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VILLA DOLOROSA

Trois sœurs, trois anniversaires, une villa qui s’effrite. En transposant Tchekhov dans notre époque, Rebekka Kricheldorf signe une œuvre aussi drôle que désespérée.

Dans ce salon bourgeois où le temps semble suspendu, nous découvrons des êtres cultivés jusqu’à la paralysie, conscients de leur condition mais incapables de s’en extraire.

Le spectateur devient complice de ces rituels où l’on parle sans agir, où les velléités de changement se heurtent à l’attrait secret de l’immobilisme. Quand des éléments extérieurs viennent perturber cet équilibre fragile, l’ambivalence des personnages éclate au grand jour.

Des parents cultivés et russophiles ont donné à leurs enfants, outre le goût de l’art, des prénoms tchekhoviens. Irina, l’éternelle étudiante qui traîne en pyjama, est la cadette, entre Olga, enseignante et rationnelle, et Macha, la benjamine, qui s’échappe quotidiennement d’un mariage tiède en traversant la rue pour rejoindre la maison familiale, ses sœurs et son frère Andreï, qui n’en finit pas de peaufiner son futur livre. Projet plus que jamais relégué au second plan car il est tombé amoureux.
L’arrivée de Janine, la copine, si elle provoque une série de décalages, apporte un souffle neuf, un sens certain des réalités. Et puis il y a Georg, ami d’Andreï, visiteur assidu de cette villa où il trouve l’air et la fantaisie dont le prive son existence engluée entre une femme suicidaire et une carrière dont la banalité le désole.

Année après année, rien ne change, les anniversaires sont invariablement gâchés. La famille s’agrandit, le temps coule, les mots resurgissent, comme les maux, triviaux et métaphysiques.

Car on parle, et beaucoup, entre les murs de la Villa Dolorosa – figurés dans une sorte d’opulence dépouillée. On se dit tout, sans filtre et sans tabou, entre les membres de la famille Freudenbach (ruisseau de joie, littéralement). Tout. Avec une franchise exubérante et mélancolique, une férocité terrible parfois. Avec surtout un amour qui, pour cruel qu’il soit, déborde de partout.

NOTRE-DAME DE PARIS — ‘ANÁΓKH

Cette adaptation de Notre-Dame de Paris se déroule dans un monde sans époque précise, mais que tout le monde reconnaît.
La cathédrale n’est plus un monument figé, elle devient un corps de métal, un bastion vertical, un théâtre de pierre où s’écrase tout ce que l’humanité a d’irrécupérable : la misère, la solitude, le désir, le pouvoir.
Il n’y a pas de reconstitution historique ici.
Pas de folklore, pas de dentelles, pas de “Gitane romantique”. Seulement des hommes et des femmes jetés dans une société qui les dévore.

Esmeralda n’est pas une muse. Elle est une survivante.
Quasimodo n’est pas une âme pure. Il est un silence.
Frollo n’est pas un monstre. Il est un homme brisé.
Phoebus n’est pas un héros. Il est un vide.
Clopin n’est pas un roi. Il est un misérable.
Chaque personnage lutte pour exister dans un monde où la beauté, la morale, la justice ne sont plus que des masques.

La pièce se resserre sur six figures principales (Esmeralda, Frollo, Phoebus, Quasimodo, Clopin, Gringoire), épurées à l’os, et traverse leur chute inexorable.
L’amour devient une punition.
La religion, une pulsion refoulée.
La justice, un théâtre d’exécution.

Le texte puise dans le souffle d’Hugo, sa rage, ses visions, ses violences, mais est entièrement réécrit.
C’est une langue lyrique et brutale, traversée par des métaphores et des silences étouffants.
Le style s’inspire du théâtre européen contemporain : ruptures de ton, irruptions de réalisme, adresses au public, silences incarnés, cadrages sonores ou lumineux violents, dans la lignée d’un théâtre à la Ostermeier.

Au cœur du spectacle, le désir est politique.
Aimer, ici, c’est mettre son corps en jeu dans une société qui nie les pauvres, méprise les femmes, ridiculise les déviants. Ce n’est pas une Esmeralda érotisée que l’on verra, mais une jeune mendiante, coupable d’avoir dansé, livrée aux caprices d’un prêtre en crise, d’un soldat glacial, et d’un peuple aveugle. La cathédrale devient alors le lieu d’un sacrifice païen, où la beauté est pendue, et le silence sonne la fin.

