN EL PECHO DEL POETA – García Lorca
UN ESPAÑOL, HABLA DE SU TIERRA – Luis Cernuda
GENOVÉS 1970, PINTOR – Rafael Alberti
GUERRA – Miguel Hernández
EL PAYASO TIENE LA PALABRA – León Felipe
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