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COUPLES, ETC.

Dans un lieu qui pourrait être un grand hôtel de villégiature, ou un immeuble labyrinthique, la nuit, une adolescente n’arrive pas à dormir. Les yeux grands ouverts dans le noir elle écoute. Des adultes font la fête, font l’amour, font la guerre… Elle se lève, sort de sa chambre, déambule, espionne. Elle surprend des bribes de conversations, des confessions, des étreintes, des fous rires, des larmes. L’intimité des adultes qui s’aiment, se séparent ou restent ensemble cent ans. Des couples de tout genre. L’adolescente assiste à une sorte d’ inventaire des relations amoureuses contemporaines et porte sur elles un regard curieux, amusé, parfois critique. Elle poursuit un parcours initiatique dans les sentiers de l’amour et ce faisant elle grandit, quitte l’adolescence, devient femme, part découvrir par elle-même le monde, l’amour, les mystères des passions humaines.

Susana Lastreto : biographie

LE PRINCE

Jeudis et dimanches, représentations en italien, surtitrées en français,
Vendredis
et samedis, représentations en français.

Il Principe

Au milieu de la scène vide se dresse un trône. Sur ce trône, il y a quelqu’un…

Ce n’est pas le roi, mais bien son bouffon qui, en l’absence de son maître, a promptement pris sa place.
Comment ? Il l’ignore. Il porte une blessure au front et ne se souvient de rien. Il se plaît dans sa position de chef, mais le doute persiste :
« Comment suis-je arrivé là ? »
Il trouve alors une lettre. Il se dit que c’est pour lui. La lettre lui donne l’idée qu’il vaut mieux explorer la voie de l’enfer pour bien la fuir (évidemment),  plutôt que de suivre la route trop banale du paradis.

Petit à petit, notre bouffon se lance dans une recherche identitaire qui se déclinera en plusieurs tableaux, entre élans tragiques, jeux télévisés et chansons médiévales.
Se souviendra-t-il de son ascension au pouvoir et du prix que ses décisions ont coûté ?

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Trop souvent réduit à une phrase, Machiavel n’est pas un fonctionnaire cynique aux penchants autoritaires.
Aujourd’hui, son analyse du pouvoir et de la nature humaine est toujours d’actualité  et peut nous aider, à travers l’exemple du passé, à distinguer le prince du tyran, le tyran du prince.

Giulio Serafini

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DIMANCHE DOLCE VITA

À l’issue de la représentation du Prince le dernier dimanche de mai, l’escapade italienne continue en musique, dans le Hall du théâtre. 

Le dimanche 31 mai
Lecture de poésie et contes de l’auteur Gianni Rodari, accompagné en chanson par l’artiste calabrais PepeMauro.

Entrée 8 €, ou 4 € pour les spectateurs de Le Prince de la semaine
Réservations

 

EMMA PICARD

Le roman
Un faux pas dans la vie d’Emma Picard
 est le troisième roman d’une tétralogie consacrée à l’histoire de familles françaises en Algérie (C’était notre terre, Les Vieux Fous, Un faux pas dans la vie d’Emma Picard, Attaquer la terre et le soleil — pour ce dernier roman, Mathieu Belezi a reçu le prix Le Monde 2022 et le prix du Livre Inter 2023).
Dans les années 1860, pour échapper à la misère en France, Emma Picard, paysanne, veuve et mère de quatre fils, accepte de partir en Algérie cultiver vingt hectares de terre que lui octroie le gouvernement français.
Après quatre années de labeur infructueux, de deuils et de catastrophes naturelles, elle s’assied près de Léon, le plus jeune de ses fils, blessé, et fait le récit — lyrique et poignant — de son combat permanent pour la survie.
Le récit qu’Emma fait de sa vie et de ses épreuves est parsemé de questions par lesquelles elle tente vainement d’impliquer Léon dans un impossible dialogue et qui nous ramènent constamment à la situation douloureuse d’une mère qui veille son enfant souffrant.
Dans ce monologue, livré d’un trait comme en un expir, Emma Picard se raconte et dresse le portrait d’une femme de condition modeste au XIXème siècle.

