Archives pour la catégorie actuellement

LES ASPERGES À ROMMEL

Dans Les asperges à Rommel, le récit de vie est au centre du théâtre, l’histoire y est racontée ou chantée par des personnages plus vrais que nature. Un désir de fouiller aux racines de nos cultures, de faire vivre le souvenir. La mission du théâtre en temps que lieu de témoignage s’en trouve encore renforcée.

*

L’homme, la casquette sur la tête, finit d’essuyer la vaisselle en chantonnant. La femme entre, vêtue d’une blouse bleue, un colis à la main. Dans le colis, des œufs, des pommes… : « Vous emmènerez çà chez vous. » L’homme débouche une bouteille de cidre pendant que sa femme s’assied à la table. Louis et Yvette, agriculteurs normands, ont vécu dans leur quotidien cette guerre qui les a séparés.
Louis a été cinq ans prisonnier dans un « Stalag » de Berlin, où il a appris l’obéissance. Pour « s’évader », il chantait en lavant son linge . Pendant ce temps, sa femme, restée seule avec le petiot, s’occupait de la ferme, trouvait des combines pour s’en sortir.
Au retour de son mari, elle a gardé le pouvoir qu’elle avait assis pendant ses années d’absence. Quant à Louis, il continue à chanter dans les champs pour ses vaches.
Pendant une heure, ils racontent et chantent leur guerre, de la mobilisation à la libération. Les anecdotes, les chansons de l’époque, les peurs, les joies… La force de l’évocation restitue le passé, lui donne chair, et nous plonge dans une période marquante de notre siècle.

*

Avec ce spectacle, nous intéressons et rassemblons un public de plusieurs générations. Il évoque chez chacun un écho ou une curiosité, rappelle un air « zazou » à une de nos aînées… Quand aux adolescents, quoi de plus concret qu’un récit de vie pour illustrer une période étudiée en classe.

***

« …Ce petit spectacle est très fort. Florence Marschal et Christophe Hatey, qui est aussi l’auteur, prennent réellement le corps de ces deux personnages et nous font croire à leur réalité… »
Figaro Magazine

« …Le spectacle est vraiment très bien. Une pièce généreuse et humaniste, servie par deux comédiens plus vrais que nature… »
Figaroscope

« …Un spectacle intense sur les petits évènements de la « grande histoire » … »
Ouest France

« …Un spectacle époustouflant, de grande qualité. Les spectateurs ont pu apprécier le talent des acteurs… »
Reader’s Digest

« …Une évocation forte qui restitue le passé en lui donnant vie. Des
comédiens si vrais qu’à certains moments le spectateur a envie de monter sur scène pour amener ses propres souvenirs ou les souvenirs des siens… »
La Presse de la Manche

« …Au cours de cette promenade dans la campagne normande, anecdotes, peurs, joies, sont évoqués avec une telle force qu’elles plongent le spectateur dans une période marquante de notre siècle… »
Le Courrier de l’Ouest

« …Un spectacle entre Conte et Théâtre qui humanise une période sombre de notre histoire… »
Nouvelle République

« …Un spectacle émouvant et grave qui a rappelé aux uns et aux autres ce qui s’est passé dans leurs familles pendant l’occupation ; on y retrouve ses racines… »
Ouest France

VICTOR HUGO ET NOUS TROIS

Une histoire entre Victor Hugo et nous.
Nous étions jeunes. Nous le sommes encore bien sûr ! Dans notre tête, notre cœur, notre âme. Pourtant bien des années sont passées depuis la création de ce spectacle. Ce fut dans les années quatre-vingt, à l’initiative d’Alain Mollot, le metteur en scène et directeur du Théâtre de la Jacquerie. Maryse Leroux avait fait le choix des textes. Le spectacle s’appelait alors Un œil profond dans l’ombre et nous l’avons beaucoup joué, en France et même à l’étranger.
En 1991, nous sommes partis en tournée au Zaïre, actuel Congo. Beaucoup de gens que nous avons côtoyés alors, spectateurs, participants de tous âges aux ateliers que nous donnions, qui faisaient des kilomètres à pied – en l’absence absolue de transports en commun – pour découvrir le spectacle, ont disparu. Des émeutes, des coups d’état, les ont balayés de la surface de la terre et depuis, la guerre sévit. L’écho de leurs voix scande encore dans nos mémoires « Je misère, tu misères, il misère, nous miserons… » à l’issue d’un exercice sur un texte de Les Misérables : « Ce que Victor Hugo raconte, nous le vivons ici chaque jour » nous disaient-ils et elles, en éclatant d’un rire joyeux,. Car malgré toute la misère du monde c’est l’humour qui régnait, cet humour de chaleur et de rage qui foudroie les pires démons.
Alain Mollot et Maryse Leroux sont partis rejoindre Victor Hugo depuis quelques années déjà.
Nous avons retrouvé les textes, nous nous sommes retrouvés, nous avons retravaillé la mise en scène, à trois. Outre le plaisir de rejouer ensemble, nous découvrons la nécessité de reprendre la parole de Victor Hugo : que pouvons-nous faire, nous, ni politiques ni militants acharnés ni assistants sociaux, ni médecins ni… sinon arpenter les scènes, incarner poètes et voyous, monstres et innocents ? Et résister à la folie de ce monde avec notre arme : le théâtre.
Nous voulons faire entendre autre chose que le bruit des armes, nous voulons par le jeu consoler, émouvoir, faire réfléchir. Voilà pourquoi nous sommes à nouveaux sur les routes, avec Gwynplain, Fantine, Valjean, Zubiri… Et avec celles et ceux qui aujourd’hui comme hier luttent pour que la paix et la beauté règnent sur cette planète.

