Archives pour la catégorie se joue en octobre 2016

ACTÉON

« La scène est dans la vallée de Gargaphie ». Une troupe de chasseurs, emmenée par le jeune prince Actéon, poursuit un ours. Elle s’arrête un moment pour dédier l’équipée à Diane, déesse de la Chasse. Non loin, retirées dans un bocage, les nymphes de Diane se baignent en chantant les bienfaits d’une vie exempte des tourments de l’amour.

Actéon, resté seul pour se reposer dans un bois, dit lui aussi sa méfiance de l’amour. Il aperçoit bientôt Diane et ses compagnes, se dirige vers elles et est surpris par la déesse qui, furieuse, l’asperge d’eau, sous les imprécations des autres baigneuses. De nouveau seul, Actéon voit sa métamorphose en cerf. Les chasseurs reviennent en appelant Actéon, pour qu’il puisse être témoin de la mise à mort d’un cerf par ses chiens. Junon apparaît et leur révèle que ce cerf n’est autre que leur prince, dont elle a précipité la fin pour se venger de l’aïeule d’Actéon, Europe. Le chœur se lamente et déplore cette mort imméritée.

LE JEU DU CHAT ET DE LA SOURIS

Deux sœurs largement sexagénaires…
Deux conceptions opposées de la vie…
Des échanges  tendres et rudes qui nous parlent d’âge avancé et de passion,  de solitude et d’amitié,  de déracinement et d’enracinement…
Istvan Örkény nous parle de la vie, quoi!
Et avec délicatesse,  humour et cruauté, il nous fait osciller du rire aux larmes avec virtuosité.

Istvan Örkény (1912-1979) est un auteur hongrois.
Dans ses écrits se mêlent Absurde et Grotesque.
Ses deux pièces traduites en français, La Famille Tot et Le Chat et la Souris sont créées en France dès 1968. Elles obtiennent le prix de l’Humour Noir en 1971.

Une histoire banale… from Valentin Lagard Films on Vimeo.

HUGO DE PÈRE EN FILLES

Victor Hugo avait deux filles : Léopoldine, morte noyée à dixneuf ans, et Adèle, devenue folle, enfermée dans une « maison de folles » dont elle ne sortira que pour assister à quelques représentations des œuvres théâtrales de son père.
« Hugo, de père en filles » donne la parole à Adèle et Léopoldine et, à travers leur destinée, raconte une vie et une œuvre emplies de personnages et de fantômes, une œuvre de combat, inclassable – tantôt romantique, lyrique, tragique, historique, épique, réaliste, mystique, fantastique…

ADÈLE HUGO, « Dédé »
Elle portait le prénom de sa mère, mais chez les Hugo, on l’appelait plutôt « Dédé ».  Cinquième enfant d’une famille entièrement dévouée au patriarche – poète et romancier –, Adèle connut comme sa sœur Léopoldine – morte noyée à l’âge de dix-neuf ans –, un destin tragique.  L’histoire retient davantage les célèbres vers du recueil Les Contemplations dans lesquels Victor Hugo rend hommage à Léopoldine – l’enfant trop tôt disparu – tandis que l’autre – Adèle – glissait lentement vers le précipice de la folie… En effet, affectée par la mort prématurée de sa sœur Léopoldine et supportant mal l’exil à Guernesey, Adèle montre, dès 1856, des signes de troubles psychiques. Pendant de longues années d’errance et d’éloignement de la cellule familiale, Adèle sombre dans la démence. En 1871, l’exil de Victor Hugo se termine. Il rentre à Paris, fait rapatrier sa fille, et il l’interne, l’année suivante à l’hôpital Saint-Mandé.  Adèle passe alors le restant de ses jours – soit plus d’une quarantaine d’années ! – enfermée.  À la mort de Victor Hugo, elle est admise à Suresnes. Elle y meurt en 1915, mais la Première Guerre Mondiale occulte la disparition de la dernière des enfants Hugo. Triste destinée que celle de cette belle jeune fille si douée pour la musique et l’écriture…