Pour un public sensible au théâtre contemporain, pour ceux qui aiment les classiques reconfigurés avec radicalité, pour les amoureux du texte, et ceux qui n’ont jamais vu Quasimodo autrement que dans un dessin animé.

1.2.3.TCHEKHOV !

Un triptyque de comédies brèves d’Anton Tchekhov

Bienvenue dans l’univers de Tchekhov, où le comique se moque du tragique, où personne ne s’écoute vraiment, et où la vie ressemble à une mauvaise pièce de théâtre qu’on serait condamné à jouer jusqu’au bout.

Trois histoires d’hommes. Trois effondrements. Un même génie du ratage.

Dans Le Chant du cygne, un vieux comédien ivre se réveille seul dans un théâtre vide. Entre deux tirades pathétiques de Shakespeare, il réalise que son existence n’a été qu’une longue comédie ratée. Applaudissements factices, souvenirs délirants : le rideau tombe sur une carrière qui n’a jamais vraiment existé.

Tragédien malgré lui nous offre un fonctionnaire transformé en bête de somme domestique. Courses sans fin pour la famille et les voisins. La liste s’allonge jusqu’à l’asphyxie. Ce qui devait être une simple sortie devient un calvaire où chaque demande supplémentaire l’enfonce un peu plus dans l’hystérie. Martyr du quotidien, il porte sa croix avec une dignité tragique totalement disproportionnée.

Dans Duel (adaptation pour deux comédiens de la nouvelle Un Duel), deux hommes que tout oppose – un scientifique arrogant et un fonctionnaire dépressif – se détestent jusqu’à l’affrontement final. Pistolets à l’aube ! Sauf que personne ne sait vraiment pourquoi ils se battent. L’honneur ? L’orgueil ? L’ennui monstrueux de la vie de province ? Le duel devient une farce métaphysique où chacun espère secrètement manquer sa cible.

Le lien entre ces trois textes ? L’art tchékhovien de transformer l’échec en spectacle jubilatoire. Les personnages s’effondrent avec panache, hurlent leur désespoir dans le vide, et se débattent dans des drames qu’ils ont eux-mêmes fabriqués. Ils sont grotesques, touchants, insupportables – et terriblement humains.

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Précédents spectacles de la compagnie Théâtre Odyssée joués au Théâtre de l’Épée de Bois : Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke (2023 et 2024) et Les Carnets de Harry Haller, extrait du roman Le Loup des steppes de Hermann Hesse (2024).

Précédents spectacles de la Compagnie du Sablier joués au Théâtre de l’Épée de Bois : Vincent van Gogh, la quête absolue (2024), Bartelby le scribe d’Herman Melville (2024).

COMBUSTIONS

« Combustions » nous plonge dans l’intimité secrète des lettres d’amour des écrivain.es s’adressant à leurs amant.es.
Rédigés sous le sceau de l’impérative nécessité, les mots écrits sous emprise passionnelle tremblent et grondent et déploient des harmoniques d’exception. Valeurs, civilité, bon goût, décence, moralité, sagesse, ce qui fait société disparait au profit de la démesure amoureuse.
Ces mots ne sont pas fabriqués pour le métier, ils sont destinés à être lus non pas par le plus grand nombre mais par un.e seul.e.

Souvent « non manifeste sed quasi in occulto », ils constituent un corpus de médecine d’urgence. Ce sont des mots qui témoignent de l’ouragan des sentiments, ils appartiennent au domaine de l’intrigue, de l’exaltation, de la menace et de la supplication. La puissance intellectuelle est à son comble. Styles et talents sont mobilisés à 200% au service d’une cause personnelle.

C’est une littérature du point de fusion,
une littérature de l’incandescence,
le pronostic vital semble engagé dans chaque syllabe.

Le spectacle est composé comme un tour de chant. Chaque lettre est accompagnée de sa chanson populaire ou d’un extrait de chanson dont le refrain peut, à tout moment, être repris en chœur par le public.
Les Souffleurs désamorcent la nature volcanique de cette littérature en chantant l’amour sous toutes ses formes.
À chaque lettre, sa ritournelle.