Qui es-tu Emma Picard ?
Colon par nécessité, Emma Picard est avant tout une paysanne. Son récit témoigne d’un rapport viscéral — sensible et poétique — à la nature, mais aussi au travail de la terre, qu’elle mène avec une détermination sans faille jusqu’à l’entêtement tragique.
Dès le début du récit, puis sous la forme d’un leitmotiv lancinant, Emma Picard se désole de sa propre naïveté, estimant s’être fait berner par les fonctionnaires du gouvernement français. Les phases d’espoir et de découragement successives au fil des épreuves endurées la laissent aussi peu à peu en proie au doute et à la colère face à la religion.

La tragédie universelle des sans-voix
Le texte de Mathieu Belezi s’inscrit dans la grande tradition d’une littérature qui donne une voix à celles et ceux dont on ne parle jamais et qui n’ont jamais la parole. En ce sens, il apporte un éclairage singulier sur l’histoire de la colonisation de l’Algérie. Femme, veuve, pauvre, à la merci des puissants, tentant désespérément de survivre dans des circonstances hostiles, Emma Picard est une héroïne tragique, emblématique de tous les laissés-pour-compte, qui nous interpelle par la dimension universelle d’une tragédie personnelle livrée dans l’intimité d’un soliloque bouleversant.
A son arrivée en Algérie, Emma Picard est conduite sur ses terres par Mékika, un algérien qui choisit de rester avec elle et ses fils pour travailler à la ferme. Loin d’occulter le drame de la colonisation qui est omniprésent dans le récit, la relation qui se tisse entre Emma, ses fils et Mékika nous parle de solidarité dans la lutte pour la survie et de la fraternité des travailleurs de la terre.

Du roman à la scène
Tout en préservant les propriétés stylistiques du long monologue d’Emma Picard — que Mathieu Belezi décrit comme un lamento — nous nous sommes efforcés d’en restituer la bouleversante humanité.
Du fait de la situation d’Emma lorsqu’elle entreprend son récit (anéantie, assise sur une chaise), la mise en espace est nécessairement sobre. C’est donc essentiellement par les nuances et les subtilités de l’interprétation que l’on pourra amener le spectateur au plus près des émotions du personnage et que l’on fera entendre la beauté du texte.

 

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RENCONTRE AVEC   Mathieu Belezi
Le dimanche 12 avril, à l’issue de la représentation, un bord de plateau en présence de l’auteur du roman éponyme Un faux pas dans la vie d’Emma Picard, suivi d’une signature. 

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EXTRAITS DE PRESSE

« Marie Moriette est éblouissante dans ce seule en scène adapté du roman de Mathieu Belezi. Un beau et grand moment de théâtre. »
Gérald Rossi, L’Humanité, juillet 2024

« Dans un décor épuré, au bord de la folie, Emma, admirablement incarnée par l’éblouissante et bouleversante Marie Moriette, nous dit avec force et lyrisme cette tragédie. Il faut aller voir ce spectacle en tous points fascinant et d’une grande intensité émotionnelle. »
Frédérique Moujart, SNES-FSU, mai 2024

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« Marie Moriette, magistrale, tient le public en haleine dès les premières minutes, elle délivre magnifiquement le texte d’une grande force de Mathieu Belezi. Un formidable spectacle dont on sort sonné, porté par une prestation de comédienne impressionnante. »
Nicolas Arnstam, Froggy’s delight, mai 2024

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« Marie Moriette s’appuie sur un jeu naturaliste mais qui reste sobre. Le dispositif est simple, lumière et musique sont distillées à bon escient. Le tableau est sensible et s’inscrit dans l’esthétique populaire et revendicatrice de la deuxième moitié du dix-neuvième siècle d’un Courbet ou d’un Zola. »
Louis Juzot, Hotello, mai 2024

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« La mise en scène d’Emmanuel Hérault, d’une belle sobriété, est centrée sur cette femme terrassée qui veille sur son petit. Marie Moriette fait résonner avec une intensité poignante la belle supplique de cette femme au cœur brisé, au corps usé par le travail, à l’espérance vaincue. »
Marie-Céline Nivière, L’œil d’Olivier, mai 2024

