Archives pour la catégorie se joue en Mars 2027

HILDA

Hilda. L’histoire d’une femme qu’on ne voit jamais, qu’on n’entend pas, qu’on ne rencontre jamais. Une héroïne dont on parle en permanence mais dont on ne sait rien. Les autres pensent pour elle, choisissent pour elle. Elle est le fantasme de tous.

On croit avoir à faire à une pièce sociale sur la lutte des classes, sur la place de la femme… Le propos est là, certes mais petit à petit une autre perception arrive plus profonde, plus souterraine.

On entre dans la pièce avec légèreté, avec sourire et petit à petit, sans s’en apercevoir une machine infernale se met en place, nous broie. Plus aucune issue n’est possible. L’architecture de cette pièce est implacable. On perçoit progressivement la partie trouble, inquiétante des personnages, les méandres de l’âme humaine, nos fêlures, notre relation au pouvoir, notre besoin de domination, nos aliénations intimes, notre vampirisme, notre folie.

Dans ce conte, la monstruosité fait partie de notre « humanitude ». Elle est à la fois contemporaine, quotidienne, bourgeoise, elle fait partie de nous, dans une totale évidence.

Mme Lemarchand a besoin d’une femme de peine. Ce sera Hilda. Mme Lemarchand la veut pour le ménage, pour son service, pour ses enfants. Le seul nom d’Hilda l’envoûte, la fascine. Elle la veut pour elle seule, totalement, entièrement. Mme Lemarchand n’a pas l’intention d’exploiter Hilda, ni même de la regarder comme sa bonne. Mme Lemarchand est une femme de gauche. Elle veut éduquer sa servante, la former à la chose politique, lui apprendre à penser. Il lui faut aussi l’amitié d’Hilda, toute la vie d’Hilda et l’illusion d’une égalité possible. Comment supporter, sinon, d’être servie ? Marie Ndiaye aime jouer avec la cruauté des situations quotidiennes. Elle les mène jusqu’aux limites du supportable. En ces tréfonds, le réalisme flirte avec le fantastique : la fascination devient envoûtement, la domination vampirisme, le cocasse terrible.

LA FONTAINE CE MÉCONNU

La liberté face à la Tyrannie

Une aventure à la croisée de la musique et de la poésie théâtralisée

À la découverte de textes inédits de Jean de La Fontaine. Dans l’atmosphère musicale de son siècle, La Fontaine nous parle de la libre beauté. les pièces de clavecin de Louis et François Couperin serviront d’écrin à cette promenade à la fois intimiste et engagée.

Tandis que des volutes de piano improvisées accompagneront ce lucide penseur depuis le loup dans la forêt jusqu’à notre présent.

ZOOM

C’est l’histoire de l’amour incommensurable d’une mère pour son fils.

C’est l’histoire d’une mère qui est prête à tout pour offrir la meilleure vie à son fils. C’est l’histoire d’une réussite…

Fin septembre, réunion de parents d’élèves : elle est là, « la mère du Burt ». Celle qu’on n’a pas vue depuis des années, celle qu’on aurait sans doute préféré ne pas revoir. Elle n’a plus aucune raison d’être là, pourtant elle s’est invitée. Alors, comme le prof principal est en retard, elle se lève et parle. Elle commence par là où tout a commencé, en plein « Hollywood »…

Puis elle va nous embarque dans un tourbillon de vie entre Sochaux et Sartrouville où elle va tout faire pour que son Burt connaisse un destin autre que le sien, un destin de star.

Et au fil de ce parcours clownesque, une vraie émotion se dévoile peu à peu. On comprend alors qui elle est, et pourquoi elle est là…

COMMENT TOMBENT LES ROIS

Comment tombent les Rois plonge dans la tourmente révolutionnaire française, de 1788 à 1794, à travers la saga d’une fratrie. Nicolas, pupille d’une aristocrate, reçoit l’enseignement des Lumières et devient avocat, animé par le désir d’une monarchie parlementaire et d’une société plus égalitaire. Gabriel, son demi-frère, génie libre et provocateur, refuse les carcans académiques et met son talent de dessinateur au service du journal L’Ami du Peuple, se rapprochant de Marat. Marianne, demi-sœur ambitieuse et artiste elle aussi, lutte pour exister en tant que femme mais succombe aux charmes du Marquis, sacrifiant ses idéaux pour la sécurité et le prestige.

La pièce raconte la montée des tensions, l’effondrement des idéaux et l’embrasement des passions. Nicolas, député modéré et amoureux de Manon Roland, est déchiré entre fidélité familiale et engagement politique. Gabriel, consumé par sa haine de l’aristocratie et du clergé, devient juré du tribunal révolutionnaire, implacable et inflexible. Marianne oscille entre ambition et renoncement. En 1793, arrestations et exécutions bouleversent leurs vies.

Inspiré par Les Dieux ont soif d’Anatole France, Comment tombent les Rois montre les idéaux des Lumières – liberté, égalité, raison – engendrant la Terreur. Un spectacle foisonnant, porté par une troupe de dix comédiens, mêlant projections, décors et costumes, où la fragile grandeur des hommes se heurte aux orages de l’Histoire.