*

EXTRAITS DE PRESSE

« Voyage initiatique dans l’univers intérieur, torturé, de l’écrivain. Merveilleux acteurs que Simon Bakouche, François Frapier, Susana Lastreto . Victor Hugo jette dans des halos de lumière insoutenable les exclus, les vilains, les pas beaux. »
La Nouvelle République

« Une performance à divers titres: on colle aux textes de Hugo, ils n’ont pas pris une ride. »
Le Dauphiné
« Les acteurs se multiplient, ont de l’audace, avec trois élastiques et deux accessoires, ils se transforment, sans jamais lasser le public, pour que Sério, Gwynplain, Petit Gervais et les autres s’emparent de la scène et des tripes des spectateurs. »
L’Humanité

LES BEAUX DRAPS

Solo de clown(e) contemporain… ou contemplatif.
Ça ne sera pas que drôle, c’est dur et doux, sale et beau, sensible et sauvage.

Parler du corps, du dedans, de ce qui le traverse et de ce qui en sort.
De la femme que je suis à la clowne qui vit en moi, quelle est la frontière ? Parfois ça déborde et c’est gênant.

Prohöck Niak découvre son corps vivant et changeant au fil des saisons. Elle nous convie au spectacle de ses bouleversements corporels qui donnent à voir son intimité physique, à la fois singulière et universelle.

De métamorphose en métamorphose, elle se découvrira elle-même grandie.

Prohöck : condiment cambodgien à base de pâte de poisson fermenté.
Répugnant par sa forte odeur mais essentiel pour révéler les saveurs.

Niak : il faut en avoir pour faire ce que nous aimons.

Ce spectacle invite à un voyage atemporel, poétique et sensuel dans l’intimité du corps féminin et ses métamorphoses tout en laissant à chacun.e une grande part de liberté dans l’interprétation.

– Prix Lueur pour la meilleure interprétation au Festival Off d’Avignon
2025
– Lauréat Premiers Geste(s) 2022 de la jeune création en arts du mime
et du geste
– Prix du Public du Terrain d’Envol 2022 au Festival des clowns,
burlesques et excentriques du Samovar – Ville de Bagnolet

Bande-annonce

Bonus

*

Extraits de presse

Et petit à petit, insidieusement, sans qu’on y prête attention au début, la parole s’invite, audible et compréhensible, les phrases arrivent, au compte-goutte, mais à point nommé. Jouant sur les mots avec espièglerie, Maly Chhum crée un art de la métamorphose physique et des correspondances poétiques. […]. La traversée effectuée ressemble à nos vies. Éphémères, dérisoires, mais transmissibles. Et si l’on rit tout du long, il pointe de ces Beaux Draps une maturité généreuse, un regard tendre et la naissance d’une belle artiste.
(lire la suite…)
Par Marie Plantin – Publié le 6 juillet 2025 – Sceneweb

Le clown comme médium pour montrer l’immontrable, et comme outil de sensibilité poétique : c’est cela que Les Beaux Draps cherche et trouve. La clowne Prohöck Niak, interprétée par Maly Chhum, traverse en accéléré les âges de la vie d’une femme, en recevant chaque nouvelle métamorphose avec candeur et étonnement. (…).  Une clowne sensible qui tient l’équilibre entre le rire et le vertige.
(lire la suite…)
Par Mathieu Dochtermann – Publié le 29 mai 2026 – La Terrasse

