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LES SILENCIEUSES

Notre spectacle est construit autour d’un personnage de baladin, acteur masculin seul en scène, heureux de chanter l’amour et le désir en prêtant sa voix à la verve gourmande de Ronsard, Marot ou Belleau.

Mais sa belle assurance se fissure lorsqu’il prend conscience d’une bizarrerie : les hommes mettent en mots le plaisir qu’ils prennent avec des femmes qui, elles… se taisent.

Délaissant le champ de l’érotisme, notre baladin s’interroge, part en quête de ces voix disparues, déterre des textes oubliés et commence à comprendre le lien entre les paroles gelées et les corps corsetés.

Habitué à la carte du tendre, le voici en terre inconnue : celle de l’éducation étroite, de la sphère domestique, du savoir défendu, du corps contraint. Un univers d’interdits et de limitations qui lui permet d’ouvrir les yeux sur les assignations différentes qui pèsent sur nous, selon qu’on naît fille ou garçon.

Guidé par des femmes d’époques diverses qui se sont arrachées au silence, notre baladin s’enfonce lentement dans une histoire de plus en plus sombre. Les textes qu’il exhume le confrontent à la violence d’une parole misogyne assumée, sûre d’elle-même et de son bon droit. Répartis sur plus de deux millénaires, des auteurs se sont appliqués à dévaluer la parole publique des femmes, et à organiser le monopole masculin de la parole d’autorité sous toutes ses formes. Les représailles promises aux récalcitrantes vont de la raillerie à la maltraitance, voire au bûcher.

Face à ces textes qui révèlent une société profondément patriarcale, le comédien découvre qu’il bénéficie de privilèges qu’il ne voyait pas. Sa parole masculine est écoutée différemment. Sur les sujets dits « sérieux », elle est créditée d’entrée de jeu d’une certaine valeur, là où une femme aurait d’abord à attester de ses compétences pour qu’on l’écoute. À l’inverse des femmes, il est libre aussi de parler crûment de sexe sans que cela entache jamais sa réputation. Ces privilèges se sont imposés au prix d’un silence imposé par la force. Que décidera-t-il de faire de cet héritage ?

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Extrait de presse

« Prise de conscience époustouflante de la manière dont les hommes ont muselé la parole érotique des femmes. »
Marie de Hennezel – Psychologies Magazine – Nov. 2016

LA FOIRE DE MADRID

Dans le Madrid du XVIème siècle, un groupe de jeunes gens flâne dans la foire. Ils partagent leur temps entre galanteries et larcins. Un couple s’en détache : Leandro et Violante. Leur coup de foudre les entraîne dans un tourbillon de quiproquos et d’intrigues. Car Patricio, son mari, est un homme impulsif et violent…

MARY SIDNEY, alias Shakespeare

Une autrice a-t-elle écrit l’œuvre de Shakespeare ? Telle est la question… et l’enjeu de cette passionnante et intrigante enquête menée, avec rigueur et humour, par Aurore Evain, d’après l’essai de la chercheuse américaine Robin P. Williams.

Femme ou homme, peu importe ? Cela ne changera pas la puissance de l’œuvre, mais peut-être celle de l’Histoire de la littérature… car c’est bien l’androcentrisme de cette Histoire qui sera ici remis en question. Et ses conséquences sur la légitimité des femmes à penser, créer, diriger, participer au mouvement du monde.

Exposons pour commencer les deux termes de l’équation :

* Mary Sidney Herbert, comtesse de Pembroke, est l’une des plus brillantes des illustres inconnues qui peuplent l’histoire littéraire.
Elle développa et anima le plus important cercle de littérature de l’histoire anglaise. Elle consacra sa vie à la production de grandes œuvres en langue anglaise : projet ambitieux, car l’anglais n’était pas alors considéré comme une langue de premier plan.
Polyglotte, parlant couramment latin et maîtrisant sans doute le grec, d’une érudition exceptionnelle, pratiquant l’alchimie et la médecine, la musique, la fauconnerie, la politique, l’occultisme…, elle fut aussi la première femme dans son pays à faire éditer une pièce en anglais : traduite du français, sa tragédie Antonius fut une source d’inspiration pour ses contemporains et servit de modèle à l’Antoine et Cléopâtre de Shakespeare. Elle fut la première autrice à ne pas s’excuser de publier ses œuvres.
Il était néanmoins inconcevable, en raison de sa condition sociale et de son sexe, qu’elle signa des pièces destinées aux acteurs du théâtre professionnel.