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« La Compagnie Okeanos propose une adaptation poignante du roman de Mathieu Belezi. Au récit rare de cette ultime tentative pour échapper à la misère, s’entremêle celui de la colonisation française et de sa brutalité. Ce seul-en-scène bouleversant est à ne pas manquer. »
Groupe de recherche sur l’histoire coloniale – ACHAC, juillet 2023

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« Porté par une interprétation intense de Marie Moriette, le spectacle, fait le choix judicieux de la sobriété. La langue, à la fois lyrique et profondément terrienne, vibre et prend toute la place pour donner à entendre le destin tragique de cette « vie minuscule » qui participe à la grande histoire. »
Ysé Sorel, I/O LA GAZETTE DES FESTIVALS, juillet 2023

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« Un récit poignant, porté avec force et subtilité par la magnifique comédienne Marie Moriette, intime, fébrile, lyrique, tragique… La très belle adaptation du roman pour la scène nous restitue la parole de cette paysanne qui a cru à une nouvelle vie. Ce spectacle résonne longtemps en nous. »
Marina Glorian, FILLE DE PANAME, octobre 2023

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« Jamais le sujet des petits colons partis pour exploiter une terre aride en Algérie n’avait été dévoilé de la sorte. La mise en scène minimaliste est servie par Marie Moriette, une comédienne qui nous amène au plus près de l’émotion de cette femme courageuse. Un spectacle d’une grande humanité. »
Jean Louis Rossi, LICRA, juillet 2023

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« Dans un clair-obscur de circonstance, la comédienne Marie Moriette livre un monologue d’une rare intensité dramatique. Cette création d’une vive sensibilité prolonge l’effort de Mathieu Belezi pour faire revivre au public une vérité historique tragique, trop longtemps ignorée ou déformée. »
Angèle Luccioni, La Provence, juillet 2023

SONGE – mythe surgi du chaos

La poésie du grand William, le rêve de Kurosawa, le vif des quartiers, l’étincelle des mômes et la flamme de la jeunesse, la célébration du Krump, l’émotion archaïque.
Tout ça, rien de grave.

Ce nouveau spectacle de la compagnie Tamèrantong! rassemble 33 comédien·nes, danseur·ses, musicien·nes : 22 enfants et jeunes des quartiers de La Plaine St-Denis et de Paris/ Belleville et 11 interprètes professionnels.

Songe est une adaptation très libre du Songe d’une Nuit d’Été de William Shakespeare.

Il est l’aboutissement de trois années de travail artistique exigeant, un sémillant parcours qui tisse (tout en restant fidèle au souffle de Shakespeare), une création inédite pour nous emmener loin et pour « étonner la catastrophe » (Victor Hugo) : Quatre amoureux désespérés fuient dans la forêt tandis qu’une troupe improbable de théâtre s’en va allègrement y répéter. La forêt va les entraîner dans un monde qui vient d’hier et qui va vers demain.

Le Songe d’une Nuit d’Été, conte de 430 ans, a été décortiqué et désorienté pour le faire nôtre. À la belle langue de l’auteur se greffent nos paroles, jargon et poésie propres.
Le cadre et les personnages sont actualisés, les enjeux et liens amoureux rafraîchis et le happy-end décoiffé. Nous avons déplacé l’humour mais gardé la dérision de Shakespeare : on se moque et on rit de tout, du pouvoir, des puristes, des cloisonnements et bien sûr de nous-mêmes, notamment avec cette troupe de théâtre issue des quartiers (qui remplace la troupe originale des artisans), notre caricature et qui se débat entre pressions, mépris culturel et social, préjugés, solidarité, fêlures, emballements…
On pousse plus loin la mise en abîme de Shakespeare (la pièce dans la pièce) avec celle de nos jeunes acteurs y jouant malicieusement leur propre rôle. Et on s’amuse de même du miroir, lors du speech d’accueil au public avant la représentation de Songe, avec l’intervention du maire, Thésée, et de son staff qui vient s’arroger la parole de Tamèrantong!.
Songe est un conte anti-dystopique, un front de liberté et de vie où nos différences ont toutes leur place.

