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LE DIBBOUK – Entre deux mondes

« … Un grand malheur est arrivé, l’âme de Khanan, qui est mort,
a pris possession du corps de Léa ! … C’est un dibbouk !!! »

Le Dibbouk, œuvre majeure du théâtre yiddish créée en 1920, avait déjà impressionné par son audace, sa force poétique, et sa modernité, les grands metteurs en scène de son époque (Stanislavski, Vakhtangov, Gaston Baty…)
La pièce raconte l’histoire d’une destinée amoureuse contrariée au milieu d’un drame mystique.
À l’instar des grands drames amoureux, Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, Orphée et Eurydice, l’amour entretient ici une relation poignante avec la mort et l’éternité.
Jamais dans une œuvre ne fut poussée aussi loin l’union des amants. L’âme du défunt aimé habite le corps de sa fiancée : c’est un scandale contre l’ordre du monde, les lois sociales, les convenances.
Comme l’indique son sous-titre, Le Dibbouk est un entre deux mondes. Il nous amène entre le monde des vivants et celui des morts, entre l’ancien monde qui vacille et le nouveau qui peine à naitre dans le bruit et la fureur. Cette tension dramatique qui traverse l’œuvre résonne avec nos inquiétudes contemporaines.

LE TRIBUNAL DES FAUSSES CROYANCES

« Entrez, prenez-place. L’audience va commencer.
J’entre. Tout le monde me regarde.
Entre moi, la comédienne et la clowne, il n’y a qu’un pas.
Et entre Nous, il y a Vous. La société, l’école, la famille…
Et les mots qui grouillent. Les voix qui nous habitent. Ces petites phrases que l’on entend parfois depuis l’enfance et qui résonnent encore à l’âge adulte.
Quelles chaînes invisibles laissent-t-elles en et autour de nous ? Aurais-je été quelqu’un d’autre sans elles ?
Alors, qui suis-je vraiment ? Où est ma place ? Suis-je plusieurs ?
Et Vous ? Qui vous a dit qui vous étiez ? Et si la petite voix dans notre tête n’était pas la nôtre ? »

Le Tribunal Des Fausses Croyances invite à la quête d’identité et de liberté face aux injonctions que nous impose la société. Un procès décalé qui questionne nos croyances et la place qu’elles prennent dans Nos vies. Une expérience à la fois intime et collective, où chacun.e peut être amené.e à se questionner sur ses propres croyances, comme un écho à sa propre histoire.

À la fois, juge, témoin, avocate, la créature clowne nous embarque dans cette affaire sensible où se côtoient intensité, folie douce… et le rire, pour nous unir.

Verdict ?

Nelly Paulin

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L’IRRÉSISTIBLE ASCENSION DE L’INSOLENTE MARION

En Bretagne, dans la région du Faouët, une jeune femme s’est levée contre la misère et l’oppression. Elle n’ira plus tendre sa main aux riches mais les détroussera.
À l’aube de la Révolution Française, le vieux Mahé et ses amis content et jouent l’histoire de leur amie, et nous font partager les fabuleuses aventures d’une brigande légendaire, insolente et libertaire.
Une comédie héroïque en 1 prologue, 12 tableaux, 2 épilogues et beaucoup trop de personnages, écrite presqu’entièrement en alexandrins et qui interroge notre capacité à désobéir.

*

L’histoire de Marion du Faouët est en cela fascinante qu’elle va à contre-courant de toutes les normes sociales et de genre. C’est un récit de désobéissance et d’interrogation des stéréotypes dans une époque, sans doute plus affectée qu’aujourd’hui par la misère et le sexisme, mais qui résonne cependant étrangement avec l’actualité, à travers le fossé des inégalités qui se creusent et le retour à une pensée de plus en plus conservatrice.
En étudiant l’époque, je m’aperçois que les leviers qui organisent la société n’ont quasiment pas changé depuis l’Ancien Régime : récit justifiant les inégalités, opacité des règles, conflits d’intérêts, désir mimétique, boucs émissaires, dévalorisation du féminin, stigmatisation des plus fragiles. Tout ceci permet de soumettre une majorité d’opprimés au profit d’une poignée de privilégiés, sans jamais remettre en question l’ordre social.
Ce constat me passionne et me guide dans l’écriture de la pièce. J’imagine alors des scènes où mon héroïne, très consciente des mécanismes qui l’oppressent, comprend comment les retourner à son avantage. 

Emma Debroise

EMELINA CUNDIAMOR

Emelina Cundiamor raconte l’histoire poignante d’une femme noire qui, dans un acte de sacrifice, abandonne ses valeurs culturelles pour favoriser l’ascension sociale et professionnelle de son mari. Après avoir étudié à l’étranger, ce dernier, devenu un homme « transculturel », renie ses origines et change même son nom, de Benito Galarraga à Tibor. Cette transformation soulève des questions profondes sur l’identité, la culture et le prix à payer pour l’intégration.