Car il s’agit bien d’amour de l’amour dans ce spectacle.
Nous nous moquons de nous-même, tendrement. Car l’Homme est ainsi fait : fou, il a inventé l’amour pour se brûler lui-même et chanter la passion, la douleur et la joie.
Amoureux de l’amour nous sommes et serons toujours. Et ce que nous pouvons – la passion de l’un.e pour l’autre – cette merveilleuse puissance irrationnelle dont l’être humain est capable, la machine, l’Intelligence Artificielle par exemple, en sera toujours privée !

L’amour est une maladie qui nous guérit.
L’amour est un antidote, Combustions le prouve.

LES BEAUX DRAPS

De la femme que je suis à la clowne qui vit en moi, quelle est la frontière ?
Solo de clown(e) contemporain… ou contemplatif.
Parler du corps, du dedans, de ce qui le traverse et de ce qui en sort.
Parfois ça déborde et c’est gênant.
Ça ne sera pas que drôle, c’est dur et doux, sale et beau, sensible et sauvage.

Prohöck Niak découvre son corps vivant et changeant au fil des saisons. Elle nous convie au spectacle de ses bouleversements corporels qui donnent à voir son intimité physique, à la fois singulière et universelle.

De métamorphose en métamorphose, elle se découvrira elle-même grandie.

Prohöck : condiment cambodgien à base de pâte de poisson fermenté. Répugnant par sa forte odeur mais essentiel pour révéler les saveurs.

Niak : il faut en avoir pour faire ce que nous aimons.

Le spectacle plonge dans l’intimité du corps féminin et des différentes métamorphoses qu’il peut traverser tout au long d’une vie (la naissance, la découverte de son propre corps, les premières règles, les désirs naissants, la grossesse, l’accouchement, l’avortement, la vieillesse…

Concernant la communication du spectacle, il importe de ne pas en dire trop afin de laisser place à la polysémie dans l’interprétation. Le sujet est traité de façon métaphorique et symbolique justement pour permettre cela. À aucun moment, la clowne ne nomme explicitement ce qui lui arrive. Chaque évènement corporel se vit comme une découverte naïve.

Bande-annonce

Extrait

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Extraits de presse

Et petit à petit, insidieusement, sans qu’on y prête attention au début, la parole s’invite, audible et compréhensible, les phrases arrivent, au compte-goutte, mais à point nommé. Jouant sur les mots avec espièglerie, Maly Chhum crée un art de la métamorphose physique et des correspondances poétiques. […]. La traversée effectuée ressemble à nos vies. Éphémères, dérisoires, mais transmissibles. Et si l’on rit tout du long, il pointe de ces Beaux Draps une maturité généreuse, un regard tendre et la naissance d’une belle artiste.
(lire la suite…)
Par Marie Plantin – Publié le 6 juillet 2025 – Sceneweb

Dans ce solo contemplatif, tout se retourne, les vêtements et les entrailles. Avec beaucoup de subtilité et peu de mots, des sujets profonds sont abordés tels que la naïveté face à la dé-
couverte d’un corps reproducteur, la sexualité, l’enfantement ou l’avortement, et la responsabilité collective dans ces états de vie.
Si la réalité de ses bouleversements nous saisit, la douceur de cette clown rend le spectacle accessible pour tous, drôle et profondément touchant.
(lire la suite…)
Par Billx – Publié le 23 juillet 2025- La Provence

Formée au théâtre et au clown, elle développe une œuvre hybride entre art brut, poésie du corps et humour déroutant.
(lire la suite…)
Le Progrès

HIPPOLYTE

Entre pression sociale, relations toxiques et quête identitaire, Hippolyte révèle la fragilité humaine face aux choix impossibles. Une tragédie classique qui résonne follement avec nos tempêtes actuelles.

Alors que son mari, Thésée, a disparu de la scène publique, les fragiles repères de Phèdre se brouillent définitivement. Celle qui fût solaire et brillante autrefois se retrouve à présent prisonnière d’un mariage qui n’en a que le nom.

Dévorée par l’amour qu’elle porte à Hippolyte, fils de Thésée, la jeune femme s’enlise dans un conflit intérieur où la passion se heurte à la morale. Comment alors ne pas se laisser manipuler ? Poussée par les murmures de sa nourrice, elle avoue son amour à Hippolyte. Le jeune homme porté par une vertu sans faille ou, peut-être, par des désirs indicibles, la repousse sans ménagement.

Un mensonge dévastateur déclenche alors une spirale d’accusations, de colère et d’injustice scellant le destin d’Hippolyte mais aussi celui des autres protagonistes.