* William Shakespeare est le plus inconnu des plus célèbres de nos écrivains. Aucun de ses manuscrits ne nous est parvenu. Son testament ne mentionne aucun livre, ni aucune de ses nombreuses œuvres restées inédites à sa mort. En 1616, aucun hommage ne lui est rendu. Les quelques traces que l’on conserve ont trait à son métier d’acteur. Aucun document stipulant qu’il fut payé en tant qu’auteur. Il n’est jamais fait mention de son implication dans les cercles littéraires de l’époque.
Toute sa famille était illettrée. Son père, un temps huissier, signait d’une croix. On ne lui connaît aucune formation, et aucune archive n’indique qu’il s’est formé dans aucune des disciplines sur lesquelles il a écrit (droit, Histoire, médecine, alchimie, fauconnerie…). Ses origines sociales sont très éloignées des connaissances aristocratiques que supposent ses œuvres. Les pièces de Shakespeare se déroulent souvent à l’étranger, et comportent des descriptions remarquablement précises. Aucune trace d’un quelconque voyage de Willie hors de son pays.

Et maintenant résolvons l’équation…

La presse en parle

« Ce spectacle est une mine, il nous tient en haleine de bout en bout et opère une véritable déflagration intellectuelle. »
Marie Planchin – sceneweb.fr

« Mais non, vous dis-je, ce n’est pas une hypothèse infondée, bien au contraire ! Allez donc voir au Théâtre de l’Epée de Bois , à la Cartoucherie de Vincennes, Mary Sidney, alias Shakespeare, d’Aurore Evain. Avec tout le sérieux et l’ironie facétieuse qu’on lui connaît, l’autrice-actrice-metteuse en scène y répond du tac au tac à Fanny Zeller, qui campe non moins plaisamment l’avocate du diable masculiniste. Vous avez jusqu’au 25 septembre. »
Sylvia Duvergermediapart.fr

M.O.L.I.E.R.E.

Trois comédiens et un musicien se jettent avec joie, fougue, malice, folie et force dans la vie et l’œuvre de celui qui fut sans aucun doute le plus joyeux, le plus fougueux, le plus malin, le plus fou et le plus fort de tous les gens de scène.

On y voit comment Jean-Baptiste Poquelin refuse sa destinée de tapissier pour devenir comédien, comment il convainc peu comme tragédien, comment il part en tournée sur les routes de France, comment il revient à Paris pour y rencontrer le succès, comment ce succès est aussi un scandale ; on y croise son père, le grand tragédien Montfleury, son premier protecteur le Prince de Conti (ainsi que son cheval), Louis XIV, Lully, un dévot de la compagnie du Saint Sacrement de l’autel, le jeune Jean Racine, ses compagnons de troupe, des journalistes, des courtisans, des médecins…

Et pour retracer de manière bien subjective (quoique instruite) le parcours de Jean-Baptiste, ces figures puisent aux mots des personnages de Molière ; et les récits d’une vie d’homme prennent des reflets bariolés à l’éclat des scènes de ses pièces.

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La presse en parle

« Un assemblage astucieux et réussi de répliques des personnages de Molière. »
Télérama TT

« Un esprit du théâtre de tréteaux cher à Poquelin, entre farce et comédie… Une mise en scène enlevée… C’est drôle, pétillant et intelligent. A ne pas manquer ! »
L’œil d’Olivier

« Un très beau spectacle remarquablement écrit, mis en scène et joué qui s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux collégiens et lycéens. »
SNES-FSU

« Un spectacle à la fois ludique, drôle et instructif… une belle impertinence digne de celle de Molière… Gloire aux comédiens ! »
Regarts

LA FORÊT MERVEILLEUSE

Lettres à Louise de Coligny- Châtillon

Le 28 septembre 1914,  Apollinaire rencontre à Nice Louise de Coligny Chatillon follement épris il entame une correspondance qui se termine en Avril 1916. Hymne à l’Amour vibrant et sensuel en temps de guerre, les lettres sont aussi un précieux témoignage sur la vie quotidienne des poilus et le renversement moral que traverse le milieu artistique français du début du XXème siècle.