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Presse

« Depuis trente ans, cette compagnie particulière parle de tolérance, de diversité, d’exclusion avec les enfants des quartiers populaires. Elle parle aussi d’exigence artistique et de travail.
Un discours qui, sur scène, se transforme en une incroyable énergie. » Libération

« Un résultat aussi impressionnant artistiquement que socialement et politiquement. » Revue Silence

« Épaté par tant de travail et de talent : cette France-là existe. » Nouvelles répliques

 

Avec la troupe des enfants et des jeunes de La Plaine Saint-Denis et Paris-Belleville :
Adham, Alpha, Anaïs, Assia, Cellou, Cherryn, Dania, Donia, Frida, Haby, Ilef, Kyara, Mariam, Marceau, Mehdi, Nabiha, Nahian, Nova, Rachid, Rosa, Tiguida, Valentine

L’EXCEPTION ET LA RÈGLE – COMPAGNIE BERNARD SOBEL

Le Théâtre de l’Épée de Bois est heureux d’accueillir la prochaine création de Bernard Sobel sur l’œuvre de Bertolt Brecht : L’exception et la règle.

Diptyque L’exception et la règle et La mort d’Empédocle.
Tarif spécial  32€ tarif plein / 27€ tarif réduit
Réservation

Brecht, en 1930, après l’écrasement de la révolution spartakiste, écrit avec L’Exception et la règle une épure qui permet encore aujourd’hui de comprendre au moins une partie des violences qui, à tous les niveaux, détruisent les personnes et les peuples.

 

LE NEVEU DE RAMEAU

La caractéristique de mon Neveu de Rameau est l’incarnation. La priorité est la chair, l’expression des acteurs qui donnent vie aux idées. Une des phrases de l’œuvre, prononcée par le Philosophe, a été mon fil d’Ariane pour ce travail : « Mes pensées ce sont mes catins. » Les pensées vues comme des prostituées ! Le culot de Diderot ! Les idées, faites de chair, dont on se sert pour fréquenter, selon son humeur, des sentiments sublimes ou des lieux infâmes. Jouir intellectuellement, sans barrière, en toute liberté, assouvir les fantasmes de l’esprit, voilà ce qui a guidé cette mise en scène dont la volonté est d’habiller les idées abstraites d’un corps de sueur, d’énergie débridée et de mouvements. Les acteurs, Nicolas Vaude et Gabriel le Doze, ainsi que le claveciniste Olivier Baumont, ont adhéré sans réserve à ce point de vue, et ont insufflé à leurs personnages une vitalité, une jeunesse et une modernité à la mesure de ce texte unique, génial.

Jean-Pierre Rumeau

 

LA VENGEANCE D’UNE FEMME

La vengeance d’une femme, d’après la nouvelle de Jules Barbey d’Aurevilly tirée du recueil Les diaboliques (1874), est une confession sans absolution, ni de la part du client qui recueille les confidences de cette aristocrate devenue prostituée, ni de la part du public, invité à une cérémonie au parfum de décadentisme. Le péché de la chair n’est pas l’objet de cette pièce, mais l’acte d’amour dans lequel il y a, selon Charles Baudelaire, « une grande ressemblance avec la torture ». En faisant le trottoir, l’héroïne travaille à faire perdre l’honneur à son ancien mari (un aristocrate espagnol). Quelles raisons l’obligent à cet épouvantable jeu ? Sanzia-Florinda-Concepcion étale aux yeux des spectateurs effarés son « ciel en creux ». Le mot « diabolique » est-il employable pour cette fille des rues dont les turpitudes prouvent la nécessité d’une justice divine ? C’est toute la question de La vengeance d’une femme.
En prologue, Le sermon de la courtisane, tiré de La religion du Capital de Paul Lafargue, nous fait entrer dans le monde des courtisanes : vues par l’auteur (critiquant cette logique consistant à nous transformer en « machines à produire et à consommer »), elles sont, selon lui, le modèle du Dieu-Capital.

