Archives pour la catégorie spectacle en cours

EMELINA CUNDIAMOR

Emelina Cundiamor raconte l’histoire poignante d’une femme noire qui, dans un acte de sacrifice, abandonne ses valeurs culturelles pour favoriser l’ascension sociale et professionnelle de son mari. Après avoir étudié à l’étranger, ce dernier, devenu un homme « transculturel », renie ses origines et change même son nom, de Benito Galarraga à Tibor. Cette transformation soulève des questions profondes sur l’identité, la culture et le prix à payer pour l’intégration.

 

VILLA DOLOROSA

Trois sœurs, trois anniversaires, une villa qui s’effrite. En transposant Tchekhov dans notre époque, Rebekka Kricheldorf signe une œuvre aussi drôle que désespérée.

Dans ce salon bourgeois où le temps semble suspendu, nous découvrons des êtres cultivés jusqu’à la paralysie, conscients de leur condition mais incapables de s’en extraire.

Le spectateur devient complice de ces rituels où l’on parle sans agir, où les velléités de changement se heurtent à l’attrait secret de l’immobilisme. Quand des éléments extérieurs viennent perturber cet équilibre fragile, l’ambivalence des personnages éclate au grand jour.

Des parents cultivés et russophiles ont donné à leurs enfants, outre le goût de l’art, des prénoms tchekhoviens. Irina, l’éternelle étudiante qui traîne en pyjama, est la cadette, entre Olga, enseignante et rationnelle, et Macha, la benjamine, qui s’échappe quotidiennement d’un mariage tiède en traversant la rue pour rejoindre la maison familiale, ses sœurs et son frère Andreï, qui n’en finit pas de peaufiner son futur livre. Projet plus que jamais relégué au second plan car il est tombé amoureux.
L’arrivée de Janine, la copine, si elle provoque une série de décalages, apporte un souffle neuf, un sens certain des réalités. Et puis il y a Georg, ami d’Andreï, visiteur assidu de cette villa où il trouve l’air et la fantaisie dont le prive son existence engluée entre une femme suicidaire et une carrière dont la banalité le désole.

Année après année, rien ne change, les anniversaires sont invariablement gâchés. La famille s’agrandit, le temps coule, les mots resurgissent, comme les maux, triviaux et métaphysiques.

Car on parle, et beaucoup, entre les murs de la Villa Dolorosa – figurés dans une sorte d’opulence dépouillée. On se dit tout, sans filtre et sans tabou, entre les membres de la famille Freudenbach (ruisseau de joie, littéralement). Tout. Avec une franchise exubérante et mélancolique, une férocité terrible parfois. Avec surtout un amour qui, pour cruel qu’il soit, déborde de partout.

NOTRE-DAME DE PARIS — ‘ANÁΓKH

Cette adaptation de Notre-Dame de Paris se déroule dans un monde sans époque précise, mais que tout le monde reconnaît.
La cathédrale n’est plus un monument figé, elle devient un corps de métal, un bastion vertical, un théâtre de pierre où s’écrase tout ce que l’humanité a d’irrécupérable : la misère, la solitude, le désir, le pouvoir.
Il n’y a pas de reconstitution historique ici.
Pas de folklore, pas de dentelles, pas de “Gitane romantique”. Seulement des hommes et des femmes jetés dans une société qui les dévore.

Esmeralda n’est pas une muse. Elle est une survivante.
Quasimodo n’est pas une âme pure. Il est un silence.
Frollo n’est pas un monstre. Il est un homme brisé.
Phoebus n’est pas un héros. Il est un vide.
Clopin n’est pas un roi. Il est un misérable.
Chaque personnage lutte pour exister dans un monde où la beauté, la morale, la justice ne sont plus que des masques.

La pièce se resserre sur six figures principales (Esmeralda, Frollo, Phoebus, Quasimodo, Clopin, Gringoire), épurées à l’os, et traverse leur chute inexorable.
L’amour devient une punition.
La religion, une pulsion refoulée.
La justice, un théâtre d’exécution.

Le texte puise dans le souffle d’Hugo, sa rage, ses visions, ses violences, mais est entièrement réécrit.
C’est une langue lyrique et brutale, traversée par des métaphores et des silences étouffants.
Le style s’inspire du théâtre européen contemporain : ruptures de ton, irruptions de réalisme, adresses au public, silences incarnés, cadrages sonores ou lumineux violents, dans la lignée d’un théâtre à la Ostermeier.