Portée par une mise en scène et une scénographie résolument contemporaines, cette réinterprétation d’Hippolyte est une invitation à découvrir ou redécouvrir le théâtre classique, à se laisser porter par la beauté de la langue et la puissance des passions incontrôlables.

L’ARCHE ET LE CHÂTEAU

Suite à la perte soudaine de son fils, Mihran, un immigré arménien d’Istanbul ayant fait fortune à New-York, décide de créer un orphelinat de jeunes garçons rescapés du Génocide Arménien, en 1921. Dans un monde chancelant et sous la pression politique d’une Turquie en pleine révolution, l’orphelinat sera amené à quitter Istanbul. C’est dans un château du Loir-et-Cher, une France rurale et toujours ébranlée par la guerre, que les enfants devront s’adapter à une nouvelle vie .

Porté par un Xavier Kutalian magnifique, ce seul-en-scène nous entraîne au cœur des Arméniens qu’il incarne, dévoilant leur épopée poignante et leur parcours de survie.

Petit-fils d’un de ces orphelins rescapés, acteur sensible et puissant, il incarne différents personnages, avec émotion et humour, mêlant narration et mémoire, tout en croisant faits historiques et quotidien de l’orphelinat.

Au-delà d’un témoignage, c’est une histoire transmise, aussi forte que symbolique, celle d’un engagement, celle d’un arrachement, celle d’une intégration.

Après Un cœur simple (nomination Molières 2019 dans la catégorie « Seul en scène »), Xavier Lemaire (Qui es-tu Fritz Haber ?, Les Coquelicots des tranchées, Là-bas, de l’autre côté de l’eau, Madame Ming, Rentrée 42, … ) signe, avec L’Arche et le Château, une nouvelle mise en scène pour un comédien.

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La Presse en parle

Extrait Blog de Phaco :
« Dans l’Arche et le Château Xavier Kutalian nous convie au cœur même de l’identité arménienne, nous invitant à partager un voyage mélancolique et joyeux.»
Extrait texte :
« JE NE SUIS PAS SI VIEUX, ET LA VIE M’A DÉJÀ TROP PRIS. JE VAIS RENTRER. AUJOURD’HUI JE PRÉFÈRE MOURIR CHEZ MOI AU SOLEIL, TRUCIDÉ DANS MON LIT, UN ABRICOT À LA MAIN, PLUTÔT QUE CREVER DANS LE FROID, POUR RIEN.”

FEMME SAUVAGE

Mujer Salvaje (Femme Sauvage) est une création inspirée du texte éponyme écrit en 2023 par Carola Urioste. Elle puise dans l’archétype de la femme sauvage, développé par Clarissa Pinkola Estés dans Femmes qui courent avec les loups, tout en s’inspirant de l’expérience personnelle de l’autrice. La création part principalement du texte mais par moments mélange la danse et le théâtre. Le but est d’explorer la connexion entre le mouvement et la parole, et montrer la transformation du personnage d’une façon poétique grâce aux mouvements du corps et à la danse.

Le concept de « femme sauvage » que Clarissa Pinkola Estess a mis à jour dans son livre, est une restitution assez novatrice sur la psyché féminine de notre époque. La « femme sauvage » étant, la femme qui en paix avec son animus (le masculin de la femme), aurait réussi à se libérer et à faire « jaillir » naturellement la force et la puissance intérieure et profonde de la femme.

« Chaque femme porte en elle une force naturelle riche de dons créateurs, de bons instincts et d’un savoir immémorial. Chaque femme a en elle la Femme Sauvage. Mais la Femme Sauvage, comme la nature sauvage, est victime de la civilisation. La société, la culture la traquent, la capturent, la musellent, afin qu’elle entre dans le moule réducteur des rôles qui lui sont assignés et ne puisse entendre la voix généreuse issue de son âme profonde. » – Clarissa Pinkola Estéss.

C’est l’histoire initiatique d’une femme qui vient d’ailleurs, d’une autre « terre ». Ce voyage fera basculer toutes ses certitudes. Dans ce huis-clos, dans le coin où elle vit, au cœur de l’antre d’une étudiante parisienne, nous pénétrons l’intimité de son appartement, de sa psyché, de son âme. Dans cet espace onirique, nous devenons les témoins de l’appel de la femme sauvage qui l’invite à renouer avec sa force intérieure pour se transformer. De cette métamorphose naît une présence indomptée : celle qui refuse les moules, les silences imposés et les frontières.