CET AIR INFINI

« Ulysse est un ingénieur immigré. Il ne sait s’il doit rester vivre dans la ville occidentale qu’il est en train de bâtir ou reprendre son périple pour retourner chez lui auprès de sa famille.
Aux confins de cette cité en perpétuelle mutation, il rencontre une femme dont l’identité s’avère tout aussi changeante. C’est Électre qui revient des funérailles de sa mère. C’est Phèdre qui est tombée amoureuse de lui. C’est Médée qui sort de prison après y avoir passé dix-sept ans pour le meurtre de ses enfants. C’est Antigone, la sœur d’un terroriste traqué par la police. (…)

Cette pièce de Lluïsa Cunillé a remporté le Prix national de littérature dramatique (Espagne) en 2010.  »

Laurent Gallardo, traducteur de la pièce

« Les mots de Lluïsa Cunillé ouvrent toujours sur un ailleurs – une absence, une question, une fiction… Le passage d’une réplique à l’autre ouvrent un champ inattendu, un déplacement, un vertige.

En compagnie de Marie Micla et de quelques comparses, nous avons tenté de capter le mystère de cette langue magnétique, hantée par l’effacement des traces.

Dans un dispositif simple et kaléidoscopique, il nous reste d’être des êtres humains qui parlent à d’autres êtres humains. »

Jean-Noël Dahan

ET LA BÊTE BLESSÉE LA REGARDAIT… OÙ EST ROSA LUXEMBURG ?

«Je n’ai pas connu ma tante Rosa, seulement des conversations de grands que j’attrapais au vol. Quand on a pris l’avion pour assister à son enterrement, c’était étrange. Tout le monde était triste et moi j’étais impressionné de voyager en avion. C’est papa qui a pu sauver une partie de la bibliothèque de tante Rosa…» (Kazimierz Luxemburg, neveu de Rosa)

« Looking for Rosa » en clin d’œil à Al Pacino ? Une sorte d’enquête autour d’une réalité … mystérieuse. Cela pourrait être aussi un roman policier.
Les faits connus : le 15 janvier 1919 Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont assassinés par les Corps-Francs, milice organisée par le ministre social-démocrate de l’intérieur. Le corps de Rosa est jeté dans le Landwehrkanal à Berlin.
Un cercueil vide sera enterré le 25 janvier au côté de celui de Liebknecht, funérailles qui rassembleront plus de 100 000 personnes.
Quelques mois plus tard un corps de femme est repêché dans le Landwehrkanal. Il est attribué à Rosa et enterré en juin 1919.
Problème : ce serait un corps un peu plus grand et sans défaut à la hanche. Rosa boite depuis l’enfance après une poliomyélite. En 2009 un mystérieux corps de femme est découvert dans une pièce souterraine d’un Institut médico-légal à Berlin et présenterait des « similitudes stupéfiantes avec celui de Rosa Luxemburg », selon le directeur de cet Institut…
Comme peu d’autres femmes au début du siècle, Rosa Luxemburg a marqué la pensée des Européens socialistes et s’est attiré la haine des forces de droite et de gauche. En tant que juive, communiste, et surtout en tant que femme publique sûre d’elle, elle a été autant admirée que méprisée et finalement assassinée.
Le spectacle est une enquête sur une femme cultivée, pleine d’esprit et d’humour. Ce n’est pas un montage épistolaire, mais la recherche de cette femme dont le corps a peut-être totalement disparu.

Nous commençons par la fin de l’histoire : la mort de Rosa et le mystère autour de sa disparition. Et nous reprenons le fil de sa vie. Trois temporalités : le temps de Rosa la rouge, ses lettres de prisons pendant la Grande Guerre, le temps de son neveu Kazimierz. Notre temps, enfin, de fabrication du spectacle, Aurélie Youlia et Pierre Puy menant une enquête dans le désir de nous faire découvrir les engagements et l’amour de la vie, de toute les vies qui animaient cette femme de combat et de ses proches. Entre univers poétique et recherche documentaire notre travail évoque la curiosité de Rosa pour les plus infimes manifestations de vie – une fleur poussant entre les pierres des murs de sa prison, un oiseau se posant entre les barreaux du soupirail – elle y puise son énergie vitale.