Au cœur du spectacle, le désir est politique.
Aimer, ici, c’est mettre son corps en jeu dans une société qui nie les pauvres, méprise les femmes, ridiculise les déviants. Ce n’est pas une Esmeralda érotisée que l’on verra, mais une jeune mendiante, coupable d’avoir dansé, livrée aux caprices d’un prêtre en crise, d’un soldat glacial, et d’un peuple aveugle. La cathédrale devient alors le lieu d’un sacrifice païen, où la beauté est pendue, et le silence sonne la fin.

Pour un public sensible au théâtre contemporain, pour ceux qui aiment les classiques reconfigurés avec radicalité, pour les amoureux du texte, et ceux qui n’ont jamais vu Quasimodo autrement que dans un dessin animé.

1.2.3.TCHEKHOV !

Un triptyque de comédies brèves d’Anton Tchekhov

Bienvenue dans l’univers de Tchekhov, où le comique se moque du tragique, où personne ne s’écoute vraiment, et où la vie ressemble à une mauvaise pièce de théâtre qu’on serait condamné à jouer jusqu’au bout.

Trois histoires d’hommes. Trois effondrements. Un même génie du ratage.

Dans Le Chant du cygne, un vieux comédien ivre se réveille seul dans un théâtre vide. Entre deux tirades pathétiques de Shakespeare, il réalise que son existence n’a été qu’une longue comédie ratée. Applaudissements factices, souvenirs délirants : le rideau tombe sur une carrière qui n’a jamais vraiment existé.

Tragédien malgré lui nous offre un fonctionnaire transformé en bête de somme domestique. Courses sans fin pour la famille et les voisins. La liste s’allonge jusqu’à l’asphyxie. Ce qui devait être une simple sortie devient un calvaire où chaque demande supplémentaire l’enfonce un peu plus dans l’hystérie. Martyr du quotidien, il porte sa croix avec une dignité tragique totalement disproportionnée.

Dans Duel (adaptation pour deux comédiens de la nouvelle Un Duel), deux hommes que tout oppose – un scientifique arrogant et un fonctionnaire dépressif – se détestent jusqu’à l’affrontement final. Pistolets à l’aube ! Sauf que personne ne sait vraiment pourquoi ils se battent. L’honneur ? L’orgueil ? L’ennui monstrueux de la vie de province ? Le duel devient une farce métaphysique où chacun espère secrètement manquer sa cible.

Le lien entre ces trois textes ? L’art tchékhovien de transformer l’échec en spectacle jubilatoire. Les personnages s’effondrent avec panache, hurlent leur désespoir dans le vide, et se débattent dans des drames qu’ils ont eux-mêmes fabriqués. Ils sont grotesques, touchants, insupportables – et terriblement humains.

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Précédents spectacles de la compagnie Théâtre Odyssée joués au Théâtre de l’Épée de Bois : Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke (2023 et 2024) et Les Carnets de Harry Haller, extrait du roman Le Loup des steppes de Hermann Hesse (2024).

Précédents spectacles de la Compagnie du Sablier joués au Théâtre de l’Épée de Bois : Vincent van Gogh, la quête absolue (2024), Bartelby le scribe d’Herman Melville (2024).

COMMENT TOMBENT LES ROIS

Comment tombent les Rois plonge dans la tourmente révolutionnaire française, de 1788 à 1794, à travers la saga d’une fratrie. Nicolas, pupille d’une aristocrate, reçoit l’enseignement des Lumières et devient avocat, animé par le désir d’une monarchie parlementaire et d’une société plus égalitaire. Gabriel, son demi-frère, génie libre et provocateur, refuse les carcans académiques et met son talent de dessinateur au service du journal L’Ami du Peuple, se rapprochant de Marat. Marianne, demi-sœur ambitieuse et artiste elle aussi, lutte pour exister en tant que femme mais succombe aux charmes du Marquis, sacrifiant ses idéaux pour la sécurité et le prestige.

La pièce raconte la montée des tensions, l’effondrement des idéaux et l’embrasement des passions. Nicolas, député modéré et amoureux de Manon Roland, est déchiré entre fidélité familiale et engagement politique. Gabriel, consumé par sa haine de l’aristocratie et du clergé, devient juré du tribunal révolutionnaire, implacable et inflexible. Marianne oscille entre ambition et renoncement. En 1793, arrestations et exécutions bouleversent leurs vies.

Inspiré par Les Dieux ont soif d’Anatole France, Comment tombent les Rois montre les idéaux des Lumières – liberté, égalité, raison – engendrant la Terreur. Un spectacle foisonnant, porté par une troupe de dix comédiens, mêlant projections, décors et costumes, où la fragile grandeur des hommes se heurte aux orages de l’Histoire.