Dans ce solo contemplatif, tout se retourne, les vêtements et les entrailles. Avec beaucoup de subtilité et peu de mots, des sujets profonds sont abordés tels que la naïveté face à la dé-
couverte d’un corps reproducteur, la sexualité, l’enfantement ou l’avortement, et la responsabilité collective dans ces états de vie.
Si la réalité de ses bouleversements nous saisit, la douceur de cette clown rend le spectacle accessible pour tous, drôle et profondément touchant.
(lire la suite…)
Par Billx – Publié le 23 juillet 2025 – La Provence

Formée au théâtre et au clown, elle développe une œuvre hybride entre art brut, poésie du corps et humour déroutant.
(lire la suite…)
Le Progrès

HIPPOLYTE

Entre pression sociale, relations toxiques et quête identitaire, Hippolyte révèle la fragilité humaine face aux choix impossibles. Une tragédie classique qui résonne follement avec nos tempêtes actuelles.

Alors que son mari, Thésée, a disparu de la scène publique, les fragiles repères de Phèdre se brouillent définitivement. Celle qui fût solaire et brillante autrefois se retrouve à présent prisonnière d’un mariage qui n’en a que le nom.

Dévorée par l’amour qu’elle porte à Hippolyte, fils de Thésée, la jeune femme s’enlise dans un conflit intérieur où la passion se heurte à la morale. Comment alors ne pas se laisser manipuler ? Poussée par les murmures de sa nourrice, elle avoue son amour à Hippolyte. Le jeune homme porté par une vertu sans faille ou, peut-être, par des désirs indicibles, la repousse sans ménagement.

Un mensonge dévastateur déclenche alors une spirale d’accusations, de colère et d’injustice scellant le destin d’Hippolyte mais aussi celui des autres protagonistes.

Portée par une mise en scène et une scénographie résolument contemporaines, cette réinterprétation d’Hippolyte est une invitation à découvrir ou redécouvrir le théâtre classique, à se laisser porter par la beauté de la langue et la puissance des passions incontrôlables.

7 MINUTES (COMITÉ D’USINE)

« Nous voulons être libres, mais nous avons peur de la liberté.
Choisir, décider, est une obligation autant qu’une liberté. »
Stefano Massini

Dix femmes du comité d’usine de Picard & Roche attendent la onzième, leur porte-parole, qui depuis quatre heures négocie leur avenir avec les nouveaux patrons. À son retour, elles doivent voter au nom des deux cents ouvrières et employées qu’elles représentent. La proposition des costards-cravates est simple : si les ouvrières et employées de Picard & Roche acceptent de rogner sept petites minutes sur leur temps de pause du midi, l’usine ne fermera pas, et tous les emplois seront sauvegardés.

S’engage alors un thriller social qui ouvre une double réflexion sur la valeur marchande du travail et la prise de conscience des mécanismes de domination patronale. La proposition des nouveaux repreneurs, si elle semble honorable, impose à ces femmes un choix crucial. Pour sauver l’usine, leurs collègues, et elles-mêmes. À l’euphorie de la bonne nouvelle (l’usine ne ferme pas) succède un échange où chacune prend parti selon sa personnalité, son ancienneté, ses nécessités familiales ou personnelles, et son souci du collectif.

Qu’est-ce que nous sommes tous prêts à accepter pour garder notre boulot ?

C’est Blanche, la porte-parole du comité d’usine, qui pose la question. C’est aux autres, par leur vote, de répondre. Et au public de se faire sa propre idée. Une seule demande, presque anodine, un « pas » vers la direction, en renonçant à moins de la moitié de leur pause, donc à seulement sept minutes. Et seulement une heure pour choisir pour les deux cents employées de l’usine. Un ultimatum.

La pièce haletante de Stefano Massini nous immerge en temps réel dans les étapes tendues d’un cheminement capital. Une partition chorale sur le parcours de chacune vers une pensée commune, qui ouvre une réflexion sur la difficulté d’une démarche en collectif, sur ce que représente le fait de choisir, de se mettre d’accord, de se convaincre, de croire en la parole d’une autre.
Ces femmes sont d’âges et de parcours divers, à des moments différents de leur vie ; chacune appréhende la situation à sa façon. C’est une pièce sur les limites, sur nos marges de renoncement. La pièce propose un théâtre politique, mais pas militant. Parce qu’un comité d’usine n’est pas un syndicat. L’enjeu central n’est pas ici la lutte elle-même, mais le trajet pour aller ou non vers elle.