 

VILLA DOLOROSA

Trois sœurs, trois anniversaires, une villa qui s’effrite. En transposant Tchekhov dans notre époque, Rebekka Kricheldorf signe une œuvre aussi drôle que désespérée.

Dans ce salon bourgeois où le temps semble suspendu, nous découvrons des êtres cultivés jusqu’à la paralysie, conscients de leur condition mais incapables de s’en extraire.

Le spectateur devient complice de ces rituels où l’on parle sans agir, où les velléités de changement se heurtent à l’attrait secret de l’immobilisme. Quand des éléments extérieurs viennent perturber cet équilibre fragile, l’ambivalence des personnages éclate au grand jour.

Des parents cultivés et russophiles ont donné à leurs enfants, outre le goût de l’art, des prénoms tchekhoviens. Irina, l’éternelle étudiante qui traîne en pyjama, est la cadette, entre Olga, enseignante et rationnelle, et Macha, la benjamine, qui s’échappe quotidiennement d’un mariage tiède en traversant la rue pour rejoindre la maison familiale, ses sœurs et son frère Andreï, qui n’en finit pas de peaufiner son futur livre. Projet plus que jamais relégué au second plan car il est tombé amoureux.
L’arrivée de Janine, la copine, si elle provoque une série de décalages, apporte un souffle neuf, un sens certain des réalités. Et puis il y a Georg, ami d’Andreï, visiteur assidu de cette villa où il trouve l’air et la fantaisie dont le prive son existence engluée entre une femme suicidaire et une carrière dont la banalité le désole.

Année après année, rien ne change, les anniversaires sont invariablement gâchés. La famille s’agrandit, le temps coule, les mots resurgissent, comme les maux, triviaux et métaphysiques.

Car on parle, et beaucoup, entre les murs de la Villa Dolorosa – figurés dans une sorte d’opulence dépouillée. On se dit tout, sans filtre et sans tabou, entre les membres de la famille Freudenbach (ruisseau de joie, littéralement). Tout. Avec une franchise exubérante et mélancolique, une férocité terrible parfois. Avec surtout un amour qui, pour cruel qu’il soit, déborde de partout.

NOTRE-DAME DE PARIS — ‘ANÁΓKH

Cette adaptation de Notre-Dame de Paris se déroule dans un monde sans époque précise, mais que tout le monde reconnaît.
La cathédrale n’est plus un monument figé, elle devient un corps de métal, un bastion vertical, un théâtre de pierre où s’écrase tout ce que l’humanité a d’irrécupérable : la misère, la solitude, le désir, le pouvoir.
Il n’y a pas de reconstitution historique ici.
Pas de folklore, pas de dentelles, pas de “Gitane romantique”. Seulement des hommes et des femmes jetés dans une société qui les dévore.

Esmeralda n’est pas une muse. Elle est une survivante.
Quasimodo n’est pas une âme pure. Il est un silence.
Frollo n’est pas un monstre. Il est un homme brisé.
Phoebus n’est pas un héros. Il est un vide.
Clopin n’est pas un roi. Il est un misérable.
Chaque personnage lutte pour exister dans un monde où la beauté, la morale, la justice ne sont plus que des masques.

La pièce se resserre sur six figures principales (Esmeralda, Frollo, Phoebus, Quasimodo, Clopin, Gringoire), épurées à l’os, et traverse leur chute inexorable.
L’amour devient une punition.
La religion, une pulsion refoulée.
La justice, un théâtre d’exécution.

Le texte puise dans le souffle d’Hugo, sa rage, ses visions, ses violences, mais est entièrement réécrit.
C’est une langue lyrique et brutale, traversée par des métaphores et des silences étouffants.
Le style s’inspire du théâtre européen contemporain : ruptures de ton, irruptions de réalisme, adresses au public, silences incarnés, cadrages sonores ou lumineux violents, dans la lignée d’un théâtre à la Ostermeier.

Au cœur du spectacle, le désir est politique.
Aimer, ici, c’est mettre son corps en jeu dans une société qui nie les pauvres, méprise les femmes, ridiculise les déviants. Ce n’est pas une Esmeralda érotisée que l’on verra, mais une jeune mendiante, coupable d’avoir dansé, livrée aux caprices d’un prêtre en crise, d’un soldat glacial, et d’un peuple aveugle. La cathédrale devient alors le lieu d’un sacrifice païen, où la beauté est pendue, et le silence sonne la fin.

Pour un public sensible au théâtre contemporain, pour ceux qui aiment les classiques reconfigurés avec radicalité, pour les amoureux du texte, et ceux qui n’ont jamais vu Quasimodo autrement que dans un dessin animé.

