FESTIVAL DE THÉÂTRE LATINOAMÉRICAIN À PARIS
Un événement artistique placé sous le signe de la créativité, de la diversité et de la richesse culturelle de l’Amérique Latine.
Un hommage à l’Amérique Latine
Ce festival a pour vocation de mettre en valeur les auteurs, créateurs, et artistes latinoaméricains, ainsi que leur dramaturgie unique et les histoires qui façonnent leurs identités.
La programmation
Le jeudi 9 juillet
Il n’a jamais eu d’origine
Chili
Serge se réveille seul et sans mémoire, enchevêtré au fond d’étranges décombres. Son dernier souvenir, précédant l’effondrement, est celui d’avoir vu quelque chose : image fugace et insaisissable, à la fois familière et étrangère. Serge se saisit de son corps et reconstruit son entourage afin de retrouver cette image perdue. Dans ce processus, il tombera sur les traces de secrets familiaux vieux de plusieurs générations, mais il découvrira aussi que d’autres forces, beaucoup plus terribles et nécessaires, sont en jeu.
Écrit, mis en scène, et interprété par Antonio Murillo
Production Compagnie Théâtre Fissure
Femme sauvage
Bolivie
Femme Sauvage raconte le déracinement, mais aussi la retrouvaille. Elle suit une femme migrante qui, face au système, s’accroche à sa part la plus ancienne et la plus libre, afin de rester vivante dans un monde qui, sous prétexte de civilisation, oublie l’essentiel : les instincts, les liens, la puissance d’être soi. Dans le coin où elle vit, au cœur de l’antre d’une étudiante parisienne, nous pénétrons l’intimité de son appartement, de sa psyché, de son âme. Dans cette espace onirique, nous devenons les témoins de l’appel de la femme sauvage qui l’invite à renouer avec sa force intérieure pour se transformer. De cette métamorphose naît une présence indomptée : celle qui refuse les moules, les silences imposés et les frontières intérieures.
Écrit, mis en scène, et interprété par Carola Urioste
Production Compagnie Spirale
Le vendredi 10 juillet
Silencios
Bolivie
Nous vivions à Cuba, chez ma grand-mère, dans une grande maison pleine de pièces et de mondes différents : ceux de la grand-mère amère, d’une tante célibataire, d’un oncle masseur et de nous trois, papa militaire, maman étrangère et moi une bâtarde, née hors du mariage. Un dimanche quelqu’un frappa à la porte, c’était un grand mulâtre à lunettes : maman regarda papa, papa regarda l’homme, l’homme regarda la tante, la tante regarda la grand-mère et la grand-mère laissa tomber le plat en verre. Je compris alors d’où venaient mes cheveux crépus et regardai le mulâtre avec une joie très lointaine, parce que malgré tout je venais de faire la connaissance de mon grand-père.
Écrit par Karla Surrez
Mis en scène par Benoît Gontier
Interprété par Tamara Scott Blacud
Production Hermana menor producciones
Brokeno el Necropoder — représentation en espagnol surtitrée en français
Mexique
Une jeune femme nous invite à ses funérailles. Portée par les langues de sa terre natale d’Oaxaca, elle tisse un parcours vers la demeure de la mort afin d’exiger justice pour ses sœurs. En se plongeant dans ses souvenirs, les chants de son peuple, les fleurs et le mezcal, elle nous appelle à une réflexion sincère sur le féminicide au Mexique. Théâtre, arts scéniques multimédia, danse et musique en direct rendent hommage, dans le style oaxaquien, à chaque corps privé de deuil.
Écrit, mis en scène, et interprété par Darling Lucas
Production Hermana menor producciones
Le samedi 11 juillet
Contresens
Argentine
C’est l’histoire d’une vie ordinaire, celle de CARA, secrétaire du département de la culture de la ville de Namdal*, qui, comme chaque jour de la semaine, travaille de 9h à 17h dans son « bureau-mobile ». Un bureau qui a fini par fusionner avec son corps. Ce jour-là, CARA rentre chez elle à pieds, mais perturbée par d’étranges appels téléphoniques, elle s’immobilise en plein carrefour.. et le cours de son existence est rompu. Elle s’échappera vers d’autres réalités jusqu’alors inaccessibles. Elle deviendra l’esprit de ses anges et le corps de ses démons, dans une traversée absurde, sensible et drôlatique au sein de son propre Hadès. Est-ce cela, être mort ? À moins que ce ne soit cela la Vie ?
Écrit, mis en scène, et interprété par Erika Webe
Production Compagnie Espuma
Émancipation
Colombie
Au moment où Polita se retrouve hospitalisée, contrairement à toute attente, une paix profonde l’habite. Dans cet entre-deux où le sens de son existence vacille, « La Muerte » vient lui parler. Pas celle des livres, mais une présence familière, presque une vieille amie. Ensemble, elles traversent des paysages intérieurs peuplés de figures tutélaires. Ce sont les voix de Policarpa Salavarrieta, l’héroïne de l’indépendance, la force brute de Frida Kahlo, ou les rituels de terre et de sang d’Ana Mendieta. Ce sont aussi les visages des tantes, du jour où le ORL l’a convaincu de changer son NEZ. Présences masqués. gardiens.ne.s de la mémoire familiale, et les chants de rythmes qui ont bercé et soulevé Polita.
Écrit, mis en scène, et interprété par Lola Raizar, avec Sarah Mendoza, Opic Vanjo et Andreïa
Production Collectif Nefelibata
Le miel des araignées
Chili
Pablo, un latino-américain résidant dans une capitale européenne, représente l’homme en transition devenu témoin des effets nocifs de sa masculinité mal construite. La grossesse surprise de sa compagne Sofia, conséquence du viol d’un « bâtard qui a de la classe » le conduit à une situation émotionnelle critique. Pablo endossera-t-il son rôle de père auprès dʼun enfant conçu dans la violence ? Existe-t-il une mince chance quʼils partagent le même sang ?
Écrit, mis en scène, et interprété par Juan Cristо́bal Fernández
Production Compagnie Théâtre Fissure
Le dimanche 12 juillet
Emelinda Cundiamor
Cuba
Emelina Cundiamor raconte l’histoire poignante d’une femme noire qui, dans un acte de sacrifice, abandonne ses valeurs culturelles pour favoriser l’ascension sociale et professionnelle de son mari. Après avoir étudié à l’étranger, ce dernier, devenu un homme « transculturel », renie ses origines et change même son nom, de Benito Galarraga à Tibor. Cette transformation soulève des questions profondes sur l’identité, la culture et le prix à payer pour l’intégration.
Écrit par Eugenio Hernandez Espinosa
Interprété par Monse Duany
Production Compagnie Mabbona
Apu — représentation en espagnol surtitrée en français
Bolivie
Un homme, devient Sariri, le voyageur des Andes, celui qui avance sans bagage à la recherche de réponses. Il entreprend un voyage intérieur guidé par le souffle du Wayra Tata et la présence majestueuse de l’Illimani, il traverse les paysages physiques et spirituels des Andes. Au fil de son ascension symbolique, l’Illimani apparaît comme un être vivant : ancêtre, protecteur, témoin silencieux des siècles. Dans ce seul-en-scène poétique, la montagne devient témoin des peuples, gardienne de la mémoire et passage entre le monde terrestre et spirituel. Face à elle, le voyageur interroge son héritage, son rapport à la peur, à l’espoir, à la violence et à la solitude. Son récit mêle souvenirs personnels, visions oniriques, histoire coloniale et réflexion intime sur l’identité, la mémoire et l’appartenance.
Écrit, mis en scène, et interprété par Mario Aguirre
Production Compagnie Spirale