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WWW.ÊTRE OPTIMISTE .CONNE

Au milieu des passages cloutés et des voix sans issues, des ronds-points à la ligne et des transports peu communs, Clarschen propose un labyrinthe de chansons, un itinéraire tumultueux et savoureux… entre flou rire et révolte face. Pas impossible qu’il vous faille vous contorsionner un peu avec elle, respecter les priorités à gauche ou les courts-circuits pour cette visite guidée de son univers , mais promis, avec « www.être optimiste .conne », Clarschen vous amène à bon port.

Très concrètement c’est un spectacle à l’humour acide, construit autour de dix chansons et d’une réflexion sur les écueils de la psychologie positive.

Un mélange de chansons, de stand up et de conférence gesticulée.

DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE

« Il n’est pas bon d’avoir plusieurs maîtres ; n’en ayons qu’un seul ; Qu’un seul soit le maître, qu’un seul soit le roi. »

Voilà ce que déclara Ulysse en public, selon Homère.

S’il eût dit seulement : « Il n’est pas bon d’avoir plusieurs maîtres », c’était suffisant. Mais au lieu d’en déduire que la domination de plusieurs ne peut être bonne, puisque la puissance d’un seul, dès qu’il prend ce titre de maître, est dure et déraisonnable, il ajoute au contraire : « N’ayons qu’un seul maître… »

Il faut peut-être excuser Ulysse d’avoir tenu ce langage, qui lui servait alors pour apaiser la révolte de l’armée : je crois qu’il adaptait plutôt son discours aux circonstances qu’à la vérité.

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Lire des extraits

 

DURAS/GODARD DIALOGUES

L’homme d’images fasciné par le livre et la femme de lettres attirée par le cinéma se sont rencontrés un après-midi. Elle lui a envoyé quelques vérités à la figure. Il a encaissé avec humour. Un dialogue passionnant.

Ses grosses lunettes de prof sur le nez, solidement installée derrière son bureau, quelques feuillets disposés devant elle, Marguerite Duras fixe un regard d’examinatrice attentive et froide sur le jeune homme timide qui vient se soumettre à un interrogatoire sans complaisance: Jean-Luc Godard se prépare à s’expliquer, entre autres, sur son dernier film, Soigne ta droite, mais aussi sur le cinéma en général, la littérature, la politique, la télévision…

L’élève Godard s’assied donc sur le bout de son siège, les yeux baissés et le sourire crispé. Il sait ou devine que le professeur Duras ne sera pas vraiment tendre avec lui, qu’elle s’apprête à passer au crible de sa redoutable intelligence la  » copie  » qu’il lui a remise. De fait, il va être servi!

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Extrait de la Critique du Journal Le Monde, autour de l’entretien filmé de «Godard-Duras »  en 1987,  dont est tiré le spectacle

Tout parait bien commencer, pourtant.  » Ton film est très beau « , lui dit Marguerite. Tiens ! elle le tutoie. Cela fait cinq ans qu’ils ne se sont pas vus, mais ils s’estiment et même — on l’apprendra par la suite — se sentent assez proches l’un de l’autre, comme l’est souvent l’élève doué de sa maitresse. Il remercie, ému :  » Tu sais bien dire du bien des choses. Moi, je ne sais bien dire que du mal « . Mais il ne perd rien pour attendre : pour dire du mal, elle s’y connait aussi.  » Je ne vois pas chaque fois la raison d’être du texte « , dit-elle. Puis elle y va carrément : il aurait mieux fait de faire un film muet, avec beaucoup de son.

La conversation continue. Sur les rapports entre le cinéma et la littérature. Sur Shoah, dont Godard n’est pas enthousiaste. Sur Sartre, qu’il défend contre Duras, qui définit son parcours comme  » une énorme carrière de nullité « . Sur la musique : elle aimerait qu’il porte à l’écran le Sacre du printemps ou Noces de Stravinsky.

Peu à peu, l’humour aidant, Jean-Luc relève la tête. Et on est content pour lui. Il retrouve son souffle, ses formules, son art de l’esquive. On ne comprend pas tout, ce serait trop simple, mais, comme toujours, c’est drôle, stimulant, injuste, profond. De son côté, Marguerite se fait moins rude, moins impérieuse. Au lieu d’interroger, elle parle, suggère, cherche. Un vrai dialogue se noue, un peu décousu quelquefois, passionnant le plus souvent. Lui, homme d’images fasciné par le livre ; elle, femme de lettres attirée par le cinéma.  » Littérature et cinéma, dit-il, c’est l’envers et l’endroit.  » Il ajoute, énigmatique :  » Le cinéma commence par le temps retrouvé, la littérature commence par le temps perdu.

LES BONNES – ou la tragédie des confidentes

Deux bonnes, sœurs, Madame et un amant dénoncé. Un complot. Amour et désamour. Haine et tentatives de meurtres.

Une comédie tragique où Genet dénonce la société bourgeoise et les jeux de pouvoir, interroge les comportements moraux et l’identité.

Voici une version jubilatoire de cette œuvre transportée dans l’univers de la Fête des Morts au Mexique, travestissement appuyé par le masque du clown.

Les Bonnes est bien un conte moderne à la langue cruelle et poétique.

La presse en parle

« Le jeu est une fête mortelle ! Marcos Malavia est incroyable en Madame, faisant son entrée sur un mambo aux paroles sues par cœur. Amélie Dumetz et Victor Quezada-Perez maîtrisent autant le fond que la forme dans un engagement au plateau sans faille. »
Amélie Blaustein Niddam – Toutelaculture

« Les bonnes profitent de l’absence de leur maîtresse pour s’emparer de ses oripeaux et singer la relation empoisonnée qui lie le maître à son domestique. Au son du mambo d’Yma Sumac, le dangereux rituel auquel elles se livrent mènera l’une d’elles à la mort. Horrifié, le public ne sait plus s’il faut rire ou s’enfuir. Inattendue, burlesque et colorée, cette mise en scène revisite génialement le chef-d’œuvre de Genet. »
Sonia Garcia-Tahar – Le Dauphiné Libéré

« La transplantation dans la société bourgeoise latino-américaine de cette comédie tragique va de pair avec les enjeux de ce continent qui nous plonge en permanence dans tels désarrois, complots et autres jeux de pouvoir. Les comédien.ne.s nous transportent en permanence entre farce et tragédie, entre poésie et lutte de classe, toujours pour notre plus grand plaisir. »
Fabien Cohen – Franceameriquelatine.org

LE TARTUFFE

Depuis le XVIIIe siècle, le personnage de Tartuffe est synonyme par excellence d’hypocrisie, et si son succès ne s’est jamais démenti, c’est que nous sentons bien que l’hypocrisie nous concerne tous, dupes et mystificateurs que nous sommes tour à tour.

Si les mauvais penchants de l’être humain font les imposteurs d’hier et d’aujourd’hui, son désir de spiritualité peut dès lors servir la soif du pouvoir, le goût de la manipulation, et tous les appétits… La « tartuferie » apparaît dans tous les milieux, nous devons donc rester vigilants face aux imposteurs toujours présents dans notre société.