LIBERTÉ AU-DELÀ DES FRONTIÈRES

Restitution du parcours artistique Femmes en Mouvement, Mouvement des Femmes et du Groupe de Paris 24.

Une performance collective réunissant les participantes du parcours artistique Femmes en Mouvement, Mouvement des Femmes et le Groupe de Paris 24 dans le cadre du parcours Dynamiques Inclusives.
Femmes en Mouvement, mouvements de femmes est un parcours artistique en collaboration avec France Terre d’Asile qui comprend un groupe de femmes réfugiées. Le Groupe de Paris 24, est composé de réfugié.es et de jeunes en voix de professionnalisation en danse et théâtre. Ce projet est soutenu par la Direction Culturelle de la Ville de Paris (DAC).

Autour du poème de Paul Éluard « Liberté », nous nous sommes rencontré·es en jouant avec les mots et les idées pour réécrire nos élans de liberté, ceux qui nous animent aujourd’hui.
Poésie des mots, chœur des corps, marche vers nos libertés : cette performance est une traversée sensible faite de rencontres partagées et d’instants suspendus.

Nous vous invitons à découvrir une performance qui marque une étape du parcours d’ateliers de théâtre et de danse contemporaine, mené en partenariat avec France Terre d’Asile en 2025 et le Groupe de Paris né en 2024, lors du projet européen La Nomad House.

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Liberté au-delà des frontières se déploie comme un tableau poétique vivant, à la croisée du théâtre, de la danse et de la poésie.

Une dizaine d’interprèt·es investissent le lieu, transformant in situ l’espace en un terrain d’expression et de résonance.

Chaque performance est pensée comme une rencontre singulière avec le lieu : un musée, une salle, une cour, une place publique — autant de contextes qui influencent le rythme, la spatialité et la respiration du groupe. L’espace devient partenaire, témoin et matière de jeu.

D’une durée d’environ quinze minutes, la performance s’organise comme une partition sensible : un chœur chorégraphique en donne la pulsation, tandis que s’en détachent des voix singulières, des éclats de textes partagés, des improvisations dansées, du slam, des respirations poétiques.
Le français y tient le rôle d’un langage commun, d’un espace d’accueil où se glissent, par touches, des mots et des sonorités venues d’ailleurs.

Dans une atmosphère intime et poétique, les participantes composent une fresque mouvante, éloge des libertés multiples — celles du corps, de la parole et de la rencontre.
Le public est invité à se laisser bercer par ces vibrations collectives, à écouter la résonance des mots et des gestes, et à partager ce moment suspendu où s’invente une liberté commune, au-delà des frontières.

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Compagnie Artistique Théâtre
L’Artistique Théâtre, née en 2004, se distingue par son engagement dans la création de spectacles vivants mêlant théâtre, danse contemporaine, musique et audiovisuel. La compagnie développe une démarche artistique de laboratoire, intégrant recherche documentaire, littéraire et artistique, tout en mettant l’accent sur le travail du corps, l’improvisation et le plurilinguisme.
Elle favorise également les échanges entre artistes et public, à travers répétitions ouvertes, conférences, débats ou rencontres, et a ainsi construit au fil de ses créations une identité artistique forte et singulière.

La transmission et la pédagogie occupent une place centrale dans la mission de l’Artistique Théâtre. La compagnie favorise les échanges entre des publics intergénérationnels et les artistes, créant ainsi une connexion significative qui enrichit l’expérience. À travers ces interactions, la compagnie cherche à élargir les horizons culturels et à susciter des réflexions profondes sur la condition humaine.
Au cœur de tous les projets de la compagnie se trouve la valeur fondamentale de la dignité humaine.
Cette préoccupation éthique guide les choix artistiques et oriente la vision de l’Artistique Théâtre vers la création d’un vivre-ensemble plus juste, égalitaire et inclusif. La compagnie utilise la puissance de la création artistique comme moyen d’expression pour s’engager activement dans la construction d’une société plus harmonieuse.