1.2.3.TCHEKHOV !

Un triptyque de comédies brèves d’Anton Tchekhov

Bienvenue dans l’univers de Tchekhov, où le comique se moque du tragique, où personne ne s’écoute vraiment, et où la vie ressemble à une mauvaise pièce de théâtre qu’on serait condamné à jouer jusqu’au bout.

Trois histoires d’hommes. Trois effondrements. Un même génie du ratage.

Dans Le Chant du cygne, un vieux comédien ivre se réveille seul dans un théâtre vide. Entre deux tirades pathétiques de Shakespeare, il réalise que son existence n’a été qu’une longue comédie ratée. Applaudissements factices, souvenirs délirants : le rideau tombe sur une carrière qui n’a jamais vraiment existé.

Tragédien malgré lui nous offre un fonctionnaire transformé en bête de somme domestique. Courses sans fin pour la famille et les voisins. La liste s’allonge jusqu’à l’asphyxie. Ce qui devait être une simple sortie devient un calvaire où chaque demande supplémentaire l’enfonce un peu plus dans l’hystérie. Martyr du quotidien, il porte sa croix avec une dignité tragique totalement disproportionnée.

Dans Duel (adaptation pour deux comédiens de la nouvelle Un Duel), deux hommes que tout oppose – un scientifique arrogant et un fonctionnaire dépressif – se détestent jusqu’à l’affrontement final. Pistolets à l’aube ! Sauf que personne ne sait vraiment pourquoi ils se battent. L’honneur ? L’orgueil ? L’ennui monstrueux de la vie de province ? Le duel devient une farce métaphysique où chacun espère secrètement manquer sa cible.

Le lien entre ces trois textes ? L’art tchékhovien de transformer l’échec en spectacle jubilatoire. Les personnages s’effondrent avec panache, hurlent leur désespoir dans le vide, et se débattent dans des drames qu’ils ont eux-mêmes fabriqués. Ils sont grotesques, touchants, insupportables – et terriblement humains.

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Précédents spectacles de la compagnie Théâtre Odyssée joués au Théâtre de l’Épée de Bois : Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke (2023 et 2024) et Les Carnets de Harry Haller, extrait du roman Le Loup des steppes de Hermann Hesse (2024).

Précédents spectacles de la Compagnie du Sablier joués au Théâtre de l’Épée de Bois : Vincent van Gogh, la quête absolue (2024), Bartelby le scribe d’Herman Melville (2024).

LA DERNIÈRE BANDE

S’il est vrai que nous avons  la capacité d’enregistrer tous nos moments de vie ; nous pouvons donc chercher dans les souvenirs un moyen de comprendre le présent. Nous dirions alors que nous écoutons la dernière bande de nos vies.  Dernière, car pour certaines personnes il n’y a pas de lendemain. Il n’y a que le présent.

OH LES BEAUX JOURS

Plus le temps passe plus on fait appel au passé pour retrouver l’hypothétique bonheur. Lorsque les instants présents nous semblent dérisoires ou même absurdes, il nous arrive de jeter un regard en arrière en quête d’un possible sens au présent. Mais, hélas, les beaux souvenirs sont toujours accompagnés des mauvais. La vie n’étant qu’une succession de jours et de nuits. Faut-il arriver au seuil de la mort, voulue ou subie, pour faire le bilan des nos beaux jours écoulés ? Voilà la question que le Poète nous poserait avant, pendant et après avoir vu sa pièce.

En savoir plus

À CONTRE-COURANT

Nous avons l’honneur d’être soutenus par l’équipe de l’Épée de Bois qui nous accueille dans son magnifique théâtre pour une semaine fin juin 2024.

Les vendredi 28 et samedi 29 juin nous y chanterons À contre-courant !

Entre guerres, crise climatique, attaques des droits sociaux… il nous semble plus que nécessaire, quoi qu’il arrive, de continuer de s’entraîner à naviguer À contre-courant. « Ils peuvent empêcher les fleurs de pousser, ils n’empêcheront jamais le printemps d’arriver. » Pablo Neruda

À contre-courant à L’Épée de Bois les 28 et 29 juin : deux occasions de voir notre spectacle dans un cadre exceptionnel !

ATTENTION : ce n’est pas un dîner-spectacle ! Une petite restauration sera prévue sur place.

Pour décider dans quelle salle nous jouerons (la grande salle en pierre ou celle plus petite en bois) nous avons besoin que vous réserviez tôt, c’est pourquoi nous avons mis en place un tarif évolutif :
– Si vous réservez avant le 31 mai, vous bénéficierez de tarifs promotionnels !
– Au-delà du 31 mai, les réservations se feront aux tarifs « habituels ».