« Cette simplicité de l’âme, nous consacrons notre vie à l’acquérir, ou à la retrouver si nous l’avons connue, car c’est un don de l’enfance qui le plus souvent ne survit pas à l’enfance… Une fois sorti de l’enfance, il faut très longtemps souffrir pour y rentrer, comme tout au bout de la nuit on retrouve une autre aurore. Suis-je redevenue enfant ?… »
Cette ultime question de la Prieure au moment de son agonie est aussi la dernière réponse de Blanche de la Force pour traverser sa peur et accéder à la Joie. La clé de la Joie profonde ne serait-elle pas d’accepter la peur qui est au rendez-vous de chacune de nos vies ? Ou plutôt nous laisser traverser par elle au lieu d’en avoir honte, de vouloir l’ignorer ou de la fuir ? Le vide absolu par lequel la perspective et l’acceptation d’une mort violente font passer chacune de ces femmes, se mue en joie pleine du don de soi dans l’accueil sans réserve de l’éternel présent.
Après les Frères Karamazov, les « Dialogues des Carmélites » – célébration de la tragédie de l’être – se présentent comme une continuité dans la trajectoire du Théâtre de l’Arc en Ciel, pour trouver avec nos contemporains, en ces temps troublés, des nourritures substantielles capables de fortifier l’homme intérieur.
D’où la présentation de ces Dialogues – non pas d’abord comme l’histoire de ces carmélites conduites à l’échafaud dont le sacrifice sonna la fin de la Terreur – mais traitée de manière plus universelle comme une fête inspirées des célébrations théâtrales grecques antiques.
Archives pour la catégorie Archive
LE CHOIX
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Spectacle tout public à partir de 12 ans.
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DIALOGUE AVEC UN PRÊTRE
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Étienne RATTIER
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LA FAMEUSE TRAGÉDIE DU RICHE JUIF DE MALTE
Une œuvre doit être la hache qui fend la mer gelée qui est en nous pour reprendre les termes de Kafka.
Sous nos yeux un peuple se débat pour ne pas succomber sous le poids d’une dette dont on le rend responsable. La dette est l’un des rouages essentiel du système économique sous lequel nous vivons. C’est au travers de cette même « dette » qu’il y a cinq siècles déjà, au cœur même de l’Europe, un poète anglais, Marlowe, essaye de penser sans illusions la nature d’un monde qui est toujours le nôtre et qui sous ses yeux, en 1589, commence à s’édifier. Avec la fin des valeurs, religieuses, collectives, morales, seuls vont compter désormais le pouvoir et la richesse acquis par la force ou la ruse.
Marlowe choisit un « monstre », une caricature scandaleuse pour mettre à jour les « racines du mal » comme Charlie Chaplin le fera en 1947 avec Monsieur Verdoux.
Dans la lignée de Villon, Rimbaud, Genet ou Pasolini, Marlowe fut un artiste subversif et il nous parle encore.
Bernard Sobel
OCCIDENT
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LA DEMANDE D’EMPLOI
1971. Peu avant la crise du « choc pétrolier », la compétitivité est à l’honneur. De nouvelles méthodes de management envahissent l’entreprise. Un cadre au chômage, flanqué d’une épouse inquiète et d’une fille adolescente en rébellion, fait l’expérience cruelle de la recherche d’emploi et de l’entretien d’embauche intrusif.
Son combat désordonné pour exister dignement, avoir de lui-même une image honorable, balance entre le désespoir et la farce. Comment sortir de l’ornière du chômage et de la peur du vide qui l’accompagne, échapper à la dépression qui guette, faire enfin partie du monde éminemment enviable de ceux qui sont « arrivés » ? Mais arrivés à quoi ?
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JAURÈS OU LA NECESSITE DU COMBAT, RALLUMER TOUS LES SOLEILS
A partir de 14 ans
LE CHANT DE KARASTAN
Créé initialement en 1993 dans le cadre d’une commande du Festival d’Avignon, le spectacle chorégraphique « Le chant de Karastan » en hommage à l’ Arménie devient aujourd’hui une nouvelle œuvre à l’occasion des commémorations du « Centenaire du génocide arménien».
« Le Chant de Karastan », trois pièces à la fois autonomes et liées qui font fil à la conscience pour nous mener à la source de quelques uns des mythes fondateurs d’un peuple (la montagne, l’alphabet, l’église), pour nous faire partager quelques élans de sa culture, pour nous ouvrir tendrement aux formes nouvelles d’un art à venir. L’émotion vivante des mythes, la chaleur de l’histoire, l’ardeur de l’avenir, un chant de mémoire collective.
Spectacle tout public à partir de 6 ans
LES ATELIERS DE LA MEZZANINE
La rencontre Editer-Lire est l’occasion de révéler les liens indissociables entre l’écrivain et l’éditeur. François Minod a publié aux Editions Hesse, plusieurs recueils illustrés par Catherine Seghers. Le travail de passeur dont se réclame Jacques Hesse, fondateur des éditions, dit assez la belle nécessité du geste.
Tout écrivain vit intensément le moment d’adresser le manuscrit. L’éditeur représente alors l’unique possibilité de donner à lire.
L’association Le Lire et Le Dire sera le relais pour faire découvrir le catalogue des Editions Hesse et faire entendre des extraits du dernier recueil de François Minod : Tant que les mots disent…
LORCA ET LE CANTE JONDO
Le cante jondo est l’expression première de ce qui deviendra, au XIXeme siècle, le flamenco. Chant de la nuit, de l’amour et de la mort, il nourrit l’œuvre de notre poète comme une sève épaisse et lumineuse.
En 1921 le jeune Federico, enthousiasmé alors davantage par la musique que par la poésie, plonge de la main de son maître Falla, pendant plus d’un an dans un travail de recherche sur le cante jondo, parcourant les petits villages des montagnes d’Andalousie. Il écrit alors un recueil de poèmes et une conférence sur ce chant primitif andalou, expression artistique formidable qu’il s’efforçait (comme tant d’autres) de ne pas laisse périr.
Conférence aussi savante que poétique et pleine d’inspiration, poèmes aigus et profonds comme l’âme de Federico que nous entourons pour ce spectacle du son de la guitare flamenca, du jeu des cordes et de la main qui traverse le temps avec la tresse de la siguiriya, la taranta, la soleá …