Avec France Terre d’Asile
Avec le soutien de la Direction Culturelle de la Ville de Paris 

13 LUNES POUR MES SŒURS

13 Lunes pour mes Sœurs

Dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, Le Théâtre de l’Épée de Bois a proposé à notre compagnie de présenter 13 Lunes pour mes Sœurs déjà présenté dans le cadre des Journées du Matrimoine organisées par HF Île-de-France à la MVAC 75011 Paris et à la Bibliothèque du Chesnay Rocquencourt en Yvelines.
La route continue autour de notre lecture spectacle. Nous partagerons avec vous dans le foyer du Théâtre, les fragments de vie en récit, poésie, musique , chansons, des poétesses et autrices, Marceline Desbordes-Valmore, Louise Ackermann, Emily Dickinson, Christina Rossetti, Marie Krysinska, Marie Nizet, Valentine de Saint-Point, Renée Vivien, Else Lasker-Schüler, Cécile Sauvage, Catherine Pozzi, Marina Tsvetaeva, Claude Cahun.
Toutes ces poétesses et autrices ont un point commun, celui d’avoir été empêchées d’aller en totale liberté sur le chemin. Et elles ont résisté. Il y a une telle réunion entre la pensée, la création, dans leur lutte, leur combat pour les libertés d’être tout simplement que ni le Plagiat, la misogynie, la guerre, l’exil, la maladie, n’ont pu arracher leur force de vie côtoyant la mort.

Odile Michel

Par
la Compagnie En Toutes Libertés

Avec

Odile Michel | écriture dramaturgique
Tatiana Karma | interprétation
Emilie Momplay | interprétation, musique, chant

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HF Île-de-France
Est une association au cœur de la Citée Audacieuse, un lieu incontournable pour faire entendre la voix des femmes.
L’association HF Île-de-France est née en novembre 2009, à l’initiative de femmes et d’hommes travaillant dans le domaine du spectacle, de la radio et du cinéma. Elle s’inscrit dans la fédération inter-régionale du Mouvement HF, composée de 9 collectifs comprenant plus de 1000 adhérent.e.s.
HF Île-de-France a pour objet le repérage des inégalités entre les femmes et les hommes dans les milieux de l’art et de la culture, la mobilisation contre les discriminations observées, et l’évolution vers la parité.
L’association contribue à l’orientation des politiques publiques et des actions artistiques et culturelles vers l’égalité réelle femmes/hommes : dans la distribution des postes de responsabilité et des moyens de production, dans la composition des jurys et des instances de décision, dans les programmations, etc.

Notre équipe
Les instances de direction d’HF Île-de-France (bureau et CA) se composent de 6 bénévoles, entouré·e·s par un réseau actif d’adhérent·e·s dans le cadre de groupes de travail thématiques et d’actions ciblées.
L’association compte également un·e coordinateur·trice salarié·e et, le cas échéant, un·e stagiaire ou un·e volontaire en service civique. Tou·te·s les adhérent·e·s sont invité·e·s aux réunions et évènements organisés par l’association, pour entendre, échanger et participer.

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La Cité Audacieuse
Est une association culturelle située au 9 rue de Vaugirard, paris 6e.
Oser. Créer. Rassembler.
La Cité Audacieuse est née d’un rêve simple mais ambitieux : offrir un lieu pérenne, vivant et ouvert, entièrement dédié à celles et ceux qui œuvrent chaque jour pour l’égalité entre les femmes et les hommes.
Ce rêve, nous l’avons transformé en réalité au cœur de Paris, dans une ancienne école devenue un laboratoire d’engagement, de solidarité et d’innovation sociale. Ici, tout porte l’empreinte de l’audace, au sens du courage qui brave les obstacles, les habitudes et les goûts dominants, l’audace donc, de toutes les militantes, bénévoles, juristes, artistes, entrepreneures et allié·e·s qui refusent de baisser les bras face aux inégalités et aux violences.

La Cité Audacieuse : un lieu vivant et engagé, où l’on croit en la force du collectif, en la puissance de la sororité et en la beauté de l’engagement.

La Cité Audacieuse, c’est un écosystème unique en France : un lieu de travail pour les associations féministes, un espace de dialogue pour les citoyen·ne·s, un café associatif, un studio de podcast, des événements, des formations, des permanences juridiques. C’est un lieu de vie, de lutte, de transmission.
Mais surtout, c’est une utopie. Celui d’une société qui reconnaît enfin que les droits des femmes ne sont pas une option, mais une condition essentielle de la démocratie.
À toutes celles et ceux qui franchissent nos portes : bienvenue dans un lieu où l’on croit en la force du collectif, en la puissance de la sororité, et en la beauté de l’engagement.
Continuons à oser. Ensemble.

Anne-Cécile Mailfert, Présidente de la Fondation des Femmes