Entre Paris et Mannheim, Aurélie Youlia et Inka Neubert ont reconstitué pour ce projet la vie et la personne de Rosa Luxemburg à partir de son extraordinaire correspondance et des souvenirs de son neveu Kazimierz Luxemburg. Aidées de vidéos, de chansons et de sons pour parler aussi de notre temps présent. Il en ressort l’image d’une femme forte à une époque de grands bouleversements et de violence massive. Qui est Rosa L.? Et d’où vient qu’elle nous fascine encore aujourd’hui ?
Aurélie Youlia

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Presse

Rheinpfalz Zeitung, 19/10/24 :

Une collaboration franco-allemande absolument exemplaire 

Le Theaterhaus G7 et la troupe indépendante Compagnie des Luthiers ont trouvé une collaboration, qui est tout simplement exemplaire. L’idée, le choix des citations et les textes viennent d’Aurélie Youlia. Pour la réalisation, la metteuse en scène Inka Neubert a utilisé les moyens les plus sophistiqués du cinéma documentaire.
Avec Aurélie Youlia, le ton devient parfois si intimiste qu’on a l’impression de pénétrer dans son intérieur vulnérable. Immédiatement après, il s’élève jusqu’à un discours victorieux. Pierre Puy apporte un ton plus objectif et utopique. Un des points culminants (…) sont quatre chansons, deux françaises et deux allemandes de Tucholsky/Hollaeander et Brecht/Eisler.
L’interaction entre la découverte partagée et un dialogue essentiellement complémentaire, qui peut effectivement dégénérer en disputes, est très dynamique.

Mannheimer Morgen, 19/10/24 :

Plus qu’une simple pièce de théâtre – il s’agit d’une enquête approfondie et d’un portrait vivant.
Un dialogue dynamique s’instaure qui met en avant les convictions et la radicalité de Luxemburg.

Les acteurs Aurélie Youlia et Pierre Puy alternent entre événements historiques et réflexions personnelles, donnant ainsi vie à différentes perspectives sur la vie et l’œuvre de Rosa Luxemburg. Sur scène, un dialogue dynamique s’instaure qui met en avant les convictions et la radicalité de Luxemburg.
Sous la direction d’Inka Neubert, la pièce se transforme en une exploration de la vie et de l’œuvre de l’une des figures les plus influentes de l’histoire européenne. Il s’agit plus qu’une simple pièce de théâtre – il s’agit d’une enquête approfondie et d’un portrait vivant d’une femme dont les idées et les convictions sont encore très pertinentes aujourd’hui. La mise en scène (…) plonge également dans l’univers de pensée révolutionnaire de Rosa Luxemburg sur le plan émotionnel et intellectuel.

 

IPHIGÉNIE – Triptyque Partie I

Iphigénie, c’est plusieurs horizons qui se chevauchent. Un drame familial, une légende et sa malédiction, un univers désolé et immobile, une quête d’identité.
Racine laisse au spectateur l’absence, le manque de modèle absolu et hégémonique. Par ce texte, il fabrique des situations ouvertes qui tendent rarement vers un espoir.

Toutefois, au milieu du désastre, se dresse un pouvoir : celui des femmes.
Clytemnestre, par sa révolte face aux oscillations de son époux et roi, puis par sa remise en question de l’existence même des dieux. Eriphile, dans sa quête féroce d’identité, de vérité et de justice.

Iphigénie, par sa profonde résignation et sa dignité face à son propre sacrifice.
Ces trois figures archétypales refusent de collaborer avec un système où le pouvoir engendre le mensonge, la trahison, la manipulation.

La résonance que ce texte peut avoir dans notre société est aussi à un tout autre endroit : travailler Iphigénie dans un monde saturé d’informations et d’images, qui oblige aux certitudes et à la radicalité, c’est rendre compte et célébrer l’incertitude, le flottement, la suspension dans le temps.

Ce qui m’intéresse chez Racine, et tout particulièrement dans cette pièce, c’est aussi la question de la croyance.
Il intériorise la foi : les personnages interrogent leur âme, leurs émotions propres, leurs sensations. Le regard est alors tourné vers l’humain et non vers le ciel et tous convoquent leur voix du dedans.

Clément Séclin

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Extraits de presse

« Cette huitième tragédie de Racine devient, entre les mains de Clément Séclin, une première pierre d’un théâtre total, sensationnel. »
Carl Arnaud, Les Inrockuptibles, mars 2026

« Dans ce cadre unique, portés par des comédiens d’un talent et d’une générosité remarquables, les vers de Racine trouvent ici un écrin vibrant. »
Magali Rebeaud, Fille de Paname, mars 2026