WWW.ÊTRE OPTIMISTE .CONNE

Au milieu des passages cloutés et des voix sans issues, des ronds-points à la ligne et des transports peu communs, Clarschen propose un labyrinthe de chansons, un itinéraire tumultueux et savoureux… entre flou rire et révolte face. Pas impossible qu’il vous faille vous contorsionner un peu avec elle, respecter les priorités à gauche ou les courts-circuits pour cette visite guidée de son univers , mais promis, avec « www.être optimiste .conne », Clarschen vous amène à bon port.

Très concrètement c’est un spectacle à l’humour acide, construit autour de dix chansons et d’une réflexion sur les écueils de la psychologie positive.

Un mélange de chansons, de stand up et de conférence gesticulée.

BLANCHE CONFESSION

Monologue pour une actrice librement inspiré des récits autobiographiques, nouvelles et journaux de Mikhaïl Boulgakov. (Kiev 1891 – Moscou 1940.)

ANNA KIRILLOVNA
Boulgakov l’a créée pour l’accompagner dans Morphine, son récit autobiographique, pour accompagner Poliakov, ce jeune docteur morphinomane affecté à Levkovo, un secteur perdu d’Ukraine. Boulgakov la fait mourir en 1922 du typhus.
Anna Kirillovna, l’assistante médicale de la clinique de Levkovo, a 25 ans quand elle rencontre le jeune médecin Poliakov. Elle est mariée à un officier, déporté en Allemagne. Sans nouvelles de lui, elle ne cherche plus à en recevoir. Elle tombe follement amoureuse de Poliakov et ils projettent de se marier dès que la situation extérieure sera devenue plus calme. La mort de Poliakov brise ce projet et la confine dans les neiges.
Elle reste à Levkovo. Ce n’est pas un choix, sa place est là, elle est avalée par les événements et les patients se succèdent comme se succèdent les différents médecins, nommés pour trois années au plus à cette place, elle est secrètement liée à Poliakov.
Pourquoi évoque-t-elle son amour au début de cette seconde guerre mondiale ? La révolution bouleverse de nouveau les grandes villes et isole les campagnes. L’histoire se répète et les événements aussi. Cette nouvelle guerre pourrait peut-être la délivrer d’un passé obsédant qui l’immobilise depuis plus de vingt ans.
Pour retrouver sa propre vérité, pour en chercher la cohérence, elle traverse encore une fois les fleuves gelés, la culpabilité vénéneuse, l’emprise de la morphine, la mort sordide de son amour.
L’a-t-elle tué ?
Faut-il s’avouer meurtrière pour exister ?
Pourquoi sa vie s’est-elle arrêtée ?
Que va-t-elle devenir maintenant ?
Une confession blanche… comme une série de vaines tentatives pour accepter de vivre.

« Nous avons tous besoin d’un récit pour exister. Il faut faire de sa vie un récit. »
Michel Serre

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La Presse en parle 

lebruitduoff.com – 7 juillet 2021
AVIGNON OFF 2021. Blanche confession – Mise en scène et interprète : Valérie Durin – Créateur sonore : Jean-Marc Istria – Théâtre de l’atelier florentin – 6 au 31 juillet à 12h40.

