Archives pour la catégorie se joue en Janvier 2027

LES FILLES DE CENDRES

Un conte musical porté par 3 comédiennes et 3 musiciennes live pour une expérience poétique totale, inspirée de faits historiques réels.

Un espace d’expression pour la lutte féminine dans le prisme de la maternité et de la période de l’inquisition. Un message intemporel transmis avec la force du cœur et la mémoire du ventre.

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Une seule conteuse, trois voix, pour guérir les mémoires et que chacun-e reprenne le flambeau de la lutte, non pas dans un cri, mais dans un chant. Rendre leurs âmes aux sorcières qui n’en étaient pas.

Asaël est sur le point d’accoucher. Accompagnée par son amie Mélisse, elles trouvent toutes deux refuge au milieu des bois, chez Clarissa, guérisseuse et matrone aguerrie.
Oubliant presque qu’elles sont traquées par les inquisiteurs, elles vont trouver une brèche dans leur fuite, pour partager un moment de grâce, d’aveux, où les enjeux personnels répondent au système qui les domine, leur reprochant d’être tout ce qu’elles sont. Mais la réalité les rattrape…

Les Filles de Cendres est une pièce de théâtre. Un conte musical autour du feu, dans un univers atemporel et poétique, qui nous fait suivre la transformation de la jeune Asaël. Ensemble, elles vont affronter leurs peurs et réunir leurs forces pour que cet enfant puisse venir au monde et accomplir sa destinée.

Conscientes de l’oppression autour d’elles, elles font de ce feu qui consume, le flambeau d’un espoir nouveau.
C’est un huis clos, qui aborde différentes luttes que nous portons dans nos chairs. C’est un passage, un voile entre les mondes, où la lumière n’est pas sur le chemin que nous imaginions…

À toutes celles qui naîtront après nous, dans l’antre d’un monde malade, vous ne brûlerez que de passion

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ANIMAUX — ÜBER TIERE

Un texte en prise avec l’actualité / De l’instrumentalisation des corps

Animaux d’Elfriede Jelinek n’a jamais été mis en scène en France. Cette pièce, écrite en 2006 (il y a donc 20 ans), a été traduite par Dieter Hornig et Patrick Démerin pour une publication en 2012 chez Verdier. Elle fut créée en 2007 à Vienne, avant d’être jouée à Berlin puis à Zürich. Mais donc, comme nous le disions, jamais en France.
Il faut dire que le théâtre de Jelinek, mis à part peut-être une pièce comme Ce qui arriva après le départ de Nora ou certaines de ses pièces courtes réunies dans Désir & permis de
conduire ou Drames de princesses, ce théâtre, de manière générale, effraie. Soit les structures en sont bouleversées, comme dans Restoroute ou Une Pièce de sport, soit encore la pièce dérive en une orgie malsaine, comme dans Maladie ou Femmes modernes.
Mais ce qui rebute le plus provient sans doute de la proposition d’écriture de Jelinek. En effet, nous n’avons affaire qu’à quelques rares exceptions à des scènes « classiques », à savoir une situation, des scènes dialoguées, une progression dramaturgique. Ce qui domine bien souvent l’écriture dramatique de Jelinek, c’est le monologue. Et celui-ci peut s’étendre de manière littéralement disproportionnée. C’est le cas par exemple de Bambiland, Winterreise, Les Suppliants, Ombres (Eurydice parle), Sur la voie royale. Pour cette dernière pièce, qui traite de l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, la pièce se déploie en un vaste monologue dont la durée totale avoisine les quatre heures… Notre pièce ne fait pas exception à la règle, puisqu’elle est composée de deux grands monologues, d’une durée de 40 à 45 minutes chacun.
Cette forme, délibérément assumée par Jelinek, a pour but non seulement de casser les structures dramatiques classiques, mais également de faire entendre une parole sur la durée. Plus précisément, de faire entendre une pensée. En effet, dans le cas d’Animaux,
deux paroles, deux pensées, viennent se confronter. Celle d’une femme et celle (supposément) d’un homme. Particularité : les deux monologues peuvent tout à fait se jouer indépendamment l’un de l’autre. Ils sont assez cohérents et explosifs pour cela. Mais l’ensemble prend d’autant plus d’ampleur lorsque ceux-ci s’enchaînent l’un à la suite de l’autre.
D’un côté, nous avons donc une femme seule. Elle s’adresse à son « singulier monsieur », que nous ne voyons pas. Les liens entre les deux ne sont pas clairement établi. Est-il son psy, son amant, son mari, ou simplement une représentation de la figure masculine ? Ce qui est certain, c’est que cette femme est en pleine crise existentielle. Au cours de sa logorrhée, elle parle essentiellement de l’amour. Qu’est-ce que l’amour, comment le partager, le donner, le prendre. Et finalement, existe-t-il ? Est-il possible entre deux êtres ? Et sous quelle forme ? Peu à peu, insidieusement, cette réflexion sur l’amour dérive en une réflexion sur le choix de mener sa vie comme on l’entend, la liberté d’être pleinement ce que l’on est ou aspire à être, et finalement la difficulté d’être tout simplement une femme dans ce monde, sans pour autant être une potiche, une bonniche, un sous-être, un objet sexuel ou un support d’humiliation. Sujet on ne peut plus brûlant.
De l’autre côté, nous avons le monologue hallucinant et halluciné de l’homme. Ce dernier ne s’adresse nullement à la femme. Et encore moins aux femmes. Mais tout son discours est entièrement centré sur elles. En effet, cet homme, sorte de cyber-proxénète, tout droit sorti d’un marché à la criée, d’une salle des ventes ou d’une place financière, propose au plus offrant toutes sortes de femmes, qui ne sont autres que des prostituées. Son catalogue semble être illimité : tous les âges et différents services sexuels sont proposés, comme on ferait son choix sur un menu de restaurant.
Son monologue, terrifiant par son contenu, l’est aussi par sa forme. L’écriture se fait ici particulièrement crue, violente et dérangeante. Mais aussi, et c’est ça tout le savoir-faire de Jelinek, extrêmement drôle. Résultat pour le spectateur : un profond malaise et, de fait, une profonde réflexion vis-à-vis de ce à quoi il assiste. Et c’est précisément là le but recherché. Susciter la réflexion et nous bousculer en profondeur.
Ce que sera, in fine, le spectacle, nous ne le savons pas encore. Il va falloir trouver la forme, l’approche, l’atmosphère qui correspondront le plus fidèlement possible à l’univers de Jelinek. D’un côté, le monologue de la femme fait clairement penser à une séance d’analyse. Les spectateurs seraient alors les oreilles écoutant silencieusement se vider par la parole le mal-être. D’un autre côté, le monologue de l’homme fait au contraire penser à un show extraverti, une sorte de spectacle fou dans lequel tout à chacun est interpellé (en l’occurrence ici, les spectateurs seront aux premières loges). Deux éléments me semblent essentiels pour créer ces deux ambiances très différentes.
Si dans la première partie, j’imagine un espace très sobre, une lumière très tamisée, une musique mélancolique flottant dans l’air (les lieder de Schubert s’imposent ici à plus d’un titre), par contraste, la seconde devra être une explosion de lumières colorées, quelque chose de tout à fait exubérant, bruyant, à la limite de l’insoutenable.
Dans les deux cas, je n’exclus pas de faire appel à la projection vidéo. En effet, il me semble pertinent de venir soutenir le propos de la femme par la projection d’images (je songe ici aux tableaux de Caspar Friedrich), qui viendraient décrire une sorte de paysage intérieur. Une forme d’esthétisme qui, croisé avec les lieder de Schubert, proposerait comme un tableau vivant. Inversement, l’utilisation de la vidéo sur le monologue de l’homme montrerait, par contraste, toute la vulgarité et la violence des images « crues », dépouillées, précisément, de toute valeur esthétique, telle une sorte d’Instagram de la marchandisation des corps (nous n’en sommes d’ailleurs pas loin…).

