Face à l’horreur, une femme se tient droite, refuse les larmes et la soumission. Seule face au fracas du monde et à la folie destructrice des hommes, elle accuse. Sa parole devient une arme tranchante et viscérale; un blasphème sacré qui arrache la paix au silence des tombes.
Écrit en 1999 par le poète et dramaturge Jean-Pierre Siméon, Stabat Mater Furiosa est un poème dramatique d’une puissance rare, un monologue théâtral qui s’érige comme l’un des réquisitoires les plus violents et les plus beaux de la littérature contemporaine contre la guerre.
Là où le mythe traditionnel impose la figure d’une femme passive, écrasée par la douleur, Jean-Pierre Siméon opère un changement radical: sa mater n’est pas douloureuse, elle est
furieuse. Seule, face au fracas invisible d’une guerre sans nom et sans époque, une femme se tient droite. Autour d’elle-même, la folie destructrice des hommes. Devant elle, “l’homme de la guerre“, cette figure universelle qui détruit, viole et pille au nom d’idéologies abstraites.
Refusant le rôle de victime sacrificielle qu’on veut lui assigner, elle refuse de pleurer. Ses larmes se transforment en une parole de feu, une invective charnelle et viscérale. Elle accuse, elle dissèque la bêtise de la violence. Sa parole devient une arme poétique de destruction massive capable de fissurer la certitude des bourreaux. “Je reste debout dans le vent noir de vos haines“.
La langue de Jean-Pierre Siméon est à la fois brute et hautement lyrique. Plus qu’une simple pièce de théâtre, Stabat Mater Furiosa est un texte qui arrache de force l’espoir au silence des tombes. Il célèbre la vie et l’espoir avec une fureur incandescente.