LÉOPOLDINE HUGO, « Didine »
Fille aînée de Victor. Elle naquit le 28 août 1824, un an après son frère aîné, Léopold, né le 16 juillet 1823, et mort le 9 octobre de la même année, à l’âge d’à peine 3 mois. Dans la famille on l’appelle « Didine ».  Les nombreux amis de son père lui font fête. Plus tard, elle séduit, sans le chercher, et les prétendants ne manquent pas. En 1839, elle tombe amoureuse de Charles Vacquerie. Le jeune ménage s’installe au Havre, au domicile de la belle-famille de Léopoldine.  Le 4 septembre 1843, Léopoldine et son mari s’embarquent pour une promenade en bateau à voile. Un coup de vent renverse le bateau. Léopoldine, qui ne sait pas nager, s’agrippe au bateau, mais finit par être emportée, et son mari, excellent nageur est noyé également, sans qu’on puisse affirmer qu’il s’est laissé couler pour ne pas survivre à sa femme.

VICTOR HUGO, « Toto »
À la mort de Léopoldine, pour Victor Hugo le choc est terrible. Une fracture se produit dans sa vie, qui va se répercuter dans sa production. C’est à partir de cette date que Victor ne créera plus rien jusqu’à son exil en 1851 : aucun poème, aucune pièce de théâtre, aucun roman. Il ne fera rien paraître pendant sept ans, et c’est plus tard l’action politique qui le reconduira à publier.  Léopoldine hantera toute sa vie, et la tristesse de sa mort insufflera à son père l’inspiration de plusieurs poèmes composant le recueil « Les Contemplations » qu’il publiera en 1856 et dont l’un de ses poèmes « Demain, dès l’aube… » est un hommage à sa fille. Tout comme il avait écrit beaucoup de vers pour elle alors qu’elle était vivante – au cours de ses voyages, presque annuels depuis 1834, Victor Hugo écrivait très souvent à sa fille aînée – il en écrit plus encore sur elle après sa perte. Il la chérissait comme un symbole de pureté. Pourtant, Hugo ne viendra sur la tombe de sa fille qu’en septembre 1846.

ROSA LIBERTÉ

En cette période troublée qu’est la nôtre, Filip Forgeau entreprend de faire résonner la voix de Rosa Luxemburg sur un plateau de théâtre à travers un poème dramatique librement inspiré de sa vie et de son combat.

Le destin tragique d’une femme exceptionnelle dans une période troublée par la montée du fascisme et des nationalismes exacerbés.

« Ce que j’ai sur le cœur, je l’ai sur les lèvres », disait Rosa.

À toutes les « Rosa », femmes ou hommes d’hier et d’aujourd’hui.

UBU ROI

NOTRE UBU

En chacun d’entre nous sommeille un Ubu, notre Ubu. Il est là, tapi au plus profond de nous-mêmes. Nous, comédiens, apprenons par cœur les mots que le Poète nous a légués ; nous les répétons sur le plateau et, chaque fois que nous les prononçons, avec la plus grande intensité possible, un sens nouveau jaillit et vient alors annuler tout ce que nous croyions savoir du texte.

Le texte opère comme un révélateur des milliers de personnages que nous pourrions être dans la vie quotidienne.
Il nous permet de devenir celui ou celle que, peut-être, nous ne serons jamais, mais qui pourtant demeure au plus profond de nous. Il nous arrive de prétendre, après quelques mois d’étude, avoir compris le message de l’auteur. Des chercheurs l’étudient pendant de longues années et écrivent même des thèses sur lui. Mais le comédien a la certitude qu’à chaque fois qu’il est sur scène, toutes ses convictions se dérobent en même temps qu’il exhale le mot.

Nous pensons parfois que nos Maîtres, qui ont déjà monté la pièce, ont fait la bonne interprétation du fameux : « De par ma chandelle verte ! » Alors, humblement, nous tâchons de suivre leurs pas. Mais hélas, la phrase nous reste aussi inconnue qu’un soupir qui viendrait subitement casser le rythme de la respiration.
Alors le comédien continue à se préparer, en silence, et avant de monter sur le plateau, il dit aux Dieux du théâtre : «Que votre volonté soit faite», en sachant que ces Dieux séjournent dans l’Olympe de notre Enfance, où se trouve la réelle interprétation du texte, qui ne sera «authentique» que durant le temps où le comédien prononcera le mot.
Le comédien-enfant, aidé du texte du Poète, deviendra alors le Roi de l’immense et merveilleux royaume de son propre imaginaire.

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