Ce cheminement de pensée, qui traverse chacune des onze ouvrières et employées de Picard & Roche, en une heure, concentre dans la tension qu’il amène tout ce à quoi il faut renoncer pour avancer ensemble : d’abord, renoncer aux évidences, et consentir à un effort pour que l’usine ne ferme pas. Jusqu’où accepter de se compromettre ?
La structure dramaturgique de ce huis clos nous fait suivre une pensée en mouvement dans un temps donné. Blanche, qui a représenté ce petit groupe durant la longue négociation avec les nouveaux patrons de l’usine, incite ses collègues à prendre le temps de réfléchir à ce que représente cette pause, a priori dérisoire face aux emplois sauvegardés.

Est-ce « un luxe ou un droit ? » demande-t-elle. Ces sept minutes cristallisent un rapport plus global au temps en nous conduisant à considérer ce qui est ou non essentiel. Et affirme aussi que cette même notion du temps joue toujours en faveur des patrons, qui ont les moyens d’attendre, et de faire monter la pression. C’est aussi une guerre d’usure, qui compte sur le découragement des ouvrières, sur le flétrissement de leur engagement.

Olivier Mellor

*

Extraits de presse

Un fauteuil pour l’orchestre
« Ce qui est en outre particulièrement remarquable dans cette mise en scène c’est qu’elle parvient à donner du sens à l’une des phrases clefs de la pièce : « Lisez » (que l’on pourrait transposer en voyez ou regardez) « pas seulement ce qui est écrit, lisez » (ou donc voyez) « ce qui n’est pas écrit ». Ce qui n’est pas écrit ce sont les 600 heures de travail gratuit chaque mois pour les repreneurs de l’usine. « On ne leur fait jamais gagner assez d’argent » s’écriait Vincent Lindon dans En guerre (2018) de Stéphane Brizé. C’est ce que Blanche essaie de démontrer à ses collègues prêtes pour des raisons différentes au sacrifice de leur acquis social ; un renoncement permettant un gain correspondant à l’embauche de vingt salariées, mais sans aucune promesse pour l’avenir. »
Emmanuelle Saulnier-Cassia

Froggy’s Delight 
« Le suspens monte crescendo dans ce huis-clos tendu du début à la fin et soutenu par une équipe incroyable d’une écoute constante qui parvient à transmettre les multiples émotions qui traversent ces femmes et leur évolution à chacune dans une pièce palpitante décrivant l’individualisme qui gangrène un groupe. Il ne tient ici qu’à la pugnacité d’une seule ouvrière (Karine Dedeurwaerder, fabuleuse) de faire douter et convaincre les indécises pour faire (peut-être) triompher le collectif. Un passionnant portrait de groupe et de femmes porté par des comédiennes magnifiques. »
Nicolas Arnstam

SNES FSU
« De la démocratie en action, du théâtre politique comme on l’aime, avec des dialogues vivants et … un vrai suspense, car quelle sera la décision finale ? C’est passionnant ! » Micheline Rousselet

Arts Chipels
« Dans le huis-clos de 7 Minutes, pas de coups de gueule, de slogans excités, mais une confrontation des idées, des convictions, des peurs. Une interrogation collective sur le monde du travail avec ses contradictions. La démocratie en action. »
Mireille Davidovici

Coup de Théâtre ! 
« 7 minutes (Comité d’usine) par la Compagnie du Berger est une pièce chorale profondément contemporaine, palpitante, humaine. Dans une mise en scène sobre et efficace, Olivier Mellor nous dépeint un temps de vraie démocratie, loin des luttes syndicales et des discours politiques. Le jeu des onze comédiennes est juste, franc, poignant autant que la chanson empruntée au film de Claude Sautet Les choses de la vie. Leur interprétation est grandiose, superbe, magnifique. »
Isabelle Levy

Coups d’Œil (L’Œil d’Olivier) 
« Ce huis clos est mis en scène très vivement par Olivier Mellor. La scénographie représente une salle du personnel, au mur du fond composé de cartons et à l’éclairage aux néons, très soignée. Le plateau n’est jamais abandonné. Les personnages, même lorsqu’ils sont dans l’écoute, sont toujours en action. La musique originale jouée en direct accompagne la montée dramatique de la situation. Même si cela peut surprendre, la petite parenthèse musicale, dans laquelle les filles chantent La Chanson d’Hélène du film de Claude Sautet, Les Choses de la vie, touche au cœur et émeut. C’est une pause dans leurs combats quotidiens. »
Marie-Céline Nivière