Sur scène, une petite table, un poste radio diffuse de la musique Russe. Entre le personnage de la sage-femme. Son propos : son ressentiment des événements tragiques de l’hiver 1917 qui cumule toutes les caractéristiques d’une révolte populaire : l’hiver est rude, des grèves spontanées démarrent, son amour pour un jeune médecin, et une question restée sans réponse : L’a-t-elle tué ?
Nous sommes en 1941. Un monologue s’installe coupé parfois par quelques propos inaudibles ou des grésillements musicaux. Qui la questionne sur ses relations avec le personnel de la clinique où elle travaille ? A qui parle-t-elle des relations entretenues avec certains membres du personnel et surtout du docteur ? Réminiscences d’un passé traumatique ? Introspection ciselée au scalpel ? Simple délire de persécution qui porte sur la relation ambiguë qu’elle entretenait avec le médecin et le lien amoureux qu’elle partage amèrement avec «l’officielle» du Docteur. Peut-on imaginer qu’elle subisse un interrogatoire ? L’état voit l’ennemi partout. Quel a été le destin du docteur ?
Valérie Durin imprégnée du personnage d’Anna Kirillovna, sage-femme dans une petite clinique, restitue les réflexions et autres interrogations de ce qui s’est passé en elle l’hiver 17 en Russie.
« Je n’ai pas eu la force de partir, j’ai eu celle de rester.
Voilà, c’est comme ça qu’il faut en parler. J’ai eu la force de rester. »

Très belle prestation de Valérie Durin. A voir

André Michel Pouly

ELECTRE – Le banquet tragique

Depuis dix ans, l’indomptable Électre porte le deuil de son père, le roi Agamemnon assassiné par sa mère Clytemnestre et son amant Égisthe. Rongés par une ambition dévorante, les usurpateurs règnent sur Argos et sèment la terreur. Pour préserver leur suprématie, les tyrans oppriment le peuple, réécrivent l’histoire et veulent supprimer l’hommage de l’illustre Agamemnon de la mémoire populaire, tout autant que ses héritiers. Sans se soucier de sa vie, Électre se bat pour sauver la maison de son père, venger le mort et rendre la justice. Rebelle irréductible, elle est sans pitié. Il faudra être avec Elle ou contre Elle. Exilé alors qu’il n’était qu’un enfant, son frère Oreste, prince héritier, enfin de retour, devra choisir son camp. Il retrouve sa patrie et sa sœur inconsolable et implacable. Pour libérer le peuple et faire justice à sa famille maudite, ils doivent tuer les meurtriers qui se sont emparés du trône des ATRIDES.

Le sage, un ancien homme de confiance d’Agamemnon, Harmonie, une jeune esclave du palais porte-parole des bacchantes réfugiées dans les bois, ainsi qu’Eidolon, un mystérieux compagnon de route du prince héritier ; seront leurs alliés indéfectibles à la réalisation de cette quête criminelle. Leur rôle est vital dans le plan et la stratégie mis en place par le frère et la sœur, tous ont intérêt à les voir rétablir l’ordre et récupérer le trône : leur survie en dépend. La destitution et l’exécution des tyrans est une entreprise périlleuse, l’histoire et les secrets de cette couronne échappent au monde et au temps des mortels, ce royaume et cette terre ancestrale ont un héritage issu des âges les plus obscurs, une époque primitive où régnait la volonté des dieux et des démons. La famille des Atrides vaincra-t-elle la malédiction qui se mêle à son sang, préservera-t-elle sa part d’humanité ?

AS COMADRES Les Belles-Sœurs

Comédie musicale sur l’univers féminin
En périphérie de Rio de Janeiro, quinze femmes de 22 à 87 ans sont réunies dans une cuisine des années 60. Germana, qui a gagné lors d’une loterie commerciale un million de timbres permettant de faire des achats, doit les coller sur un catalogue pour remeubler sa maison. Elle a demandé à ses sœurs, belles-sœurs, amies et voisines de l’aider. Avec une énergie communicative, elles cuisinent, se dévoilent, parlent de leurs rêves, de leurs désirs et de leurs peurs. Les répliques fusent, on rit, danse, chante. Et pourtant, cette cuisine est frappée par la jalousie, la tristesse et la trahison. Guerrières du quotidien, Germana, Linda, Mariângela, Branca, Romilda, Lisa, Rosa, Ivete, Lisete, Angelina, Teresa, Pietra, Gabriela, Olivina et Ginete chantent aussi leurs malheurs.