LA DERNIÈRE BANDE

S’il est vrai que nous avons  la capacité d’enregistrer tous nos moments de vie ; nous pouvons donc chercher dans les souvenirs un moyen de comprendre le présent. Nous dirions alors que nous écoutons la dernière bande de nos vies.  Dernière, car pour certaines personnes il n’y a pas de lendemain. Il n’y a que le présent.

OH LES BEAUX JOURS

Plus le temps passe plus on fait appel au passé pour retrouver l’hypothétique bonheur. Lorsque les instants présents nous semblent dérisoires ou même absurdes, il nous arrive de jeter un regard en arrière en quête d’un possible sens au présent. Mais, hélas, les beaux souvenirs sont toujours accompagnés des mauvais. La vie n’étant qu’une succession de jours et de nuits. Faut-il arriver au seuil de la mort, voulue ou subie, pour faire le bilan des nos beaux jours écoulés ? Voilà la question que le Poète nous poserait avant, pendant et après avoir vu sa pièce.

En savoir plus

À CONTRE-COURANT

Nous avons l’honneur d’être soutenus par l’équipe de l’Épée de Bois qui nous accueille dans son magnifique théâtre pour une semaine fin juin 2024.

Les vendredi 28 et samedi 29 juin nous y chanterons À contre-courant !

Entre guerres, crise climatique, attaques des droits sociaux… il nous semble plus que nécessaire, quoi qu’il arrive, de continuer de s’entraîner à naviguer À contre-courant. « Ils peuvent empêcher les fleurs de pousser, ils n’empêcheront jamais le printemps d’arriver. » Pablo Neruda

À contre-courant à L’Épée de Bois les 28 et 29 juin : deux occasions de voir notre spectacle dans un cadre exceptionnel !

ATTENTION : ce n’est pas un dîner-spectacle ! Une petite restauration sera prévue sur place.

Pour décider dans quelle salle nous jouerons (la grande salle en pierre ou celle plus petite en bois) nous avons besoin que vous réserviez tôt, c’est pourquoi nous avons mis en place un tarif évolutif :
– Si vous réservez avant le 31 mai, vous bénéficierez de tarifs promotionnels !
– Au-delà du 31 mai, les réservations se feront aux tarifs « habituels ».

RÉVÉLATIONS !

Nous avons l’honneur d’être soutenus par l’équipe de l’Épée de Bois qui nous accueille dans son magnifique théâtre pour une semaine fin juin 2024.

Les mercredi 26 et jeudi 27 juin, nous y jouerons notre spectacle Révélations ! la nouvelle création de la Compagnie Jolie Môme !

Toutes les vies sont incroyables, même les plus simples. Nous le savons tous, parce que la vie c’est magique !
Nous avions envie de nous interroger sur les raisons de nos engagements politiques. Sur ce qui a imprégné nos enfances. Comment les images du monde se sont infiltrées en nous, le rôle de la famille, des amis, des accidents de la vie. Nous avons tenté de découvrir ensemble comment pour chacun de nous, notre « conscience politique » s’est développée.

les comédiennes et les comédiens devant vous, ce sont des tranches de leurs propres aventures vécues… Bien sûr, tout cela artistiquement enjolivé et même quelques fois caricaturé. Juste pour le plaisir du théâtre !

LES SECRETS DU FLAMENCO – FESTIVAL 12×12

Le flamenco hypnotise. Il est le mystère artistique par excellence. On a du mal à le définir mais on sait clairement quand on le croise.
On peine à le faire rentrer dans les manuels d’histoire en lui donnant des limites temporelles et géographiques, car on a l’impression qu’il existe bien avant de naître officiellement.

Vu sous un certain angle, la musique baroque espagnole ou le répertoire renaissance pour Vihuela portent déjà en eux l’esprit du flamenco.
Le flamenco est une manière de faire de l’art, un état d’esprit bien plus large que le cadre de la musique espagnole. On peut peindre flamenco, sculpter flamenco, jouer Bach flamenco.

De la farruca à la columbiana, de Joaquin Turina à Isaac Albéniz, de la renaissance de Luis Milan au baroque de Gaspar Sanz, nous tenterons de faire vivre l’esprit de cet art profond !

Sébastien Llinares à la guitare arpentera les différentes origines et influences de cet art si charismatique qui transcende très largement la musique pour aller jusqu’à embrasser tout un art de vivre. Pour l’occasion Sébastien sera accompagné de l’immense danseuse de Flamenco Karine Gonzalez. Ensemble, ils nous feront vivre l’expérience d’un art majeur, complet, d’un art total, joué, exprimé et décrypté par deux maîtres.