Sylvain Martin

MIROIR D’UN NAUFRAGÉ

Trois Blaise, enfermés dans un lieu clos qui évoque leur psyché, incarnent les fragments d’un même être. À travers leurs dialogues se révèlent peu à peu trois dimensions fondamentales, trois voix intérieures se confrontent. Comme dans En attendant Godot, ils attendent… un cafard.

LA SECONDE SURPRISE DE L’AMOUR

Deux aristocrates voisins vivent un deuil amoureux et semblent inconsolables. Leur désespoir les rapproche, mais leur orgueil les empêche de s’avouer mutuellement leur amour. Les pressions maladroites de rivaux et de domestiques les plongent dans une embrouille inextricable. La Seconde Surprise est le deuxième volet indépendant de deux comédies où Marivaux illustre la cohabitation explosive entre la susceptibilité et l’amour.

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Extrait de presse

« La seconde surprise de l’Amour de Marivaux mise en scène par Ronan Rivière est une réussite éblouissante d’intelligence, d’inventivités, remarquablement interprétée. »
Marie-Laure Atinault – Webthéâtre

IL EST INTERDIT DE VIEILLIR

La problématique du vieillissement est le thème principal de ce spectacle avec comme bannière la curieuse injonction d’un grand sage juif, Rabbi Nachman de Braslav : « Il est interdit de vieillir ! ».
Que veut-il dire ?
L’abandon des rêves ? Le rétrécissement des désirs ?
Un corps défait qui entraîne la défaite de la pensée, le dépérissement de l’imaginaire ?
L’assignation à un rôle, celui du vieux qui devrait rester à sa place. Mais alors quelle est sa place dans la société actuelle ? Considérer qu’on n’a plus rien à apprendre que ce n’est plus de notre âge ? Se refuser à faire des déclarations d’amour ? Se méfier comme de la peste de l’imprévu ?
Camper sur ses positions comme un vieux général qui applique toujours les mêmes stratégies et qui sera évidemment défait ? Fuir les jeunes et la nouveauté ?
Ne plus entendre en soi l’enfant qui continue à réclamer, mais de moins en moins souvent, sa part d’improvisation, de joies, de plaisirs et de rires ?
Ne plus entendre le jeune homme qui rêve de grandes choses, de l’âme-sœur, de liberté, de voyages, de rencontres ?
Ne plus être que dans la répétition obsessionnelle de ce qu’on n’est plus ?
Comparer, comparer et encore comparer le passé et le présent ?

L’instant présent peut alors s’évanouir. On ne perçoit plus sa nouveauté et ceci au profit de la répétition de ce qu’on connaît. La vie s’en va doucement et le vivant se laisse bouffer par la répétition des choses ou par la nostalgie de ce qui n’est plus.

Mais en réalité, l’homme âgé possède tous les âges. Il ne doit pas se résigner à n’entendre que la seule voix du vieillissement.