20 comédiennes brésiliennes en scène
C’est la première fois qu’Ariane Mnouchkine travaille avec des artistes qui ne sont pas du Théâtre du Soleil, qu’elle a fondé en 1964. À l’origine, trois comédiennes brésiliennes cherchaient un spectacle à réaliser dans leur pays en proie aux difficultés économiques, politiques, sociales et culturelles. Touchée par leurs préoccupations, Ariane Mnouchkine leur a proposé Belles-Sœurs, pièce de Michel Tremblay qu’elle avait vue à Paris dans l’adaptation musicale de Daniel Bélanger et la mise en scène de René Richard Cyr. S’appuyant fidèlement sur cette mise en scène, elle a amené les comédiennes à s’approprier les situations, à donner vie à l’histoire.

MON AMOUR DE GRILLAGE

Un amour de grillage naît comme un amour de vacances, subrepticement. Au cours des circulations entre les grillages des hommes et des femmes détenus, des rencontres furtives, interdites, quelques secondes au grillage pour mémoriser le numéro d’écrou de la fille ou du gars, comme on prendrait ton 06. Seulement ici, pas de téléphone autorisé pour apaiser l’angoisse d’un amour naissant.
Alors commence la danse administrative. L’autre grille. On prend rendez-vous chez la C.PIP (conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation) et on fait une demande de PACS avec ce numéro d’écrou. Parce que qui dit PACS, dit parloir et bientôt parloir privé. Ensuite on défait le PACS et on en demande un autre.L’amour de grillage connaît souvent une fin aussi brutale que son commencement.
Mon amour de grillage c’est celui de Hajira. À l’atelier-théâtre (mixte), ça déménage depuis qu’elle est arrivée. Une force vive sur scène. Deux heures par semaine, dans ce centre de détention pour hommes et centrale pour femmes, on l’autorise à s’approcher de Sergio. On lui permet de lui parler tout bas à l’oreille ou dans le cou, de s’asseoir tout contre lui. Ils ont demandé à se pacser.
Mon amour de grillage c’est aussi celui de la machine administrative et du personnel pénitentiaire.  La vie quotidienne carcérale se déroule du printemps à l’automne 2020, rythmée par le bruit des clés de Sonia ou Stef, les surveillants condamnés à cacher leurs émotions, par la frénésie compliquée des bureaux à l’étage du SPIP (service pénitentiaire d’insertion et de probation) et par la bataille de la coordinatrice culturelle qui veut placer des activités dans les difficiles conditions sanitaires et pénitentiaires.
Mon amour de grillage c’est enfin celui de l’intervenante théâtre qui se débat pour mettre sur pied son aventure théâtrale et humaine.

« Depuis une quinzaine d’années, je tente de conjuguer théâtre et prison. Mettre en place une aventure théâtrale sur plusieurs mois à raison d’une séance hebdomadaire, avec des personnes condamnées à de longues peines et obtenir leurs autorisations de sorties exceptionnelles pour présenter ce travail dans un théâtre. Au début, seuls les hommes du centre de détention participaient à ces projets. Au bout de la sixième année, la mixité a été accordée, les femmes nous ont rejoints.
L’aventure a pris alors une autre dimension, la mixité a fait éclater les cadres.  Il ne s’agit plus seulement de briser les spirales d’échec, de réveiller les esprits, de dépasser les mésestimes ou le désespoir, mais de vivre et d’aimer. De séance en séance, entre les murs de la prison, ces femmes et ces hommes tentent de réinventer la vie. L’année 2020 a présenté une telle complexité kafkaïenne d’enfermement dans l’enfermement, que la nécessité de retracer cette aventure s’est imposée pour moi.
Cette création fait suite et écho à Numéros d’écrou qui met en scène 14 comédiens amateurs de la compagnie auxerroise « Les Prétendants ».
J’ai choisi pour m’accompagner trois acteurs et un ingénieur son au parcours théâtral dense : Odja LLorca, Lina Cespedes, Fabrice Gaillard, Sara Llorca et Jean-Marc Istria. Je revendique la solidité et la richesse de leurs expériences, l’excellence de leur formation (écoles nationales supérieures : CNSAD, Théâtre National de Strasbourg et Comédie de Saint-Etienne) leurs exigences et leurs virtuosités singulières.
Raconter ce théâtre en prison par le théâtre et rêver de transformation. »

Valérie Durin